May 29, 2020 / 9:02 AM / a month ago

Regain de nervosité dans l'attente des annonces de Trump sur la Chine

PARIS (Reuters) - Les principales Bourses européennes reculent nettement vendredi, la perspective d’un regain de tension entre les Etats-Unis et la Chine favorisant les prises de bénéfice pour la dernière séance du mois de mai.

Les principales Bourses européennes reculent nettement vendredi. À Paris, l'indice CAC 40 perd 1,32% à 4.708,28 points vers 08h25 GMT. À Francfort, le Dax est en baisse de 1,56% et à Londres, le FTSE cède 1,01%. /Photo prise le 30 avril 2020/REUTERS

À Paris, l’indice CAC 40 perd 1,32% à 4.708,28 points vers 08h25 GMT. À Francfort, le Dax est en baisse de 1,56% et à Londres, le FTSE cède 1,01%.

L’indice EuroStoxx 50 de la zone euro lâche 1,25%, le FTSEurofirst 300 abandonne 1,21% et le Stoxx 600 recule de 1,25%.

Après quatre séances de hausse d’affilée, les Bourses européennes sont revenues à leurs plus hauts depuis début mars, portées par la levée progressive des mesures de confinement qui fait espérer un redémarrage rapide de l’activité économique stoppée net par la pandémie de coronavirus.

Les tensions accrues entre les Etats-Unis et la Chine au sujet de Hong Kong, mises de côté par les marchés toute la semaine, reviennent au premier plan après l’annonce d’une conférence de presse ce vendredi de Donald Trump sur le dossier chinois qui fait craindre d’éventuelles mesures de rétorsion à l’encontre de Pékin.

Cette conférence de presse intervient alors que le Parlement chinois a donné jeudi son feu vert pour poursuivre le processus d’adoption d’un projet de loi sur la sécurité nationale à Hong Kong, considéré comme une menace pour l’autonomie et les libertés par de nombreux pays occidentaux dont les Etats-Unis.

Pékin se dit prête à prendre toutes les mesures de rétorsion nécessaires si les Etats-Unis continuent d’interférer dans les affaires de Hong Kong.

“Les investisseurs doivent se préparer au pire compte tenu du recul de l’approche de l’élection présidentielle américaine, de la récession, des 100.000 morts du coronavirus - imputés [par les Etats-Unis] à la Chine - et de la guerre commerciale qui gronde toujours. La pression sur Donald Trump à domicile est élevée. La conférence de presse verra probablement le président américain intensifier la guerre des mots contre la Chine mais il pourrait aller plus loin et annoncer de nouvelles sanctions contre les personnes associés à cette loi sur Hong Kong ou révoquer le statut spécial accordé au territoire autonome”, a déclaré Neil Wilson chez Markets.com.

VALEURS

Quasiment tous les secteurs européens sont en baisse à commencer par les cycliques comme l’automobile (-2,66%), les banques (-1,98%) et les transports et tourisme (-2,74%) qui ont eu le vent en poupe toute la semaine.

A Paris, Renault (-5%) est lanterne rouge du CAC 40 après que le constructeur automobile français a annoncé un plan d’économies de deux milliards d’euros et la suppression de 15.000 emplois dans le monde.

Plus forte baisse du Stoxx 600, Rolls-Royce (-9,6%) pâtit d’un dégradation de sa note de crédit par l’agence S&P en catégorie spéculative (“BB” contre “BBB-“).

Les valeurs du luxe reculent également, les investisseurs redoutant un nouvel épisode dans la confrontation commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Kering, Hermès, LVMH, Richemont et Burberry perdent entre 1,86% et 3,88%.

Dans le secteur des voyages, Tui perd 7,9% après avoir prolongé l’annulation des voyages internationaux jusqu’au 1er juillet.

En hausse,

WALL STREET

Les contrats à terme sur les indices américains préfigurent une ouverture en baisse de 0,7% vendredi après déjà un repli la veille.

Jeudi, la Bourse de New York s’est retournée à la baisse en fin de séance jeudi après l’annonce par Donald Trump de la conférence de presse à venir sur le dossier chinois et de l’imminence d’un décret présidentiel visant les réseaux sociaux. [.NFR]

L’indice Dow Jones a reculé de 0,58%, le S&P-500 a perdu 0,21% mais est resté au-dessus des 3.000 points et le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 0,46%.

Twitter, engagé depuis deux jours dans un bras de fer verbal avec Donald Trump, a cédé un peu moins de 4,45%. L’action Facebook a fini en recul de 1,61%.

Après la clôture, Donald Trump a signé un décret présidentiel visant les opérateurs de réseaux sociaux et a annoncé qu’il s’efforcerait de faire adopter une loi pour le compléter.

Ce regain de tension n’empêche pas le S&P-500 d’être en voie de signer son meilleur mois de mai depuis 2009, avec un gain de 4%.

EN ASIE

La Bourse de Tokyo a reculé vendredi de 0,18%, s’éloignant d’un plus haut de trois mois touché la veille avec le regain de tension entre Washington et Pékin. Le Nikkei a enregistré en mai sa plus forte progression mensuelle (+8,3%) depuis octobre 2015 grâce à l’optimisme général sur une reprise de l’économie avec la levée des mesures de confinement un peu partout dans le monde.

A Hong Kong, l’indice Hang Seng a lâché 0,74%.

Contre la tendance, le CSI 300 de Chine continentale a pris 0,3%, les anticipations de mesures de soutien supplémentaires ayant pris le pas sur les craintes d’une escalade des tensions géopolitiques et commerciales.

TAUX

L’aversion pour le risque entraîne le repli vers les valeurs refuges, obligations d’Etat en tête.

Le rendement des Treasuries à dix ans perd quatre points de base à 0,664%.

En Europe, le rendement du Bund allemand à dix ans recule à -0,438% (-2 points de base).

CHANGES

Sur le marché des changes, le yen joue lui aussi son rôle de valeur refuge, prenant 0,34% face au dollar, après un pic de deux semaines à 107,06 pour un dollar.

Le dollar est pratiquement stable face à un panier de référence. L’euro est en hausse (+0,25%), juste en dessous du plus haut de deux mois atteint en début de séance à 1,1113 dollar, la devise unique restant soutenue par l’annonce en milieu de semaine par la Commission européenne d’un plan de relance de 750 milliards d’euros destiné à faire face aux conséquences de la pandémie de coronavirus.

PÉTROLE

Les cours pétroliers reculent, en passe de subir leur première baisse hebdomadaire en cinq semaines, pénalisés par la hausse des stocks de brut aux Etats-Unis et le regain de tension entre Pékin et Washington.

Le baril de Brent recule de 2,58% à moins de 35 dollars et celui du brut léger américain abandonne 3,14% à 32,65 dollars.

édité par Patrick Vignal

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