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Économie

Renault veut suivre le chemin de PSA pour son redressement

PARIS (Reuters) - Luca de Meo, nouveau directeur général de Renault, entend suivre le même chemin que PSA pour le redressement du groupe au losange au cours des cinq ans à venir et n’exclut pas de devoir réduire ses coûts davantage que prévu, selon un document interne que Reuters a pu consulter.

Luca de Meo, nouveau directeur général de Renault, entend suivre le même chemin que PSA pour le redressement du groupe au losange au cours des cinq ans à venir et n'exclut pas de devoir réduire ses coûts davantage que prévu, selon un document interne que Reuters a pu consulter. /Photo prise le 29 mai 2020/REUTERS/Yves Herman

“Nous sommes dans une situation difficile, mais la bonne nouvelle, c’est que notre industrie donne toujours une chance à ceux qui font ce qu’il faut, et parfois même, plus vite que prévu”, a dit Luca de Meo, cité dans ce document.

“PSA était quasiment en faillite il y a cinq ans. Cependant, l’entreprise est aujourd’hui une référence dans le secteur et en matière de rentabilité. Dans les cinq ans à venir, nous allons faire ce que PSA a fait ces cinq dernières années”, a-t-il ajouté.

Interrogé sur ce document, un porte-parole de Renault a déclaré que Luca de Meo “est en train de transformer l’organisation pour passer d’une politique de volume à une politique de la valeur”.

Le nouveau directeur général, qui entend mener ce qu’il appelle une “Renaulution” au sein du constructeur français en difficulté, est en train d’élaborer le cadre du plan stratégique qu’il doit présenter en janvier prochain.

UN RETOUR EN FINALE D’ICI HUIT ANS

Ebranlé depuis 2018 par la disgrâce de son mentor Carlos Ghosn et par une dégradation de sa rentabilité, Renault a accusé une perte nette record de plus de sept milliards d’euros au premier semestre.

“En 2020, la crise de la Covid va évidemment impacter fortement nos résultats. Nos projections de trésorerie sont alarmantes”, a ajouté Luca de Meo.

Il pourrait ainsi devoir aller plus loin que l’objectif drastique de plus de deux milliards d’euros d’économies sur trois ans annoncé avant l’été.

Il compte également mettre en place, en février ou mars 2021, une nouvelle organisation en quatre divisions centrées sur ses trois marques de voitures Renault, Dacia et Alpine, et sur une quatrième marque dédiée aux nouvelles mobilités, qui pourrait s’appeler Mobilize, du nom du proramme d’économies sociale et solidaire lancé via la direction de la Responsabilité sociale de l’entreprise (RSE).

Luca de Meo estime que le groupe pourrait réaliser, au-delà de 2026, entre 20% et 30% de son activité dans des domaines n’ayant rien à voir avec le secteur automobile traditionnel.

L’ancien patron de Seat travaille sans relâche sur l’ambitieuse révolution qu’il prépare, présentée lundi aux principaux responsables syndicaux du constructeur, mardi à l’ensemble des salariés du groupe puis jeudi au ministre de l’Economie Bruno le Maire - l’Etat est le principal actionnaire de Renault avec 15,01% du capital.

Les syndicats, consultés sur le plan d’économie qui prévoit la fermeture du site de Choisy et la fin de l’assemblage de véhicules à Flins, ont demandé une expertise pour pouvoir se prononcer sur le projet le 29 septembre prochain.

Adepte des métaphores footballistiques, le nouveau directeur général veut ramener Renault “en finale de la Ligue des champions” en sept ou huit ans et compte aussi sur l’alliance avec Nissan et Mitsubishi pour y parvenir.

“Si nous séparons les trois membres de l’Alliance, nous nous donnons directement rendez-vous en 2e division du championnat automobile”, a-t-il ajouté dans le document. “Je suis donc déterminé à tout faire pour sa réussite.”

Gilles Guillaume et Sarah White, édité par Bertrand Boucey et Jean-Michel Bélot

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