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Économie

Brexit: Les négociations reprendront jeudi, confirme Londres

BRUXELLES (Reuters) - Le Royaume-Uni et l’Union européenne reprendront jeudi après-midi les discussions sur leurs futures relations commerciales, a annoncé le négociateur britannique David Frost, à l’issue d’un entretien téléphonique avec son homologue européen Michel Barnier.

Le Royaume-Uni et l'Union européenne reprendront jeudi après-midi les discussions sur leurs futures relations commerciales, a annoncé le négociateur britannique David Frost, à l'issue d'un entretien téléphonique avec son homologue européen Michel Barnier. /Photo d'archives/REUTERS/Vincent Kessler

“Nous avons constaté qu’une base de négociations avec l’UE et @MichelBarnier avait été rétablie”, écrit-il sur Twitter. “Des discussions intensives auront lieu tous les jours et commenceront demain après-midi, le 22 octobre, à Londres.”

Un porte-parole du Premier ministre Boris Johnson a par la suite ajouté que la Grande-Bretagne souhaitait toujours un accord, mais qu’il n’y avait aucune garantie de succès.

“Il faut être deux pour parvenir à un accord. Il est tout à fait possible que les négociations n’aboutissent pas. Si tel est le cas, le Royaume-Uni mettra fin à la période de transition dans les termes australiens et s’en portera très bien”, a-t-il déclaré, évoquant les relations commerciales entre l’UE et l’Australie, qui sont globalement régies par les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

La reprise des négociations avait été annoncée un peu plus tôt de sources européennes. Les deux parties, qui se réclament mutuellement des concessions, se renvoient la balle depuis que le Premier ministre britannique a jugé inutile de poursuivre les discussions, la semaine dernière. Boris Johnson a répété mardi qu’il n’y aurait plus de négociations, faute d’un changement d’attitude de la part de l’UE.

“Le temps est très limité et nous sommes prêts à négocier 24 heures sur 24, sur tous les sujets, sur tous les textes juridiques. Le Royaume-Uni a une décision à prendre, c’est son choix libre et souverain”, a souligné mercredi le président du Conseil européen Charles Michel devant le Parlement de l’UE.

“Cette réponse souveraine déterminera son niveau d’accès à notre marché intérieur. Ce n’est que du bon sens”, a-t-il ajouté.

L’UE PRÊTE AU “SAUT DANS LE VIDE”

S’exprimant lui aussi devant les eurodéputés, Michel Barnier a estimé qu’un accord était toujours “à portée de main” et que les deux parties devaient s’atteler rapidement à trouver des solutions.

“Nos portes restent ouvertes et le resteront jusqu’au dernier jour possible. Mais il faut être deux pour trouver un accord”, a-t-il insisté.

Charles Michel a par ailleurs assuré que les Vingt-Sept étaient tout aussi prêts au “saut dans le vide”, en cas de rupture sans accord commercial.

“Nous n’avons pas besoin de mots, nous avons besoin de garanties”, a insisté le président du Conseil européen, qui s’exprimait en anglais.

Les négociations butent principalement sur trois dossiers : la pêche, les règles de libre concurrence et les mécanismes de règlement des litiges.

Charles Michel a jugé qu’en l’absence d’accès aux eaux britanniques, le secteur européen de la pêche subirait des dommages “extraordinaires”. Le bloc cherche par conséquent à prolonger le statu quo, tout comme Londres cherche à maintenir l’accès au marché intérieur de l’UE pour ses entreprises, a-t-il poursuivi.

“Mais le Royaume-Uni veut l’accès au marché unique tout en s’affranchissant à sa convenance de nos normes et de nos réglementations. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre”, a ajouté le président du Conseil européen.

Gabriela Baczynska, Marine Strauss, version française Jean-Stéphane Brosse et Jean-Philippe Lefief

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