7 septembre 2015 / 17:23 / il y a 2 ans

Les aéroports de Nice et Lyon aiguisent les appétits

De nombreux investisseurs, français comme étrangers, se préparent à participer à la privatisation des aéroports régionaux de Nice-Côte d'Azur (photo) et de Lyon-Saint Exupéry, ont dit à Reuters des sources proches du dossier. /Photo d'archives/Eric Gaillard

LONDRES (Reuters) - De nombreux investisseurs, français comme étrangers, se préparent à participer à la privatisation des aéroports régionaux de Nice-Côte d'Azur et de Lyon-Saint Exupéry, ont dit à Reuters des sources proches du dossier.

Comme le prévoit la loi Macron pour la croissance et l'activité, promulguée début août, le gouvernement va mettre en vente les participations de 60% qu'il détient au capital de chacun des deux aéroports.

Ces deux nouvelles privatisations interviennent après la cession, en fin d'année dernière et pour 308 millions d'euros, de 49,9% du capital de l'aéroport de Toulouse-Blagnac au consortium chinois Symbiose dont la candidature avait provoqué une vive polémique parmi les élus locaux.

Avec ses 11,7 millions de passagers l'an dernier, l'aéroport de Nice, premier aéroport régional français, est le plus convoité par les repreneurs potentiels. Selon des sources proches du dossier, il pourrait être valorisé à environ 1,5 milliard d'euros.

Ces mêmes sources estiment que la valorisation de Lyon-Saint Exupéry, le deuxième aéroport régional avec 8,5 millions de passagers, pourrait quant à elle atteindre quelque 900 millions d'euros.

A ces niveaux de valorisation, les repreneurs potentiels devront débourser au moins 900 millions d'euros pour prendre le contrôle de l'aéroport de Nice et quelque 540 millions pour celui de Lyon.

Selon des sources, les ventes des 60% de Nice-Côté d'Azur et de Lyon Saint-Exupéry devraient être finalisées début 2016.

Ces sources s'attendent aussi à ce que les cahiers des charges accompagnant les appels d'offres exigent explicitement des candidats qu'ils aient de solides expériences ou expertises dans le secteur aéroportuaires.

Sollicitée, l'Agence des participations de l'Etat (APE), qui pilote les deux projets de privatisation, n'a pas souhaité faire de commentaires.

LES BANQUES D'AFFAIRES EN COURS DE RECRUTEMENT

L'italien Atlantia, l'opérateur de l'aéroport de Rome, et le groupe d'investissement australien Macquarie font, selon les sources, partie des prétendants, tout comme l'aéroport de Singapour, le fonds Global Infrastructure Partners (GIP), qui contrôle l'aéroport London City, ainsi que le fonds Industry Funds Management qui détient des participations minoritaires dans les aéroport de Vienne et de Manchester.

Les groupes espagnols Ferrovial et Aena, le groupe Malaysia Airport songent aussi à se porter candidats, ajoutent les sources.

Les différents prétendants cités par les sources n'ont pas souhaité commenté ces informations ou n'ont pas répondu dans l'immédiat aux sollicitations de Reuters.

Côté français, le groupe de BTP et de concessions Vinci se prépare à participer aux appels d'offres au sein d'un consortium avec la Caisse des dépôts (CDC) et l'assureur Predica, filiale du groupe Crédit agricole.

Aucun des trois groupes français n'a souhaité faire de commentaire.

Candidat malheureux au rachat de la participation de l'Etat au capital de Toulouse-Blagnac, le groupe ADP a réaffirmé son souhait de participer à la privatisation de Nice-Côte d'Azur mais reste réservé pour l'aéroport de Lyon en raison de risques de conflits d'intérêts.

Le fonds spécialisé dans les infrastructures Cube entend lui aussi participer aux enchères pour Lyon au sein d'un consortium avec l'aéroport de Genève.

Deux fonds de pension canadiens, celui des enseignants de l'Ontario et le Canadian Pension Plan (CPP), seraient aussi intéressés, tout comme les fonds souverains d'Abou Dhabi ou de Singapour

L'APE a déjà lancé fin juillet des appels d'offres pour mandater les banques d'affaires qui seront chargées de conseiller le gouvernement.

Les offres des banquiers d'affaires sont attendues avant la date butoir du 10 septembre.

Matthieu Protard pour la version française, édité par Gilles Guillaume

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