28 janvier 2016 / 14:21 / il y a 2 ans

Ryad proposerait une réduction de la production de pétrole

Les pays du Golfe membres de l'Opep et l'Arabie saoudite sont disposés à coopérer à toute action pour stabiliser les cours du pétrole, /Photo d'archives/Atef Hassan

SAINT-PETERSBOURG (Reuters) - La Russie a annoncé jeudi que l'Arabie saoudite avait proposé une réduction de la production mondiale de pétrole pouvant aller jusqu'à 5%, ce qui serait le premier accord global entre les pays Opep et non-Opep en plus de dix ans.

Une telle initiativve viserait à réduire les stocks surabondants et interrompre la chute des cours.

Le baril de Brent mer du Nord a pris jusqu'à 8% à près de 36 dollars dans l'espoir d'un accord qui, s'il était mis en oeuvre, réduirait immédiatement l'excédent d'un million de barils par jour (bpj) qui pèse sur le marché mondial.

Dans son sillage, les actions liées au pétrole ont grimpé. En Europe, l'indice de l'énergie gagnait 1,86% vers la clôture, seule hausse sectorielle de l'indice large Stoxx 600.

Le ministre russe de l'Energie, Alexander Novak, a déclaré que l'Arabie saoudite avait proposé de réduire la production de pétrole de chaque pays de jusqu'à 5%, ce qui, pour la Russie, premier producteur mondial, représenterait 500.000 bpj.

"De fait, ces paramètres ont été proposés, de réduire la production de chaque pays de jusqu'à 5%," a-t-il dit. "Cela doit faire l'objet de discussions, il est trop tôt pour en parler."

Le ministre russe a également déclaré à la presse qu'une réunion était proposée entre les pays de l'Organisation des pays producteurs de pétrole et les pays non-Opep au niveau des ministres du pétrole, et que la Russie était prête à y participer. "Il y a beaucoup de questions concernant le contrôle des réductions", a-t-il toutefois noté.

CREUX DE 12 ANS

Le pétrole a plongé à un creux de 12 ans, autour de 27 dollar le baril ce mois-ci, après avoir atteint un pic de 115 dollars il y 18 mois, à la suite d'un boom de la production de pétrole de schiste et de la décision de l'Opep de produire davantage pour conserver ses parts de marché.

Les répercussions de la chute du pétrole sont énormes : certains pays producteurs se voient forcés de dévaluer leur monnaie et le rouble russe a touché son plus bas historique.

La population a manifesté en Azerbaïdjan et les marchés restent nerveux, dans la crainte d'un défaut du Venezuela.

Les dirigeants saoudiens n'ont fait aucun commentaire dans l'immédiat, mais un délégué du Golfe a dit que les pays du Golfe membres de l'Opep et l'Arabie saoudite étaient disposés à coopérer à toute action pour stabiliser les cours du pétrole.

"Il faut prendre cela au sérieux. L'élément clé sera de voir si la Russie peut s'y atteler", dit Gary Ross, observateur de longue date de l'Opep et fondateur du groupe basé aux Etats-Unis Pira.

Brenda Kelly, responsable de l'analyse chez London Capital Group, juge pour sa part que les propositions de réduction ne devraient pas se concrétiser.

"Il y a eu des tentatives dans le passé qui n'ont rien donné. Parler des cours du pétrole et faire quelque chose sont deux choses bien différentes et ça ressemble à une réaction de panique face à l'ampleur de la chute des cours."

L'Iran, engagé dans un processus d'augmentation de ses exportations à la suite de la levée des sanctions internationales, parle de récupérer ses parts de marché, ce qui en fait un obstacle à tout accord entre producteurs.

Avec Rania el Gamal à Dubaï, Marc Angrand et Juliette Rouillon pour le service français, édité par Patrick Vignal

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