2 février 2016 / 17:12 / il y a 2 ans

LVMH résiste en 2015 et Louis Vuitton fait mieux qu'attendu

LVMH a publié mardi des résultats annuels en forte hausse, dopés par des effets de changes positifs, et a fait mieux qu'attendu au quatrième trimestre malgré les attentats de Paris et un contexte difficile pour le secteur du luxe. /Photo d'archives/REUTERS/Aly Song

PARIS (Reuters) - LVMH a publié mardi des résultats annuels en forte hausse, dopés par des effets de changes positifs, et a fait mieux qu‘attendu au quatrième trimestre malgré les attentats de Paris et un contexte difficile pour le secteur du luxe.

Dans un environnement marqué par le ralentissement chinois, la chute des flux touristiques à Hong Kong et Macao, les récessions russe et brésilienne et les attentats de novembre qui ont fait fuir la clientèle touristique pendant la cruciale période de Noël, le géant mondial du luxe a fait preuve de résistance.

Au centre de l‘attention des investisseurs, la division mode et maroquinerie qui loge Louis Vuitton, principal contributeur aux profits du groupe, a maintenu la cadence au quatrième trimestre avec une croissance organique de 3% au lieu des 1% attendus, signant une progression de 4% sur l‘année.

Malgré les perturbations économiques et géopolitiques du monde, “le groupe s‘est très bien comporté”, s‘est félicité son PDG Bernard Arnault, lors d‘une conférence.

Pour 2016, il a estimé que la conjoncture serait “frappée des mêmes phénomènes qu‘en 2015” et a précisé qu‘en France, où le groupe réalise 10% de ses ventes, le trafic dans les magasins restait encore 4% à 5% au-dessous de la normale.

En faisant fuir les touristes étrangers, les attaques ont provoqué des baisses de trafic pouvant atteindre 50%, mais la situation revient progressivement à la normale, a-t-il précisé.

Prenant du recul, il a dit vouloir rester “relativement optimiste à moyen terme”, estimant que les fondamentaux de l‘économie chinoise étaient “largement sous-estimés” et que “sur les 20 ans qui viennent, il y aura 80% de bonnes années”.

“Ce qui est sûr, c‘est qu‘il y aura une crise liée aux excès de liquidités. Mais on ne sait pas quand cela arrivera”.

“TRÈS BON DÉMARRAGE” 2016 POUR LOUIS VUITTON

Louis Vuitton a maintenu ses marges en 2015 et a “très bien démarré l‘année”, a indiqué Bernard Arnault, pour qui la marque devrait profiter d‘importants lancements de produits, y compris celui d‘un parfum programmé dans l‘année.

LVMH a publié mardi des résultats annuels en forte hausse, dopés par des effets de changes positifs, et a fait mieux qu'attendu au quatrième trimestre malgré les attentats de Paris et un contexte difficile pour le secteur du luxe. /Photo d'archives/REUTERS/Fred Prouser

Il a également exclu toute fermeture de magasins Vuitton à Hong Kong, en pleine crise, comme en Chine, où les tendances ont été moins négatives en fin d‘année.

Le groupe a profité d‘une dynamique toujours solide au Japon, grâce aux flux massifs de clients chinois attirés par des taux de change favorables, tandis que la croissance s‘est tassée sans surprise en Europe pour cause d‘attentats et aux Etats-Unis, où les flux touristiques se tarissent avec la hausse du dollar.

Dans les vins et spiritueux, deuxième division la plus rentable de LVMH, la très forte dynamique du cognac Hennessy aux Etats-Unis a compensé ses faiblesses en Chine, où les déstockages semblent avoir été purgés.

Comme ses concurrents Pernod Ricard ou Rémy Cointreau, LVMH mise sur des produits moyen de gamme pour séduire les consommateurs chinois, tandis que les catégories supérieures “VSOP” et “XO”, laminées par les mesures anti-corruption ne “verront plus d‘explosion à l‘avenir”, selon Christophe Navarre, PDG de Moët-Hennessy.

Le groupe boucle son exercice sur des ventes en progression de 16% à 35,66 milliards d‘euros (consensus Reuters de 35,51 milliards) et de 6% à taux constants, après +5% en 2014.

MARGE STABLE

Le résultat opérationnel courant ressort en hausse de 16% à 6,605 milliards d‘euros (consensus 6,5 milliards), porté par des effets de changes favorables, pour une marge opérationnelle quasiment stable de 18,5%, par rapport aux 18,6% de 2014.

La forte progression de la rentabilité des vins et spiritueux, des parfums et cosmétiques (Dior, Guerlain, Givenchy) et des montres-joaillerie (Bulgari, Tag Heuer) a permis de compenser un tassement dans la mode-maroquinerie - pour cause de restructuration chez Marc Jacobs et Donna Karan - et dans la distribution sélective, où le spécialiste de la détaxe DFS reste plombé par la chute du trafic à Hong Kong.

Le cash flow disponible progresse de 850 millions d‘euros pour atteindre un record historique de 3,7 milliards d‘euros et le ratio dette sur fonds propres touche, à 16%, un des plus bas jamais atteint.

En Bourse, le titre LVMH gagne 2,96% sur les 12 derniers mois, signant la deuxième meilleure performance du secteur derrière Hermès qui prend 4,11% sur la période.

Il profite du profil jugé défensif du groupe, tandis que Kering abandonne 12,5% et que Richemont lâche 13,78%, pénalisé par le recul de ses ventes de montres en Chine.

Edité par Matthieu Protard

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