14 août 2015 / 10:40 / dans 2 ans

Les incertitudes mondiales freinent la croissance en zone euro

LA CROISSANCE DE LA ZONE EURO

BRUXELLES (Reuters) - La croissance économique de la zone euro a ralenti au deuxième trimestre, avec une stagnation en France et une perte d‘élan en Italie, freinée par des perspectives mondiales incertaines qui ont même pour effet d‘entraver l‘investissement en Allemagne.

La croissance des Dix-Neuf a été de 0,3%, alors que le consensus des économistes donnait une expansion trimestrielle de 0,4%, qui aurait égalé celle du premier trimestre.

Cette croissance modeste tranche avec les éléments de soutien que sont un euro faible, bon a priori pour l‘exportations, et le puissant stimulant monétaire constitué par les rachats d‘actifs de la Banque centrale européenne.

Une enquête Reuters publiée jeudi montrait que les économistes anticipent un plateau de 0,4% par trimestre pour la zone euro jusqu‘à la fin de l‘année prochaine.

“L‘impact de la croissance ralentie de la Chine sera largement compensé par une demande solide des Etats-Unis et du Royaume Uni”, dit Holger Schmieding (Berenberg Bank), qui prévoit 0,3% de croissance au troisième trimestre et 0,4% au quatrième trimestre.

“Evidemment, si la Chine était source d‘une contagion majeure aux pays émergents, la croissance du coeur de l‘Europe souffrirait un peu en dépit de fondamentaux intérieurs positifs”.

En Allemagne, première puissance économique européenne, la croissance a accéléré un peu à 0,4% au deuxième trimestre, contre 0,3% au premier, mais est inférieure au consensus qui la donnait à 0,5%, freinée par un accès de faiblesse de l‘investissement, s‘expliquant par l‘hypothèque chinoise, aggravée par la dévaluation inattendue intervenue mardi dernier et qui a ébranlé les marchés financiers.

La moitié des 30 entreprises de l‘indice Dax de la Bourse de Francfort ont publié des résultats financiers supérieurs aux attentes des investisseurs pour la période avril-juin. Plus des deux tiers ont toutefois maintenu simplement leurs prévisions initiales pour l‘ensemble de l‘année, en raison des incertitudes économiques et géopolitiques.

A cause de ces dernières, la dépendance de l‘économie allemande au commerce extérieur, qui demeure pour l‘instant un atout majeur, pourrait en effet devenir facteur de risque.

Le sentiment des investisseurs et des analystes financiers en Allemagne s‘est d‘ailleurs dégradé en août selon la dernière enquête de l‘institut ZEW, publiée mardi.

Faiblesse de l‘investissement et une forte baisse des stocks ont pesé sur la croissance du deuxième trimestre, tandis qu‘un euro faible a lui soutenu l‘exportation, a dit l‘Office fédéral de la statistique à propos du PIB allemand.

CERTAINS ÉCONOMISTES SONT OPTIMISTES

L‘euro a chuté en début d‘année, cédant plus de 8% sur une base pondérée de janvier à mars, le plus mauvais trimestre de son histoire. Il a regagné du terrain au deuxième trimestre, gagnant un peu plus de 2%. Depuis le début de l‘année, la monnaie unique affiche un recul de près de 6%.

En France, deuxième économie de la zone euro, un bond des exportations n‘a pas suffi à compenser les retombées de dépenses de consommation affaiblies et les variations des stocks, donnant une croissance nulle au deuxième trimestre, après un solide premier trimestre.

La BCE juge la reprise de la zone euro modérée et progressive, ce qu‘elle juge “décevant”, observant en outre qu‘une remontée des taux d‘intérêt américains ralentirait encore plus la tendance.

La croissance de l‘Italie a elle été légèrement inférieure aux attentes au deuxième trimestre, de 0,2% contre 0,3% attendu, la fragile reprise apparue après trois années de récession semblant perdre de son allant.

Les pays du nord de l‘Europe ne font guère mieux: 0,1% de croissance pour les Pays-Bas et une quatrième contraction trimestrielle d‘affilée pour la Finlande.

Certains économistes ne s‘en laissent pas conter, attendant du mieux au second semestre. “Nous pensons que la croissance économique de la zone euro regagnera en dynamisme au second semestre. Les fondamentaux intérieurs semblent de plus en plus positifs”, dit Nick Kounis (ABN Amro). “Les perspectives d‘exportation devraient elles aussi s‘éclaircir”.

Ce diagnostic peut être valable pour les entreprises allemandes qui évoluent de fait dans un contexte porteur: les commandes à l‘industrie ont enregistré sur la période avril-juin leur plus forte hausse depuis début 2011, grâce principalement au dynamisme de la demande étrangère, et le climat des affaires s‘est amélioré le mois dernier après deux mois de baisse, profitant de l‘accord conclu le 13 juillet à Bruxelles entre la Grèce et ses créanciers sur un nouveau plan d‘aide.

En France, le ministre des Finances Michel Sapin a déclaré que la performance du premier semestre confortait le gouvernement dans ses attentes. “Après un premier trimestre très dynamique, le niveau de l‘activité se maintient. A la fin du premier semestre, l‘acquis de croissance est de 0,8% ce qui conforte notre objectif de 1% pour l‘année 2015”, a-t-il dit.

Son ambition est toujours de parvenir à un rythme de 1,5% à l‘horizon de fin 2015, niveau à partir duquel l‘économie française recommence à créer des emplois.

Bureaux de Reuters, Wilfrid Exbrayat le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below