March 18, 2020 / 11:14 AM / 4 months ago

France: Le HCFP n'exclut pas une contraction de l'activité plus forte que prévu

PARIS (Reuters) - La récession de l’économie française cette année pourrait être plus marquée que la contraction de 1% du produit intérieur brut (PIB) envisagée par le gouvernement du fait de l’épidémie de nouveau coronavirus en cours, prévient mercredi le Haut Conseil des finances publiques (HCFP).

“Le contexte d’incertitude exceptionnellement élevée résultant de la crise sanitaire affecte toute prévision macroéconomique d’une grande fragilité”, souligne cet organisme indépendant placé auprès de la Cour des comptes dans son avis sur le projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour 2020 qui doit être présenté dans l’après-midi en conseil des ministres.

Ce projet de budget d’urgence se fonde sur un scénario d’une contraction de 1% du PIB français cette année - ce qui constituerait seulement la quatrième baisse du PIB en France depuis 1950 - mais le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire a prévenu mardi qu’il s’agissait d’un chiffre “provisoire”.

La prévision du gouvernement “repose sur deux hypothèses fortes, celle d’un confinement limité à un mois et celle d’un retour rapide à la normale de la demande française comme étrangère, qui ne sont pas acquis, si bien que la dégradation du cadre macroéconomique pourrait être plus marquée que prévu par le PLFR pour 2020”, observe le HCFP dans son avis publié mercredi.

De ces incertitudes macroéconomiques découlent des incertitudes sur le scénario retenu pour les finances publiques, dont la prévision d’un déficit public à 3,9% du PIB en fin d’année.

Le gouvernement suppose dans ce PLFR pour 2020 que “le report (...) des cotisations sociales et de recettes fiscales pour les échéances des mois de mars et d’avril ne sera que temporaire et ne pèsera donc pas sur les recettes de l’année 2020”, note le HCFP.

Et côté dépenses, le Haut Conseil précise ne pas avoir disposé du temps nécessaire pour “évaluer le degré de réalisme des prévisions gouvernementales”.

Au total, les dépenses exceptionnelles annoncées par le gouvernement pour faire face aux conséquences de la crise sanitaire s’élèvent à 11,5 milliards d’euros (dont 8,5 milliards pour l’activité partielle, deux milliards pour les dépenses de santé et un milliard pour un fonds d’indemnisation pour les travailleurs indépendants).

Myriam Rivet, édité par Henri-Pierre André

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