27 janvier 2016 / 21:45 / dans 2 ans

Vers une augmentation de capital d'Areva de 5 milliards d'euros

Areva a avoir validé le principe d'une augmentation de capital d'un montant de 5 milliards d'euros, destinée à restaurer son bilan, à laquelle l'Etat français entend participer en tant qu'actionnaire de référence du groupe nucléaire. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

PARIS (Reuters) - Areva a validé mercredi le principe d‘une augmentation de capital d‘un montant de 5 milliards d‘euros destinée à restaurer son bilan, à laquelle l‘Etat français participera en tant qu‘actionnaire de référence du groupe nucléaire.

L‘Elysée a de son côté confirmé dans un communiqué que des “investisseurs tiers minoritaires” seraient conviés à cette opération, sans préciser le montant que l‘Etat français - environ 87% du capital aujourd‘hui - prendrait à sa charge.

L‘Etat assurera “le plein succès” de la levée de fonds “dans le respect de la règlementation européenne”, a précisé Areva.

Alors que le groupe a préparé en novembre une entrée du chinois CNNC à son tour de table, une source à Bercy à déclaré à Reuters qu‘il était “trop tôt pour parler de la contribution des minoritaires”.

Areva et EDF se sont en outre entendus sur une valorisation de la division réacteurs nucléaires (Areva NP) de 2,5 milliards d‘euros dans la perspective de sa prise de contrôle par l‘électricien public qui prévoit de racheter 51% à 75% du capital de la société tandis qu‘Areva en conserverait au moins 15%.

Ils ont précisé que ce montant, pour 100% du capital, pourrait être ajusté à la hausse comme à la baisse en fonction des comptes établis à la date de réalisation de l‘opération, et faire l‘objet d‘un versement complémentaire d‘un maximum de 350 millions d‘euros en fonction des performances de la société sur la période 2017-2018.

La réalisation de la transaction est prévue en 2017 alors que les deux groupes tablaient précédemment sur une finalisation au deuxième semestre 2016.

Ils ont souligné dans leurs communiqués respectifs que les moyens de protéger EDF contre les risques liés au chantier de l‘EPR finlandais d‘OL3, que le groupe refuse de prendre en charge en rachetant Areva NP, devaient encore être précisés.

L‘ETAT ET LE KOWEIT AVAIENT DÉJÀ RENFLOUÉ AREVA EN 2010

Selon une source au fait du dossier, EDF n‘a pas été en mesure de formaliser mercredi une offre ferme car l‘électricien n‘a pas obtenu toutes les garanties lui permettant de se prémunir contre les risques liés à ce chantier, mais aussi contre ceux liés aux défauts détectées sur la cuve de l‘EPR de Flamanville (Manche).

“Les garanties administratives et techniques n‘ont pas été trouvées (...), l‘offre d‘EDF ne sera possible qu‘en cas d‘immunisation totale sur (ces) dossiers”, a indiqué cette source.

Le ministre de l‘Economie Emmanuel Macron a déclaré le 20 janvier qu‘Areva et son client finlandais TVO avaient un mois pour trouver un moyen de régler leur différend autour d‘OL3, qui plombe les comptes du français et ont conduit TVO à réclamer 2,6 milliards d‘euros dans le cadre d‘une procédure d‘arbitrage.

Le président de TVO a de son côté déclaré à Reuters que son groupe était opposé à un traitement du dossier OL3 distinct de la restructuration globale d‘Areva, estimant qu‘isoler le chantier finlandais au sein d‘une entité juridique distincte n‘est pas une solution.

Areva a en outre rappelé qu‘il accuserait de nouveau une perte nette en 2015 en raison de la comptabilisation de provisions, au titre notamment de sa restructuration, de compléments de coûts sur OL3 et sur des contrats renouvelables, ou encore de l‘impact du projet de centre de stockage de déchets nucléaire Cigéo.

Le groupe table toutefois désormais sur un cash-flow net de ses activités d‘environ -600 millions d‘euros pour 2015, alors qu‘il tablait précédemment sur -900 millions, et souligne qu‘il a pu reporter à début janvier le tirage des 2 milliards de lignes de crédit “back-up”, initialement envisagé au troisième trimestre 2015.

Areva, qui sera recentré sur le cycle du combustible nucléaire une fois son activité réacteurs cédée, fera un point complet sur ses perspectives et sur les modalités de la recapitalisation lors de la publication de ses résultats 2015, prévue le 25 février.

Fin 2010, une augmentation de capital avait vu l‘Etat français et le Koweït investir respectivement 300 millions et 600 millions d‘euros dans la société, au prix de 32,50 euros par action. Mercredi, l‘action Areva a clôturé sur un cours de 3,81 euros.

Avec Leigh Thomas et Geert De Clercq, édité par Juliette Rouillon

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