13 novembre 2015 / 10:26 / il y a 2 ans

La croissance de la zone euro plaide pour une action de la BCE

LES PIB EN EUROPE

BRUXELLES (Reuters) - La croissance de la zone euro a été légèrement plus faible que prévu au troisième trimestre, au vu des premières estimations parues vendredi, ce qui devrait alimenter les anticipations du marché voulant que la Banque centrale européenne (BCE) donne un nouveau coup de pouce à l'économie le mois prochain.

Le produit intérieur brut (PIB) des 19 pays ayant adopté la monnaie unique a augmenté de 0,3% sur la période juillet-septembre par rapport au trimestre précédent, et de 1,6% en rythme annuel, a annoncé Eurostat. Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une croissance de 0,4% d'un trimestre sur l'autre et de 1,7% en rythme annuel.

"Les chiffres sont également inférieurs aux projections de l'Eurosystème; ça ne peut que légitimer encore plus un renforcement des stimulants monétaires de la BCE en décembre", observe Nick Kounis, directeur de la recherche macro et marchés financiers d'ABN Amro. "Si la BCE avait encore besoin d'une incitation, la voici".

Selon lui, la BCE portera le montant de ses rachats mensuels d'actifs de 60 milliards d'euros actuellement à 80 milliards, indiquera que ce programme dit d'assouplissement quantitatif (QE) lancé en mars se prolongera au-delà de l'échéance prévue de septembre 2016 et enfin élargira l'assiette des actifs éligibles.

Reuters a rapporté cette semaine que la BCE songeait à accepter des emprunts émis par des collectivités locales.

"Nous anticipons aussi une réduction de 10 points de base du taux des dépôts de la BCE", a poursuivi Nick Kounis. Ce taux est actuellement de -0,2%.

Ce ralentissement de la croissance au troisième trimestre est sans doute le résultat d'une contribution négative du commerce extérieur, ce qui est patent dans le cas de l'Allemagne, de la France et de l'Italie, disent les économistes.

"On peut en déduire que les avantages d'un euro faible pour les exportateurs de la zone euro ont été compensés par une croissance mondiale sans relief", dit Howard Archer, économiste d'IHS Global Insight. "Dans le même temps, une demande intérieure relativement correcte dans la zone euro a soutenu les importations".

Les données d'Eurostat publiées ce vendredi montrent aussi

que la zone euro a dégagé un excédent commercial brut de 20,5 milliards d'euros en septembre, avec une hausse des exportations de 1% et une baisse équivalente des importations en glissement annuel.

La moindre croissance de la zone euro s'explique par des performances décevantes en Italie, aux Pays-Bas, au Portugal et en Finlande. Le chiffre de 0,3% annoncé par Eurostat pour la zone euro était le même que celui publié quelques heures plus tôt pour les deux principales économies de la région, l'Allemagne et la France.

Mais la croissance n'a été que de 0,2% en Italie et de 0,1%aux Pays-Bas, tandis que le PIB portugais stagnait et que l'économie finlandaise se contractait de 0,6%.

Dans l'ensemble de l'Union européenne, le PIB a augmenté de 0,4% sur juillet-septembre par rapport aux trois mois précédents, et de 1,9% sur un an, a précisé Eurostat.

Marc Angrand et Wilfrid Exbrayat pour le service français

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