24 février 2016 / 12:05 / dans 2 ans

COR-Enquête sur la révélation d'une présence française en Libye

PARIS (Reuters) - Corrige au 4e paragraphe commentaire du ministère.

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a ordonné une enquête pour "compromission du secret de la défense nationale" après la publication par Le Monde d'informations sur la présence en Libye de forces spéciales françaises pour contrer l'Etat islamique. /Photo prise le 20 janvier 2016/REUTERS/Charles Platiau

Jean-Yves Le Drian a ordonné une enquête pour “compromission du secret de la défense nationale” après la publication par Le Monde d‘informations sur la présence en Libye de forces spéciales françaises pour contrer l‘Etat islamique, a-t-on appris mercredi dans l‘entourage du ministre de la Défense.

Cette procédure prévue par le Code pénal vise les sources du quotidien, précise Le Point, qui a révélé l‘information.

La France procède en ce moment en Libye “à des frappes ponctuelles très ciblées, préparées par des actions discrètes, voire secrètes”, écrit mercredi Le Monde, qui fait également état de la présence du service Action de la DGSE, la Direction générale de la sécurité intérieure.

“Face à la menace de l‘organisation Etat islamique (EI), la ligne fixée par le président François Hollande repose, pour l‘heure, sur des actions militaires non officielles”, ajoute le quotidien, dont les informations n‘ont pas été commentées par l‘entourage de Jean-Yves Le Drian.

Le Monde précise que la présence des forces spéciales a été repérée dans l‘est de la Libye “depuis mi-février par des blogueurs spécialisés”.

Les forces spéciales engagent la France “car leurs soldats, même très discrets, agissent sous l’uniforme”, ajoute Le Monde.

Les Etats-Unis ont présidé à une possible intervention militaire occidentale en Libye en menant le 19 février un raid aérien dans l‘est du pays, qui a fait une quarantaine de morts.

Le raid visait un camp d‘entraînement de l‘Etat islamique, et parmi les personnes tuées figure Noureddine Chouchane, un Tunisien soupçonné par les autorités de son pays d‘être impliqué dans les attentats contre le musée du Bardo, à Tunis, en mars dernier, et un hôtel de la station balnéaire de Sousse, en juin.

VOLS DE RECONNAISSANCE

La France a toujours conditionné une éventuelle intervention militaire en Libye à une demande faite par un gouvernement d‘union nationale et à la constitution d‘une coalition.

Un projet de gouvernement d‘union nationale n‘a toujours pas abouti en Libye.

Quatre ans après la chute de Mouammar Kadhafi, la Libye compte deux gouvernements et deux parlements concurrents, les premiers installés à Tripoli et les autres reconnus par la communauté internationale basés dans l‘est du pays, ce qui a permis à l‘Etat islamique de conquérir la région de Syrte.

Le Conseil présidentiel libyen a annoncé le 15 février une composition resserrée d‘un gouvernement d‘union dans le cadre d‘un plan élaboré en décembre par les Nations Unies dans l‘espoir de mettre un terme à la division du pays et de contrer l‘influence croissante du groupe.

Mais, signe de la persistance des divisions sur la manière de réunir les différentes factions libyennes, deux des neuf membres du conseil ont une nouvelle fois refusé d‘apposer leurs signatures au projet du gouvernement.

La France, qui alerte sur la situation en Libye depuis 2014, mène officiellement depuis plusieurs semaines des vols de reconnaissance et a mis en place une base militaire avancée à l‘extrême nord du Niger, près de la frontière libyenne.

Le gouvernement a toutefois répété maintes fois qu‘il ne prendrait pas d‘initiative seul.

“Il n‘est absolument pas question que nous intervenions militairement en Libye”, avait dit début février le ministre des Affaires étrangères d‘alors, Laurent Fabius.

Au-delà de la décision politique, le chef d‘état-major avait prévenu fin janvier que l‘armée française ne pouvait pas, en l‘état, intervenir sur un nouveau théâtre.

Evoquant une armée “au taquet” de ses contrats opérationnels, le général Pierre de Villiers avait estimé qu‘un tel scénario nécessiterait soit une augmentation du budget Défense soit un désengagement d‘un autre front.

Gérard Bon, édité par Sophie Louet

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