26 avril 2016 / 05:21 / il y a un an

DCNS en négociations exclusives pour des sous-marins australiens

NÉGOCIATIONS DCNS EXCLUSIVES POUR DES SOUS-MARINS AUSTRALIENS

SYDNEY/PARIS (Reuters) - L'Australie a annoncé mardi démarrer des négociations exclusives avec le constructeur naval militaire français DCNS en vue d'un contrat évalué à 50 milliards de dollars australiens (34 milliards d'euros) pour la construction et la maintenance de 12 sous-marins.

La part du contrat pour la filiale de l'équipementier Thales, préférée à l'allemand Thyssenkrupp Marine Systems (TKMS) et à un consortium japonais, avoisine huit milliards d'euros, a-t-on précisé de sources proches du dossier.

Ces négociations exclusives marquent une nouvelle victoire française à l'export dans la défense, un an après les deux premiers contrats à l'étranger du Rafale de Dassault Aviation, avec des commandes en Egypte et au Qatar.

Le Premier ministre australien Malcolm Turnbull a précisé que les bâtiments destinés à remplacer des sous-marins australiens de la classe Collins seraient construits dans l'Etat d'Australie méridionale, un point crucial pour les autorités avant des élections législatives anticipées le 2 juillet.

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a de son côté assuré sur Europe 1 que le contrat apporterait "des milliers d'emplois en France", en particulier à Cherbourg (Manche) mais aussi en Bretagne (Lorient, Brest, Nantes).

DCNS va négocier entre mai et décembre le programme, qui comprend un plan industriel australien et un transfert de technologies, en vue d'un démarrage de la conception des sous-marins début 2017, a précisé à Reuters Marie-Pierre de Bailliencourt, directrice générale adjointe de DCNS.

Elle a dit ne pas être inquiète concernant l'impact éventuel des élections prévues en juillet sur le déroulement des négociations.

Le budget australien comprend également la construction d'infrastructures et la formation des équipages sur une durée de 50 ans et des systèmes de combat qui devraient être confiés courant 2016 à un américain, Lockheed ou Raytheon.

Ce choix ne comporte "aucun enjeu" industriel pour DCNS, a dit Marie-Pierre de Bailliencourt.

Thales est de son côté en lice pour le contrat d'intégration de ces systèmes dans les sous-marins de DCNS.

Le Premier ministre australien a déclaré à des journalistes australiens que l'offre française était "sans équivoque" la plus adaptée aux exigences de son pays.

"Ce qui nous a fait gagner, c'est une très bonne relation avec notre client avec qui on a eu un dialogue sain et permanent", a ajouté Marie-Pierre de Bailliencourt, mettant aussi en avant la supériorité technique et le fait que la France soit un Etat souverain.

François Hollande s'est réjoui de ce choix "historique".

"Il marque une avancée décisive dans le partenariat stratégique entre les deux pays, qui vont coopérer durant 50 années sur l'élément majeur de souveraineté que représente la capacité sous-marine", a souligné le président François Hollande dans un communiqué.

Le Premier ministre Manuel Valls a lui aussi salué un "magnifique succès" pour DCNS et l'industrie française.

DCNS a proposé de fournir à l'Australie une version hybride (diesel-électrique) de son sous-marin à propulsion nucléaire Barracuda (5.000 tonnes).

TKMS proposait de son côté une version agrandie de son Type 214 de 2.000 tonnes, tandis que le consortium japonais formé par l'Etat, Mitsubishi Heavy Industries et Kawasaki Heavy Industries présentait une variante du Soryu (4.000 tonnes), qui utilise des batteries lithium-ion.

Le Japon, qui comptait sur ce contrat pour développer son industrie militaire naissante, a demandé à l'Australie de lui expliquer pourquoi son offre n'avait pas été retenue.

"C'est une décision profondément regrettable", a déploré le ministre japonais de la Défense Gen Nakatani, précisant avoir été informé lundi de la décision australienne.

Plusieurs sources avaient déclaré en janvier à Reuters que DCNS et le consortium japonais avaient une longueur d'avance dans ce dossier, tandis qu'il y a une semaine, la chaîne australienne ABC avait laissé entendre que les Japonais n'étaient plus dans la course.

A la Bourse de Paris, l'action Thales gagne 1,7% à 77,53 euros à 10h15 après ces annonces, surperformant le marché (+0,5% pour l'indice SBF 120).

Avec Tim Kelly et Nobuhiro Kubo à Tokyo et Matt Siegel à Sydney, Tangi Salaün pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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