21 novembre 2014 / 11:13 / dans 3 ans

Baisse surprise des taux en Chine pour doper la croissance

Le quartier des affaires de Pudong à Shanghai. La banque centrale chinoise a annoncé vendredi une baisse de ses taux directeurs pour la première fois en plus de deux ans afin de soutenir une économie dont le rythme de croissance devrait être au plus bas en 24 ans cette année. /Photo prise le 21 novembre 2014/REUTERS/Aly Song

PEKIN (Reuters) - La Chine a surpris les marchés financiers vendredi en annonçant une baisse de ses taux d‘intérêt, une décision qui vise à soutenir la croissance de son économie face à la multiplication des signes de ralentissement.

Cette baisse de taux, la première depuis plus de deux ans, intervient au moment où le secteur manufacturier chinois est à la peine et où le marché immobilier, longtemps l‘un des moteurs de l‘expansion du pays, préoccupe les observateurs.

“Cela intervient juste après les chiffres décevants des PMI (les indices des directeurs d‘achats-NDLR) montrant que l‘activité manufacturière se rapproche dangereusement de la contraction”, a commenté Alexandre Baradez, chef analyste d‘IG à Paris. “La banque centrale chinoise emboîte désormais le pas à la Fed, à la BCE et à la BoJ.”

Les Bourses européennes, tout comme le pétrole et d‘autres matières premières, étaient en forte hausse vers 14h00, après cette baisse des taux chinois. L‘indice paneuropéen FTSEurofirst 300 gagnait 1,77% et le baril de Brent prenait plus de deux dollars à 81,40.

La Banque populaire de Chine (PBoC) a abaissé le taux de référence des prêts à un an de 40 points de base à 5,6%.

Le taux des dépôts à un an a été abaissé de 25 points de base à 2,75%, a ajouté la PBoC, qui a précisé que ces décisions prendraient effet samedi, 22 novembre.

“Le problème des difficultés de financement et du coût du financement reste saillant dans l‘économie réelle”, a déclaré la PBoC dans un communiqué.

La banque centrale a parallèlement annoncé une poursuite de la libéralisation des taux d‘intérêt avec le relèvement du plafond des taux créditeurs qui peuvent être servis sur les dépôts à 1,2 fois le taux de référence contre 1,1 fois précédemment.

“Ils baissent et libéralisent les taux en même temps, afin que la relance ne fasse pas trop de dégâts”, estime Li Huiyong, économiste de Shenyin and Wanguo Securities.

Des indicateurs récents ont montré une baisse des nouveaux crédits en octobre ainsi qu‘un ralentissement de la croissance de la masse monétaire, deux évolutions qui alimentent les craintes d‘un coup de frein à l‘ensemble de l‘activité.

SOUTENIR LA CROISSANCE

Nombre d‘analystes estimaient toutefois que la banque centrale allait hésiter avant d‘assouplir sa politique de taux d‘intérêt, les autorités semblant privilégier l‘augmentation des dépenses publiques.

Les dirigeants chinois ont en outre répété à de nombreuses reprises ces derniers mois qu‘ils étaient prêts à tolérer une croissance plus faible tant que le marché du travail n‘en souffrait pas.

Au début du mois, lors du forum de Coopération économique Asie-Pacifique (Apec), le président Xi Jinping avait ainsi assuré que le ralentissement de l‘économie de son pays n‘était “pas si effrayant que cela”, en notant que même si la croissance tombait à 7%, elle resterait l‘une des plus élevées du monde.

La PBoC avait récemment injecté des liquidités dans le système bancaire sous forme de prêts à court terme aux banques, dans le but de faire baisser le coût du crédit et d‘encourager les institutions financières à prêter malgré l‘augmentation des créances douteuses.

Mais cette initiative avait été accueillie avec scepticisme par une partie des observateurs, qui notaient qu‘elle n‘avait pas d‘impact notable.

La baisse des taux pourrait elle aussi avoir du mal à se répercuter sur la santé de l‘économie dans un contexte d‘aversion accrue des banques au risque. Certains estiment que de nouvelles baisses de taux seront nécessaires au cours des mois à venir.

La Chine espère atteindre son objectif d‘une croissance d‘environ 7,5% du produit intérieur brut (PIB) cette année grâce notamment à une accélération des investissements d‘infrastructure.

Mais le ralentissement de l‘immobilier, une demande à l‘export erratique et une croissance plus faible de l‘investissement pourraient limiter la croissance à 7,4%, ce qui serait la plus mauvaise performance enregistrée par Pékin depuis 24 ans.

Marc Joanny et Patrick Vignal pour le service français

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