23 mars 2016 / 21:14 / il y a un an

Accord de fusion entre les banques italiennes Popolare et BPM

Banco Popolare et Banca Popolare di Milano (BPM) sont parvenues à un accord de fusion, a annoncé le président de Banco Popolare. L'opération pourrait ouvrir la voie à un mouvement de concentration plus large dans le secteur bancaire italien. /Photo prise le 29 janvier 2016/Alessandro Garofalo

MILAN (Reuters) - Banco Popolare et Banca Popolare di Milano (BPM) ont annoncé mercredi un accord de fusion provisoire en vue de créer la troisième banque italienne.

L'accord prévoit que les actionnaires de Popolare auront 54% du capital de la nouvelle entité contre 46% pour ceux de BPM, précisent les deux banques.

La fusion, qui doit être ratifiée par les actionnaires des deux banques d'ici au 1er novembre pour prendre effet en décembre, prévoit en outre une augmentation de capital d'un milliard d'euros pour Popolare, ajoutent-elles.

Les deux banques disent viser un ratio de fonds propres CET 1 de 13,6% après l'augmentation de capital.

L'accord répond aux conditions posées par la Banque centrale européenne, écrit sur le compte Twitter de Popolare son président, Carlo Fratta Pasini.

Ce dernier deviendra président de la nouvelle entité dont l'administrateur délégué sera l'actuel patron de BPM, Giuseppe Castagna.

La banque née de la fusion, qui vise des synergies de l'ordre de 365 millions d'euros pas an à partir de 2018, aura un siège à Vérone et un autre à Milan.

L'opération pourrait ouvrir la voie à un mouvement de concentration plus large dans le secteur bancaire italien, très fragmenté et jugé insuffisamment capitalisé.

Les conseils d'administrations des deux banques se sont réunis mercredi et la cotation de leurs actions a été suspendue à la Bourse de Milan, dans l'attente de l'annonce de l'accord après la clôture du marché.

CRÉANCES DOUTEUSES

Les deux banques ont, selon plusieurs sources, soumis mardi soir à la BCE des versions modifiées de leur projet de rapprochement incluant des mesures de renforcement des fonds propres, dans le but d'obtenir enfin l'aval de la banque centrale, principale autorité de tutelle du secteur bancaire dans la zone euro.

Refusant de solliciter leurs actionnaires, les deux établissements coopératifs avaient dans un premier temps rejeté les demandes de renforcement des fonds propres formulées par la BCE.

Des sources avaient dit que Banco Popolare, la plus faible des deux banques en raison d'un important encours de créances douteuses, envisageait de lever jusqu'à un milliard d'euros par le biais de cessions d'actifs, d'emprunts hybrides et d'actions nouvelles pour respecter les conditions posées par la BCE.

Cette dernière a aussi demandé aux établissements de simplifier la structure de gouvernance du nouvel ensemble et de lui soumettre d'ici un mois un plan stratégique.

Le nouveau groupe que créerait un mariage BPM-Banco Popolare afficherait un actif total de 171 milliards d'euros et emploierait 25.000 personnes, ce qui le classerait derrière Intesa Sanpaolo et UniCredit sur le podium des principales banques d'Italie.

Danièle Nouy, la présidente du conseil de supervision de la BCE, a déclaré mercredi qu'elle n'imposerait pas des conditions aussi strictes à des projets de fusion entre des banques plus petites.

Le gouvernement italien a pesé en faveur de cette fusion, la première depuis une réforme bancaire mise en oeuvre l'an dernier dans le but de favoriser la concentration.

avec Gianluca Semeraro; Benoit Van Overstraeten, Marc Angrand et Patrick Vignal pour le service français, édité par Véronique Tison

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