March 23, 2020 / 9:45 AM / 3 months ago

L'Europe repart à la baisse, les inquiétudes reviennent

PARIS (Reuters) - Les principales Bourses européennes évoluent en nette baisse lundi matin, pénalisées par les craintes liées à la propagation du coronavirus et par l’absence de consensus au Sénat américain sur un plan de relance de l’économie américaine.

Les principales Bourses européennes évoluent en nette baisse lundi matin. A Paris, l'indice CAC 40 perd 3,94% vers 09h10 GMT. À Francfort, le Dax cède 4,05% et à Londres, le FTSE abandonne 3,66%. /Photo d'archives/REUTERS/Toby Melville

A Paris, l’indice CAC 40 perd 3,94% à 3.889,32 points vers 09h10 GMT. À Francfort, le Dax cède 4,05% et à Londres, le FTSE abandonne 3,66%.

L’indice EuroStoxx 50 de la zone euro recule de 3,63%, le FTSEurofirst 300 de 4,39% et le Stoxx 600 de 4,15%.

Le rebond enregistré en fin de semaine dernière grâce à l’action en force des banques centrale semble donc trop fragile pour se prolonger face à l’aggravation continue du bilan de l’épidémie, qui touche plus de 337.000 personnes à travers la planète et a déjà provoqué 14.651 décès selon les données compilées lundi matin par Reuters.

Outre le bilan sanitaire, la tendance négative est alimentée par le blocage par les sénateurs démocrates américains du projet de loi qui aurait permis d’injecter plus de 1.000 milliards de dollars dans l’économie dans le cadre de programmes destinés à aider les entreprises affectées par le coronavirus et les salariés qui ont perdu leur emploi.

Un nouveau vote sur ce texte doit être organisé ce lundi à moins qu’un accord ne soit trouvé avant 13h45 GMT.

“L’aggravation de l’épidémie de coronavirus nuit gravement à l’économie mondiale. Nous nous attendons à ce que la croissance mondiale se rapproche des plus bas atteints lors de la crise financière de 2008 et la croissance américaine de son plus bas niveau depuis 74 ans”, a déclaré un analyste de Morgan Stanley.

James Bullard, président de la Réserve fédérale de St. Louis, a averti dimanche que le taux de chômage aux Etats-Unis pourrait atteindre 30%, un chiffre plus élevé que lors de la Grande Dépression et trois fois supérieur au niveau atteint lors de la récession de 2008-2009.

Les chiffres des inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis seront publiés jeudi et les économistes s’attendent à un bond à 750.000 lors de la semaine au 21 mars contre 281.000 inscriptions la semaine précédente.

En Allemagne, l’institut Ifo a estimé que la crise du coronavirus pourrait coûter cette année entre 255 et 729 milliards d’euros à l’économie allemande.

LES VALEURS A SUIVRE :

Comme souvent lors d’une telle baisse des marchés, aucun secteur européen n’est épargné par l’aversion au risque. Le plus touché est à nouveau celui du transport aérien et du tourisme, qui perd 7,25%.

L’indice Stoxx des matières premières recule de 5,96%, celui du secteur et du gaz de 3,37% et celui de l’automobile de 4,71%.

Airbus plonge de 7,21%, l’un des plus fortes baisses du CAC, après avoir suspendu ses prévisions annuelles, retiré sa proposition de dividende et signé une nouvelle facilité de crédit,

L’avionneur n’est pas le seul à avoir suspendu ses prévisions de résultats annuels.: c’est également le cas ce lundi de Schneider Electric, de Saint-Gobain ou encore de TF1, qui perdent entre 2,70% et 7,86%.

Une small-cap se distingue à Paris, Novacyt, qui s’envole de 37% après le feu vert du régulateur américain à l’utilisation de son test de dépistage du coronavirus aux Etats-Unis.

A WALL STREET

En hausse dans les premiers échanges, la Bourse de New York a finalement chuté vendredi en clôture de sa pire semaine depuis octobre 2008 alors que les mesures de confinement se répandent aux Etats-Unis.

L’indice Dow Jones a cédé 4,55% sur la séance à 19.173,98. Le S&P-500 a perdu 4,34% à 2.304,92 et le Nasdaq Composite a reculé de 3,79% à 6.879,52 points.

Sur la semaine, le Dow a plongé de 17,30%, le S&P-500 de 15% et le Nasdaq de 12,64%.

Les futures sur les indices américains signalent pour l’heure une ouverture en baisse de 2,5% à 3,8% pour les trois indices de référence.

EN ASIE

Les Bourses de Chine continentale, ont perdu plus de 3%. La chute est plus lourde à Séoul où le Kospi a lâché 5,4% et la Bourse de Hong Kong a cédé 4,85%.

L’indice MSCI regroupant les valeurs d’Asie et du Pacifique (hors Japon) a perdu 5%.

Contre la tendance, le Nikkei japonais a terminé en hausse de 2%. Les investisseurs, qui redoutaient une annulation des Jeux Olympiques de Tokyo, ont été soulagés que le Comité international olympique (CIO) n’envisage pour l’instant qu’un report.

TAUX

Le regain d’aversion au risque provoque une nouvelle baisse des rendements obligataires américains. Dans les échanges en Asie, celui des titres à dix ans abandonne 11 points de base, à 0,8293%, après un plus bas en séance à 0,78%.

En Europe, alors que le rendement du Bund allemand à dix ans recule de deux points de base à -0,364%, son équivalent italien en gagne quatre à 1,67%.

CHANGES

La baisse des rendements obligataires américains pèse sur le dollar: l’indice mesurant ses variations face à un panier de devises internationales cède 0,4%.

L’euro est quasi stable, à 1,0690 dollar.

PÉTROLE

Les cours du brut sont en baisse en raison des craintes pour la demande mondiale: le baril de Brent recule de 5,52% autour de 25,5 dollars tandis que celui du brut léger américain perd plus de 1% à 22,34 dollars.

Marc Angrand

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