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Économie

Les marchés d'actions un peu en avance sur l'économie réelle, selon DWS

PARIS (Reuters) - Les marchés d’actions sont incontournables pour les investisseurs en quête de performances mais paraissent un peu en avance sur l’économie réelle, ce qui justifie une certaine prudence à court terme, dit-on chez DWS.

Les marchés d'actions sont incontournables pour les investisseurs en quête de performances mais paraissent un peu en avance sur l'économie réelle, ce qui justifie une certaine prudence à court terme, dit-on chez DWS. /Photo d'archives/REUTERS/Gonzalo Fuentes

Les indices boursiers ont fortement rebondi depuis leur effondrement en mars, provoqué par l’imminence d’une récession entraînée par les mesures prises pour lutter contre la propagation du coronavirus.

Le S&P-500, indice de référence des gérants américains, a ainsi repris 37% depuis son creux du 23 mars, lorsque l’épidémie de coronavirus commençait à frapper de plein fouet l’Europe et les Etats-Unis, et les indice européens ont suivi le mouvement.

“On observe un rebond très significatif qui paraît devancer l’économie réelle, même s’il y a un redémarrage qui s’amorce”, commente Nicolas Didelot, responsable des spécialistes d’investissement multi-actifs chez DWS.

“Le rebond n’est pas linéaire et la confiance est relativement forte. Elle peut en effet paraître un peu complaisante.”

Dans sa stratégie multi-actifs, la société de gestion allemande affiche sa confiance dans le développement des actions à moyen et long terme mais adopte une position plus prudente sur le court terme.

“Nous avons des positions physiques actions dans le portefeuille quasiment à des niveaux historiques en brut, au-delà de 50%”, explique Nicolas Didelot.

“Cependant, nous utilisons des stratégies de couverture et notre exposition nette au risque du marché actions n’est que de 35% maximum.”

PAS D’ALTERNATIVE AUX ACTIONS

“La pandémie est toujours présente, même si sa propagation paraît ralentir dans plusieurs pays, et il faut que l’économie réelle se réamorce”, argumente-t-il. “Il semble que la confiance sur les marchés ait un peu devancé cet aspect.”

L’équipe multi-actifs de DWS a également restructuré son portefeuille pour privilégier les secteurs ayant bénéficié de la crise comme le numérique ou la santé.

“Nous avons tendance à privilégier les actions plutôt que de nous disperser sur le crédit, où le risque est aussi élevé avec un rendement potentiel plus faible”, explique Nicolas Didelot.

“La seule classe d’actifs pour générer du rendement dans un avenir proche, ce sont les actions.”

Pour gérer la crise, l’équipe de DWS a intégré des valeurs refuges. Elle reste exposée à l’or, un actif très prisé en ce moment par les sociétés de gestion.

“Nous avons ou avons eu dans le portefeuille un certain nombre de valeurs refuges dont l’or, les obligations du Trésor américaines longues et, ponctuellement, le yen japonais”, dit Nicolas Didelot. “Sur l’or, nous avons une position proche de 10% que nous avons renforcée en début d’année.”

Comme les autres, la société de gestion, détenue en majorité par Deutsche Bank, se prépare au monde d’après, qui devrait être marqué, selon Nicolas Didelot, par l’accélération de tendances déjà à l’oeuvre avant la crise, avec notamment un remise en question des chaînes d’approvisionnement mondiales et une importance grandissante accordée à l’investissement durable.

“La relance va demeurer fragile et on verra émerger des modèles économiques différents, avec des conséquences notamment sur les chaînes de logistique”, dit-il.

“La normalisation sur les marchés financiers prendra du temps, à l’image du retour à une vie normale, qui s’accompagne d’une certaine précaution.”

Edité par Jean-Michel Bélot

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