19 janvier 2016 / 13:01 / il y a 2 ans

Le prix du pétrole tempère le bon trimestre de Bank of America

(Reuters) - Bank of America (BofA), à l‘instar de ses consoeurs et concurrentes, s‘inquiète elle aussi de la chute irrésistible des prix pétroliers même si elle a fait état mardi d‘un bénéfice meilleur que prévu au quatrième trimestre 2015, à la faveur d‘une réduction des coûts et de la croissance de ses revenus dans la plupart de ses segments d‘activité.

Bank of America a annoncé une hausse plus marquée que prévu de son bénéfice net du quatrième trimestre, à la faveur notamment d'une baisse des dépenses et malgré une hausse des provisions passées pour couvrir les pertes de crédits. La deuxième banque américaine en termes d'actifs a précisé que son résultat net avait augmenté de 9,8% sur les trois derniers mois de 2015, à 3,01 milliards de dollars contre 2,74 milliards il y a un an. /Photo d'archives/REUTERS/Lucas Jackson

Le contexte macroéconomique marqué par la chute des cours pétroliers et le ralentissement économique de la Chine n‘arrange pas les affaires des banques, créancières des entreprises concernées par les deux phénomènes et qui ont, qui plus est, du mal à alimenter leurs marges dans un contexte de taux ultra-bas.

Alimentant le marasme ambiant, l‘année 2016 a mal commencé avec un baril de brut tombé à moins de 30 dollars et à ses niveaux les plus bas depuis 2003 et des Bourses qui font grise mine.

BofA, la deuxième banque américaine par l‘actif, a précisé que ses provisions pour pertes sur créances avaient augmenté de 264 millions de dollars au quatrième trimestre, en raison surtout de pertes et de hausse des provisions sur le secteur énergétique.

Le directeur financier Paul Donofrio a chiffré l‘exposition de la banque au secteur de l‘énergie à 21,3 milliards de dollars et dit que cela représentait 2% de son encours total de prêts utilisés.

JPMorgan Chase et Wells Fargo ont dit la semaine dernière qu‘elles avaient augmenté les provisions pour créances douteuses liées au secteur de l‘énergie.

Le bénéfice net part du groupe de la banque a cependant augmenté de 9,8% à 3,01 milliards de dollars (2,77 milliards d‘euros), soit 28 cents par action, contre 2,74 milliards (25 cents par action) un an auparavant. BofA a pu ainsi dégager son bénéfice annuel le plus copieux en près de 10 ans.

Le bénéfice par action ajusté est de 29 cents, dépassant le consensus Thomson Reuters I/B/E/S qui le donnait à 26 cents.

Les dépenses hors charges d‘intérêts ont baissé de 2,3% à 13,87 milliards de dollars en raison surtout d‘une baisse de 28% des coûts, hors frais de justice, de la structure hébergeant entre autres une bonne partie des créances douteuses héritées de Countrywide Financial, établissement de crédit repris en 2008.

L‘EFFET DE SAPE DU PÉTROLE

“Ce que nous retirons des résultats de Bank of America, c‘est que la banque continue d‘aller de l‘avant suivant ses priorités qui sont d‘augmenter les volumes de crédits et d‘affaires pour générer des revenus en hausse et réduire les dépenses opérationnelles”, observe Eric Wasserstrom, analyste de Guggenheim Securities. “Néanmoins, la dégradation du crédit dans le secteur de l‘énergie risque de saper ses efforts à court terme”.

La banque de Charlotte (Caroline du Nord) a comme tant d‘autres subi une hausse de ses charges pour frais juridiques depuis la crise financière, ce qui a eu pour effet de saper les initiatives déployées par le directeur général Brian Moynihan pour sabrer les coûts.

Pour tenter de compenser une hausse des revenus médiocres, le groupe s‘est employé à faire des économies massives dans le crédit aux entreprises, la banque d‘investissement et la gestion de fortune.

“Nos résultats trimestriels attestent de nos efforts en vue d‘améliorer l‘opérationnel tout en poursuivant l‘investissement, nous avons augmenté le produit net bancaire et serré les budgets”, a dit Moynihan dans un communiqué.

Le produit net bancaire (PNB) a augmenté de 4,3% à 19,53 milliards de dollars et les revenus tirés de la banque de détail, principal segment de BofA, ont progressé de 0,4%.

L‘action BofA, qui a perdu 5,9% en 2015, cédait 0,35% à Wall Street en matinée, alors qu‘elle était en hausse en avant-Bourse. Elle a perdu 14% sur la période s‘étendant du 1er janvier à vendredi dernier. L‘indice KBW des bancaires a cédé 12,9% dans le même temps.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique Tison

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