for-phone-onlyfor-tablet-portrait-upfor-tablet-landscape-upfor-desktop-upfor-wide-desktop-up
Économie

Les USA pourraient inscrire le chinois Ant Group sur liste noire

WASHINGTON (Reuters) - Le département d’Etat des Etats-Unis a proposé à la Maison blanche d’inscrire le géant des paiements Ant Group sur une liste noire d’entreprises chinoises, a-t-on appris de deux sources proches du dossier.

Le département d'Etat des Etats-Unis a proposé à la Maison blanche d'inscrire le géant des paiements Ant Group sur une liste noire d'entreprises chinoises. /Photo d'archives/REUTERS/Shu Zhang

Le calendrier de l’examen de la proposition d’inscription sur liste noire n’est pas encore arrêté.

Les “faucons” de l’administration Trump cherchent à adresser un message aux investisseurs internationaux pour les dissuader de participer à l’introduction en Bourse d’Ant Group, simultanément à Shanghaï et à Hong Kong, une opération dont le montant pourrait atteindre 35 milliards de dollars (29,8 milliards d’euros).

L’application de paiement mobile Alipay, fer de lance de la stratégie commerciale d’Ant Group, n’est pour l’instant pas accessibles aux consommateurs américains aux Etats-Unis selon le groupe chinois, mais certains membres de l’administration américaine craignent que la Chine parvienne à l’avenir, via les produits d’Ant, à accéder à des données bancaires américaines sensibles.

Le Comité sur les investissements étrangers aux Etats-Unis (CFIUS), chargé de ce type de dossiers sensibles, avait bloqué en 2018 un projet de rachat par Ant Group du spécialiste américain du transfert d’argent Moneygram en invoquant des risques pour la sécurité nationale.

Le département d’Etat n’a pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaire. Ant Group, filiale à 33% d’Alibaba Group Holding, s’est refusé à tout commentaire.

Dans un récent communiqué adressé à Reuters, le groupe chinois avait souligné qu’il ne réalisait hors de Chine que 5% de ses activités.

“La Chine s’oppose à ce que les Etats-Unis abusent du concept de sécurité nationale et de leurs pouvoirs nationaux pour opprimer des pays étrangers. Cela tient du harcèlement”, a dit de son côté Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d’un point de presse jeudi.

“La Chine prendra les mesures nécessaires pour préserver les droits et les intérêts légitimes des entreprises chinoises”, a-t-il ajouté.

La liste noire dressée par Washington, qui limite la capacité des entreprises américaines à faire des affaires avec les sociétés chinoises qui en font partie, est devenue l’un des principaux instruments de l’administration Trump dans sa campagne visant à freiner la montée en puissance de la Chine sur la scène économique mondiale.

Si Alipay est très majoritairement utilisé par des consommateurs chinois disposant de comptes bancaires en yuans, la plate-forme est connectée à de nombreux commerçants américains pour accepter des paiements de touristes, d’hommes d’affaires et d’entreprises chinois.

Humeyra Pamuk, Alexandra Alper, Karen Freifeld et David Shepardson, version française Marc Angrand, édité par Blandine Hénault

for-phone-onlyfor-tablet-portrait-upfor-tablet-landscape-upfor-desktop-upfor-wide-desktop-up