16 octobre 2014 / 08:14 / dans 3 ans

La BCE fait un geste pour les banques grecques

ATHENES (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) a réduit la décote qu‘elle applique sur les obligations que les banques grecques apportent comme garantie pour emprunter à ses guichets, ce qui leur permet d‘accéder à davantage de liquidités, a dit à Reuters un responsable de la banque centrale grecque.

La Banque centrale européenne (BCE) a réduit la décote qu'elle applique sur les obligations que les banques grecques apportent comme garantie pour emprunter à ses guichets, ce qui leur permet d'accéder à davantage de liquidités, a dit à Reuters un responsable de la banque centrale grecque. /Photo d'archives/REUTERS/Yiorgos Karahalis

“Cette mesure a été décidée tard mercredi soir après des échanges entre le gouvernement, la BCE et le gouverneur de la banque centrale grecque”, a-t-il dit.

“Il s‘agit d‘une mesure de soutien au vu des pressions des deux derniers jours.”

Le gouverneur de la Banque de Grèce, Yannis Stournaras, se trouvait mercredi à Francfort, où est installé le siège de la BCE.

Le responsable de la banque centrale a précisé que la réduction de la décote assurait aux banques grecques l‘accès à 12 milliards d‘euros de liquidités supplémentaires.

Les valeurs bancaires grecques ont été les principales victimes de la forte baisse subie mardi et mercredi par la Bourse d‘Athènes: en deux jours, cette dernière a chuté de 11,5% et pour l‘indice bancaire local, la baisse a atteint 13,6%.

Jeudi, quelques minutes après l‘ouverture du marché athénien, les banques cédaient encore 1,6% et l‘indice général 0,6%, tandis que le rendement des obligations grecques à 10 ans dépassait le seuil symbolique de 8% pour la première fois depuis février.

Les banques grecques ont réduit leurs emprunts à la BCE de 2,0 milliards d‘euros le mois dernier, à 42,46 milliards, mais restent très dépendantes de l‘institution pour l‘accès aux liquidités.

RETOUR À LA RÉALITÉ

Le vif regain de tension sur les marchés grecs ces derniers jours tient notamment aux craintes de voir Athènes sortir prématurément l‘an prochain du programme d‘aide du Fonds monétaire international (FMI).

Les investisseurs redoutent aussi la convocation d‘élections législatives anticipées en 2015, qui pourraient placer en tête le parti de gauche radicale Syriza.

Selon plusieurs responsables de la zone euro, Athènes semble être en train de reconsidérer son projet d‘abandon prématuré de l‘aide internationale l‘an prochain et le gouvernement pourrait solliciter une ligne de crédit pour remplacer les fonds apportés par le FMI.

L‘ambition affichée du gouvernement dirigé par Antonis Samaras était de revenir à un financement uniquement assuré par les appels au marché mais, ont expliqué des responsables de la zone euro, elle s‘est heurtée à des pressions des autorités de l‘Union européenne et à la réaction très défavorable des investisseurs eux-mêmes, qui ont vendu en masse des obligations grecques ces derniers jours.

“On admet en Grèce que se passer totalement des programmes de la zone euro et du FMI ne sert pas au mieux ses intérêts”, a dit un responsable. Un autre a remarqué que la forte hausse des rendements obligataires grecs avait eu pour effet un “retour à la réalité”.

Antonis Samaras a stigmatisé Syriza mercredi en lui reprochant d‘être une source d‘instabilité pour le pays et de contribuer largement aux turbulences sur les marchés.

George Georgiopoulos, Véronique Tison, Wilfrid Exbrayat et Marc Angrand pour le service français

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