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Économie

La Fed adopte un objectif d'inflation moyenne et met l'accent sur l'emploi

WASHINGTON (Reuters) - La Réserve fédérale américaine a dévoilé jeudi une nouvelle stratégie visant à ramener les Etats-Unis au plein emploi et à favoriser la remontée de l’inflation, des objectifs ambitieux dans une période marquée par une croissance et une inflation faibles qui semblent appelées à persister.

La Réserve fédérale américaine a dévoilé jeudi une nouvelle stratégie visant à ramener les Etats-Unis au plein emploi et à favoriser la remontée de l'inflation, des objectifs ambitieux dans une période marquée par une croissance et une inflation faibles qui semblent appelées à persister. /Photo d'archives/REUTERS/Monica Almeida

Cette nouvelle approche, exposée dans une nouvelle déclaration sur les objectifs à long terme et la stratégie de politique monétaire approuvée par les 17 plus hauts responsables de l’institution, prévoit que la Fed visera une inflation de 2% en moyenne sur la durée, si besoin en laissant filer pendant “un certain temps” les prix à la hausse pour compenser des périodes d’inflation inférieures à l’objectif.

La nouvelle déclaration s’engage aussi à faire en sorte que les Etats-Unis ne s’éloignent pas d’un “objectif large et inclusif” d’emploi maximal, une expression qui fait référence à l’égalité raciale et à son rôle dans la croissance économique.

La Fed reconnaît toutefois que “les risques à la baisse sur l’emploi et l’inflation ont augmenté” et promet d’utiliser “tous les moyens” à sa disposition pour atteindre ses objectifs.

“Notre communiqué révisé reflète notre appréciation des bienfaits d’un marché du travail fort, particulièrement pour beaucoup de membres des catégories à revenus bas ou modérés, et le fait que le marché du travail peut être durablement soutenu sans provoquer une augmentation indésirable de l’inflation”, a déclaré Jerome Powell, le président de la Fed.

Il s’exprimait dans le cadre du symposium d’été de la Fed de Kansas City, qui se tient habituellement à Jackson Hole, dans le Wyoming, mais est organisé en visioconférence cette année à cause de la pandémie de coronavirus.

La Fed a lancé il y a près de deux ans une réflexion sur la refonte du cadre de son action qui a donné lieu à de nombreux débats et auditions, afin d’étudier les moyens d’adapter sa politique monétaire à un environnement de taux d’intérêt durablement bas.

PAS DE FORMULE POUR L’OBJECTIF D’INFLATION

La présentation des conclusions de cet exercice intervient au moment où l’économie américaine est en récession, où plusieurs dizaines de millions d’Américains sont sans emploi en raison de la crise du coronavirus et où la campagne pour l’élection présidentielle du 3 novembre, qui bat son plein, est marquée entre autres par des tensions liées aux inégalités sociales et raciales.

La nouvelle stratégie de la Fed pourrait la conduire à maintenir des taux quasi nuls plus longtemps encore qu’anticipé jusqu’à présent, même si elle ne s’engage pas explicitement sur ce point.

Jerome Powell a précisé que la nouvelle approche en matière d’inflation ne serait pas dictée par une formule mathématique explicite.

Sur le marché obligataire, le plus sensible à l’évolution des anticipations en matière de taux, le rendement des bons du Trésor américain à dix ans a reculé dans un premier temps en réaction à ces annonces pour tomber à 0,649%, avant de se retourner à la hausse: vers 14h30 GMT, il prenait près de trois points de base à 0,7161%.

Sur le marché des changes, le dollar était lui aussi orienté à la hausse, l’euro revenant sous 1,18 et à Wall Street, les grands indices évoluaient en ordre dispersé, le Dow Jones et le Standard & Poor’s 500 gagnant du terrain alors que le Nasdaq Composite reculait.

“La stratégie devrait être favorable à court terme car elle peut réduire la probabilité de relèvements des taux d’intérêt”, commente Nancy Davis, responsable de la stratégie d’investissement de Quadratic Capital Management. “Dans le même temps, la déclaration reconnaît que la Fed a ‘moins de marge de manoeuvre pour soutenir l’économie pendant une crise économique en réduisant simplement le taux des fonds fédéraux’.”

Jonnelle Marte, Ann Saphir et Howard Schneider, version française Marc Angrand, édité par Jean-Michel Bélot

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