23 février 2016 / 09:05 / il y a 2 ans

Première perte annuelle en 26 ans pour Standard Chartered

LONDRES (Reuters) - Standard Chartered a fait état de sa première perte annuelle depuis 1989, lourdement pénalisée par des coûts de restructuration et les conséquences de la chute des cours des matières sur les économies émergentes auxquelles la banque est très exposée.

Standard Chartered fait état de sa première perte annuelle depuis 1989, lourdement pénalisée par des coûts de restructuration et les conséquences de la chute des cours des matières sur les économies émergentes auxquelles la banque est très exposée. Le résultat avant impôt est ressorti en perte de 1,5 milliard de dollars (1,36 milliard d'euros) au titre de 2015, après prise en compte de 1,8 milliard de coûts de restructuration. /Photo prise le 27 février 2015/REUTERS/Eddie Keogh

Le résultat avant impôt est ressorti en perte de 1,5 milliard de dollars (1,36 milliard d‘euros) au titre de 2015, après prise en compte de 1,8 milliard de coûts de restructuration.

Le bénéfice imposable, hors éléments exceptionnels, a chuté de 84% à 800 millions de dollars, contre 5,2 milliards en 2014. Les analystes prévoyaient en moyenne 899 millions, selon le consensus établi par Thomson Reuters.

La chute des résultats et la perspective d‘une nouvelle année difficile en 2016 ont fait chuter l‘action qui a perdu plus de 11% dans les premiers échanges avant de se reprendre. Vers 11h40 GMT, le titre est en recul de près de 5,7%.

La perte avant impôts souligne l‘ampleur des défis auxquels est confronté le nouveau directeur général Bill Winters, qui veut renouer avec la croissance après six trimestres consécutifs de contraction de l‘activité.

Bill Winters, un ancien de JP Morgan, a annoncé un plan de suppression de 15.000 postes et lancé une augmentation de capital de 5,1 milliards de dollars dans le cadre d‘un vaste plan de restructuration destiné à rétablir la rentabilité et à consolider le bilan de la banque, mis à mal notamment par l‘envolée des créances douteuses liée à son exposition aux marchés émergents.

“L‘environnement extérieur compliqué ne constitue pas une excuse pour nos résultats. Nous ne sommes pas des victimes passives”, a dit Bill Winters.

“Les défis extérieurs accentuent le besoin urgent de prendre toutes les mesures nécessaires pour traiter les problèmes structurels et opérationnels que nous avons identifiés comme critiques pour améliorer la rentabilité.”

La banque a dit qu‘aucun de ses dirigeants exécutifs ne percevrait de bonus au titre de l‘exercice 2015 et que les bonus étaient en baisse de 22% en moyenne par rapport à l‘année précédente pour l‘ensemble de ceux qui en bénéficient.

Standard Chartered a vu son bénéfice fondre de 84% en 2015, la baisse des marchés financiers, la chute des cours des matières premières et des dépréciations pour créances douteuses ayant continué de peser sur l'activité de la banque britannique très active dans les marchés émergents. /Photo prise le 27 février 2015/REUTERS/Eddie Keogh

La banque prévoit d‘introduire un nouveau système de bonus à long terme pour environ 200 de ses plus hauts cadres dirigeants dont le paiement interviendra en 2018 si l‘objectif d‘amélioration du rendement pour les actionnaires et d‘autres objectifs stratégiques sont atteints.

Bill Winters a dit que Standard Chartered avait commencé de se préparer à l‘éventualité d‘un “Brexit” et ne pas s‘attendre à des conséquences majeures pour la banque quelle que soit l‘issue du référendum du 23 juin sur le maintien ou la sortie de la Grande-Bretagne de l‘Union européenne.

“Nous pensons que la Grande-Bretagne est mieux en Europe” qu‘en dehors, a-t-il ajouté.

Les problèmes de Standard Chartered ont débuté en 2012 après une décennie de croissance de ses profits, déclenchés par des amendes aux Etats-Unis et alimentés par le ralentissement des marchés émergents et la chute des matières premières.

Dans l‘incapacité de renverser la tendance, le précédent directeur général Peter Sands avait été limogé en février.

La détérioration de la situation des économies émergentes a entraîné une forte hausse des prêts non productifs qui sont passés à 12,8 milliards de dollars contre 7,5 milliards de dollars un an auparavant.

La banque a toutefois souligné qu‘elle avait réduit son exposition au risque et avait diminué son exposition aux matières premières de 28% au cours de l‘année dernière, le portefeuille de prêts correspondant ayant été ramené à moins de 40 milliards de dollars.

“Sous l‘hypothèse que les prix des matières premières demeurent sur les niveaux actuels, nous ne prévoyons une diminution substantielle par rapport à ce niveau”, a dit le directeur financier Andy Halford.

La banque a confirmé qu‘elle ne paierait pas de dividende au titre de l‘exercice 2015, mais son président, John Peace, a dit que le conseil d‘administration prévoyait de renouer avec le dividende pour l‘exercice 2016.

L‘action Standard Chartered a chuté de 22% depuis le début de l‘année contre un recul de 20% en moyenne pour le secteur bancaire européen dans son ensemble, pénalisé par les inquiétudes des investisseurs sur le ralentissement de la croissance et l‘exposition des banques au secteur de l‘énergie.

avec Jane Merriman à Londres et Lisa Jucca à Hong Kong, Marc Joanny pour le service français, édité par Véronique Tison

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