March 12, 2020 / 5:32 PM / 4 months ago

La débâcle continue, Trump fait peur et la BCE déçoit

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont vécu jeudi l’une des pires séances de leur histoire, la déception qui a accueilli les décisions de la Banque centrale européenne (BCE) ayant amplifié la chute provoquée dès l’ouverture par la décision de Donald Trump d’interdire le territoire américain aux ressortissants de la majeure partie des pays de l’Union sur fond de pandémie mondiale.

Les Bourses européennes ont vécu jeudi l'une des pires séances de leur histoire. À Paris, le CAC 40 a terminé sur un repli sans précédent de 12,28%. A Londres, le FTSE 100 a perdu 10,87% et à Francfort, le Dax a reculé de 12,24%. /Photo d'archives/REUTERS/Ralph Orlowski

À Paris, le CAC 40 a terminé sur un repli sans précédent de 12,28% (565,99 points) à 4.044,26 points, au plus bas depuis la mi-2016. A Londres, le FTSE 100 a perdu 10,87% et à Francfort, le Dax a reculé de 12,24%.

L’indice EuroStoxx 50 a cédé 12,4%, le FTSEurofirst 300 11,53% et le Stoxx 600 11,48%, du jamais vu depuis sa création.

Revenu à son plus bas niveau depuis 2013, le Stoxx 600 accuse désormais un recul de plus de 30% par rapport à son pic du 19 février.

La BCE a certes annoncé une nouvelle enveloppe de 120 milliards d’euros allouée à ses achats d’actifs cette année et elle a assoupli les contraintes réglementaires imposées aux banques mais elle n’a pas modifié ses taux d’intérêt, contrairement aux attentes, et sa présidente, Christine Lagarde, s’est surtout employée à souligner la responsabilité des gouvernements de la zone euro en matière de relance budgétaire.

Elle a en outre nourri la volatilité sur le marché des emprunts d’Etat en déclarant que la BCE n’est “pas là pour réduire les spreads”, des propos qu’elle a tenté d’atténuer par la suite.

Côté, actions, l’indice de volatilité de l’EuroStoxx 50 affichait en fin de séance un bond de 36% et retrouvé son niveau de novembre 2008.

La baisse était déjà forte avant les annonces de la BCE, la décision de Donald Trump de fermer pour 30 jours les frontières des Etats-Unis aux voyageurs en provenance des 26 pays de l’espace Schengen pour lutter contre la propagation de l’épidémie ayant ravivé la peur d’une quasi-paralysie de l’économie mondiale.

A WALL STREET

Après une ouverture en baisse de plus de 7%, Wall Street réduisait ses pertes à trois heures de la clôture après l’annonce par la Réserve fédérale de New York de nouvelles opérations de refinancement destinées aux banques et d’achats de bons du Trésor.

Le Dow Jones limitait alors son repli à 4,52% tandis que le Standard & Poor’s 500 cédait 4,35% et le Nasdaq Composite 6,81%.

VALEURS

En Europe, la chute n’a épargné aucun secteur: le compartiment automobile a cédé 15,89%, celui de l’assurance 15,11%, celui des matières premières 14,4%.

L’indice Stoxx des banques de la zone euro affiche quant à lui une baisse de 16,57% sur la journée; parmi les mouvements les plus spectaculaires, Natixis a perdu 21,01%, ABN Amro 21,25% et Commerzbank 21,21%. Deutsche Bank (-18,44%) a inscrit un nouveau plus bas historique à 4,871 euros.

Le secteur du transport aérien et du tourisme a chuté de son côté de 13,15% après la décision américaine visant l’Europe.

LES INDICATEURS DU JOUR

Aux Etats-Unis, les inscriptions au chômage aux Etats-Unis ont enregistré une baisse inattendue aux Etats-Unis la semaine dernière à 211.000. Les prix à la production ont par ailleurs enregistré en février leur plus forte baisse depuis cinq ans (-0,6% sur un mois), conséquence entre autres de la chute de ceux de l’énergie.

CHANGES

La déception liée aux annonces de la BCE a fait chuter l’euro, qui accusait au moment de la clôture des Bourses européennes un repli de plus de 1,5% face au dollar, retombant sous 1,11.

Les cambistes se sont repliés notamment sur le dollar: l’indice qui mesure les fluctuations du billet vert face à un panier de référence, prend 1,12%.

TAUX

La deuxième partie de la séance a été agitée sur les marchés de la dette souveraine en zone euro après les décisions de la BCE et les propos de Christine Lagarde sur les spreads: les rendements des dettes des pays jugés les plus fragiles ont fortement augmenté, celui des titres italiens à dix ans prenant jusqu’à 60 points de base pour atteindre, autour de 1,88%, son plus haut niveau depuis juillet. Il est ainsi revenu vers 1,75%.

Son équivalent allemand, lui, a fluctué entre -0,802% et -0,709% pour finir la séance à -0,759%.

Sur le marché américain, le rendement des Treasuries à dix ans chute de plus de 11 points à 0,708%.

PÉTROLE

La décision de Donald Trump visant les voyageurs en provenance d’Europe nourrit la chute des cours du pétrole en s’ajoutant à la perspective d’une augmentation de la production de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis:

Le Brent perd 5,81% à 33,71 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 4,03% à 31,65 dollars.

Marc Angrand, édité par Jean-Michel Bélot

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