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Économie

La demande de pétrole pourrait stagner après 2030, reconnaît l'Opep

LONDRES (Reuters) - La demande mondiale de pétrole pourrait stagner à partir de la fin de la décennie 2030, estime l’Opep dans ses nouvelles prévisions publiées jeudi, qui intègrent un effet durable de la crise du coronavirus sur l’économie et les habitudes de consommation.

La demande mondiale de pétrole pourrait stagner à partir de la fin de la décennie 2030, estime l'Opep dans ses nouvelles prévisions publiées jeudi, qui intègrent un effet durable de la crise du coronavirus sur l'économie et les habitudes de consommation. /Photo d'archives/REUTERS/Régis Duvignau

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole s’attend désormais à ce que la consommation de brut atteigne 107,2 millions de barils par jour (bpj) dans dix ans contre 90,7 millions cette année. Une prévision 2030 inférieure de 1,1 million de bpj à celle présentée l’an dernier et de plus de 10 millions au chiffre avancé en 2007.

“La demande pétrolière mondiale va croître à un rythme relativement soutenu pendant la première partie de la période de prévision avant que la demande ne plafonne pendant la deuxième partie”, expliquent les Perspectives pétrolières mondiales, qui couvrent la période 2019-2045.

“La demande future pourrait demeurer durablement inférieure aux prévisions passées en raison des effets durables des confinements liés au COVID-19 et à leur impact sur l’économie mondiale et le comportement des consommateurs”, ajoute le rapport.

L’Opep explique ainsi que le rebond des besoins en pétrole attendu après la crise actuelle pourrait être limité par le recours accru au télétravail, un déclin des voyages d’affaires et du tourisme, de nouveaux gains de productivité ou encore un essor plus rapide qu’anticipé des véhicules électriques.

Ce scénario d’”accélération technologique” ne prend pas en compte l’éventualité de nouvelles avancées technologiques majeures et n’inclut donc pas la plus importante diminution de la demande théoriquement envisageable.

“Il existe une importante marge pour une mise en oeuvre plus importante de mesures d’efficacité énergétique qui pourraient faire tomber la demande de pétrole future à des niveaux bien plus bas”, reconnaît ainsi l’Opep.

À plus court terme, elle table sur une consommation de 97,7 millions de bpj pour 2021, de 99,8 millions pour 2022 (donc au-dessus du niveau de 2019) et de 102,6 millions pour 2024. Ce dernier chiffre a été revu en baisse par rapport aux prévisions de l’an dernier.

L’organisation estime que ses pays membres devraient augmenter leur production en 2021 après avoir pompé 30,7 millions de bpj cette année mais précise que leur production 2025, à 33,2 millions de bpj, devrait rester inférieure à son niveau de 2019.

A l’horizon 2040, elle table sur une demande pétrolière mondiale de 109,3 millions de bpj, qui reviendrait ensuite à 109,1 millions en 2045.

Le cartel espère néanmoins toujours augmenter sa propre production dans les décennies à venir en profitant du déclin de celle de certains de ses concurrents.

“Le pétrole continuera de représenter la part la plus importante du mix énergétique d’ici 2045”, écrit son secrétaire général, Mohammed Barkindo, dans son introduction au rapport.

Version française Marc Angrand, édité par Jean-Michel Bélot

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