April 29, 2020 / 2:16 PM / 3 months ago

USA: Le coronavirus a plombé l'économie américaine au 1er trimestre

WASHINGTON (Reuters) - L’économie américaine a subi au premier trimestre sa contraction la plus brutale depuis la grande crise financière à cause des mesures de confinement mises en oeuvre dans la quasi-totalité du pays pour freiner l’épidémie de coronavirus, montre mercredi la première estimation officielle du produit intérieur brut.

Un fermier à Linn, Missouri. L'économie américaine a subi au premier trimestre sa contraction la plus brutale depuis la grande crise financière à cause des mesures de confinement mises en oeuvre dans la quasi-totalité du pays pour freiner l'épidémie de coronavirus, montre mercredi la première estimation officielle du produit intérieur brut. /Photo prise le 28 avril 2020/REUTERS/Whitney Curtis

Le PIB a reculé de 4,8% en rythme annualisé, a annoncé le département du Commerce, après une croissance de 2,1% sur les trois derniers mois de 2019. Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une chute de 4,0% mais leurs estimations allaient de -15% à +1%, un écart qui illustre le caractère inédit de la crise en cours.

La contraction du PIB, la plus marquée depuis le premier trimestre 2009, reflète le plongeon de l’activité sur les deux dernières semaines de mars, qui ont vu des millions d’Américains perdre leur emploi.

Ces chiffres renforceront les prévisions des analystes pour lesquels la première économie du monde est déjà entrée en récession.

Toutes les composantes de l’activité, à commencer par la consommation des ménages, qui représente les deux tiers de l’économie américaine, ont fortement reculé.

“L’économie est en chute libre”, commente Sung Won Sohn, professeur d’économie des entreprises à la Loyola Marymount University de Los Angeles

“Nous pourrions nous approcher de quelque chose de bien pire qu’une profonde récession. Il est prématuré de parler de reprise. Nous allons assister à beaucoup de faillites de petites et moyennes entreprises.”

LA CONSOMMATION DES MÉNAGES CHUTE LOURDEMENT

La consommation des ménages a reculé de 7,6% sur janvier-mars, toujours en rythme annualisé, après une hausse de 1,8% sur octobre-décembre.

Les stocks des entreprises ont quant à eux diminué de 16,3 milliards de dollars après avoir augmenté de 13,1 milliards au quatrième trimestre de l’an dernier, une réduction qui équivaut à une contribution négative de 0,53 point de pourcentage à la variation du PIB.

Quant à l’investissement des entreprises, déjà en baisse sur les trois trimestres précédents sur fond de tensions commerciales avec la Chine, il s’est contracté de 8,6% annualisé sur les trois premiers mois de cette année.

Les exportations ont chuté de 8,7% et les importations de 15,3%.

De nombreuses usines et entreprises jugées non essentielles ont fermé leurs portes dans le cadre des efforts déployés pour tenter d’enrayer la propagation du coronavirus, ce qui a mis à l’arrêt de larges pans de l’économie américaine.

Le passage en télétravail de nombreux employés a en outre certainement contribué à faire baisser la productivité, estime Kwok Ping Tsang, professeur d’économie au Virginia Tech College of Science, qui s’attend, comme beaucoup d’observateurs, à un repli encore plus marqué du PIB au deuxième trimestre.

Les chiffres publiés mercredi, qui s’ajoutent à l’explosion des inscriptions au chômage (plus de 26 millions en cinq semaines), pourraient augmenter la pression sur les Etats afin qu’ils redémarrent rapidement leur économie.

Ils pourraient également mettre en difficulté le président Donald Trump, qui sollicitera un deuxième mandat en novembre et a été critiqué pour avoir réagi tardivement à la pandémie. Celle-ci a contaminé plus d’un million de personnes aux Etats-Unis, selon le dernier bilan en date de l’Université Johns Hopkins.

Les chiffres du PIB ont eu peu d’effet sur Wall Street, qui a ouvert en hausse après l’annonce par le laboratoire pharmaceutique Gilead Sciences de résultats encourageants d’essais cliniques de traitement du COVID-19. Le dollar et les rendements des emprunts d’Etat n’ont, eux non plus, guère réagi, à quelques heures des annonces de politique monétaire de la Réserve fédérale.

version française Marc Angrand et Patrick Vignal

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