May 13, 2020 / 4:04 PM / 3 months ago

L'UE envisage de mobiliser un fonds d'urgence face au risque de pénurie de vaccins

BRUXELLES (Reuters) - La Commission européenne réfléchit à mobiliser un fonds d’urgence de 2,4 milliards d’euros pour renforcer la capacité des laboratoires pharmaceutiques en Europe afin d’éviter que le bloc ne se retrouve démuni lorsqu’un vaccin contre le coronavirus aura été trouvé, selon un document vu par Reuters.

La Commission européenne réfléchit à mobiliser un fonds d'urgence de 2,4 milliards d'euros pour renforcer la capacité des laboratoires pharmaceutiques en Europe afin d'éviter que le bloc ne se retrouve démuni lorsqu'un vaccin contre le coronavirus aura été trouvé, selon un document vu par Reuters. /Photo prise le 22 avril 2020/REUTERS/Arnd Wiegmann

Plus de 90 vaccins sont en cours de développement actuellement contre le Covid-19, qui a causé la mort à ce jour d’au moins 290.000 personnes dans le monde, dont huit vaccins qui en sont arrivés au stade des essais cliniques.

Mais au-delà de la phase de développement, qui concentre à l’heure actuellement toutes les attentions et suscite de nombreux espoirs, la phase suivante, celle de la fabrication, sera tout aussi délicate, préviennent les experts.

“Tant que la capacité de production des vaccins sera limitée”, l’Union européenne doit réfléchir à la mise en place d’un plan destiné à accélérer la fabrication de ces vaccins et à les distribuer dans un premier temps à ceux qui en ont le plus besoin, peut-on lire dans un document interne de l’UE.

La question des vaccins a été évoquée pour la première fois en ces termes par la commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides la semaine dernière devant les ministres de la Santé de l’Union européenne, qui l’ont approuvée dans leur grande majorité, selon deux participants à la vidéoconférence, mais aucune décision finale n’a été prise à ce stade.

Selon le document consulté par Reuters, Stella Kyriakides envisage d’utiliser l’”instrument d’aide d’urgence” de l’Union européenne, l’ESI, afin d’augmenter la capacité de production de vaccins en Europe et d’offrir une assurance responsabilité aux laboratoires pharmaceutiques.

Cette assurance rendrait la production de vaccins moins risquée pour les entreprises potentiellement exposées à des coûts juridiques très élevés pour des injections inefficaces ou des effets secondaires imprévus - des risques accrus lorsque des médicaments sont développés à la hâte.

SANOFI PRÊT À ACCORDER LA PRIORITÉ AUX ETATS-UNIS

Près de 2,4 milliards d’euros sont actuellement disponibles dans l’ESI, décrit comme le bras financier armé de l’UE contre l’épidémie. Quelque 300 millions d’euros ont déjà été puisés dans l’ESI pour financer des masques de protection et renforcer la capacité de soins.

“La Commission est en train de voir comment mieux utiliser l’instrument d’aide d’urgence pour mettre un vaccin à la disposition de tous les citoyens de l’UE”, a déclaré à Reuters un porte-parole de l’exécutif européen. Ce fonds pourrait être complété par d’autres financements, y compris des prêts de la Banque européenne d’investissement, a-t-il ajouté, tout en précision qu’aucune décision n’avait encore été arrêtée.

Engagée dans une course contre la montre, la Commission européenne a d’ores et déjà annoncé en mars la mobilisation de 380 millions d’euros dans la lutte contre le Covid-19, une somme affectée à des travaux de recherche pour l’élaboration de tests de diagnostic du Covid-19, de vaccins et de traitement.

La question de la fabrication en nombre suffisant de vaccins sur le sol européen avait été évoquée en avril par le directeur général du groupe pharmaceutique français Sanofi, Paul Hudson.

Sanofi travaille actuellement sur deux programmes de développement d’un vaccin destiné à contrer le Covid-19, dont l’un en partenariat avec le britannique GlaxoSmithKline.

Dans une interview à Bloomberg publiée mercredi, Paul Hudson prévient une nouvelle fois que son groupe accordera la priorité aux Etats-Unis pour la fourniture de son vaccin contre le Covid-19, si ce dernier se révèle efficace contre la maladie, car le pays a été le premier à financer les recherches du laboratoire français.

“Le gouvernement américain a le droit de prendre les plus grandes précommandes car il s’est investi pour prendre le risque”, explique Paul Hudson dans cet entretien.

version française Marine Pennetier, édité par Jean-Stéphane Brosse

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