March 12, 2020 / 12:43 PM / 4 months ago

L'isolationnisme de Trump nourrit la chute des actions

PARIS (Reuters) - Wall Street devrait poursuivre sa chute et les Bourses européennes évoluent au plus bas depuis près de quatre ans à mi-séance jeudi, la fermeture des frontières américaines aux voyageurs en provenance de la quasi-totalité de l’Europe alimentant les craintes de récession mondiale sans apaiser celle d’une poursuite de la propagation de l’épidémie de coronavirus.

Les Bourses européennes évoluent au plus bas depuis près de quatre ans à mi-séance jeudi. A Paris, le CAC 40 perd 6,04% à 4.331,67 points vers 11h40 GMT, à Londres, le FTSE 100 cède 5,69% et à Francfort, le Dax recule de 6,02%. /Photo prise le 12 mars 2020/REUTERS/Staff

Dans ce contexte, les investisseurs attendent avec fébrilité les décisions que s’apprête à détailler la Banque centrale européenne (BCE) pour soutenir l’activité et prévenir un choc de crédit et une multiplication des défaillances d’entreprise.

Les contrats à terme sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en repli de 4% à 5% après un repli de même ampleur la veille, qui a enfoncé les marchés actions américains en “bear market” (marché baissier), soit plus de 20% en dessous de leurs plus hauts de février.

Le “bear market” est aussi confirmé en Europe: à Paris, le CAC 40 perd 6,04% à 4.331,67 points vers 11h40 GMT après être tombé en matinée à 4.281,17, son plus bas niveau depuis l’été 2016. A Londres, le FTSE 100 cède 5,69% et à Francfort, le Dax recule de 6,02%.

L’indice EuroStoxx 50 est en baisse de 5,95%, le FTSEurofirst 300 de 5,81% et le Stoxx 600 de 5,98%. Ce dernier accuse désormais un repli de plus de 27% par rapport à son record du 19 février dernier.

L’indice de volatilité de l’EuroStoxx 50 bondit de plus de 15% et a touché un nouveau plus haut depuis 2008.

En fermant pour 30 jours à compter de samedi les frontières des Etats-Unis aux voyageurs en provenance des 26 pays de l’espace Schengen pour lutter contre la propagation de l’épidémie, Donald Trump a en effet ravivé la peur d’une quasi-paralysie de l’économie mondiale.

“Tous les signes montrent que les investisseurs se préparent au pire des scénarios, dans lequel la propagation du coronavirus devient explosive et conduit à une récession globale, à la fermeture des grands centres urbains et à un assèchement brutal du crédit”, résume dans une note Masanari Takada, stratège macro de Nomura.

A court terme, les marchés placent des espoirs prudents dans les conclusions de la réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE, attendues à 12h45 GMT: après les baisses d’un demi-point des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine, de la Banque du Canada et de la Banque d’Angleterre, l’institution dirigée par Christine Lagarde pourrait enfoncer un peu plus son taux de dépôt en territoire négatif et surtout assouplir les règles prudentielles imposées aux banques de la zone euro.

VALEURS EN EUROPE

En Europe, le secteur du transport aérien et du tourisme est sans surprise le plus affecté par la décision de Washington: son indice Stoxx chute de 9,72%, Air France-KLM de 6,72%, Lufthansa de 7,48%, IAG (British Airways et Iberia) de 7,11% et le tour-opérateur TUI de 14,39%.

Mais les baisses sont à peine moins marquées pour le compartiment automobile (-7,74%), celui des matières premières (-7,80%) ou pour les banques (-6,87%).

La plus forte baisse du Stoxx 600 concerne l’exploitant britannique de salles de cinéma Cineworld, dont le cours s’effondre de 43,7%; la société a averti qu’une prolongation de l’épidémie pourrait compromettre la poursuite de ses activités.

A Paris, toutes les valeurs du CAC 40 évoluent dans le rouge, les reculs les plus marqués touchant l’hôtelier Accor (-10,36%), l’avionneur Airbus (-9,49%) et le sidérurgiste ArcelorMittal (-9,17%).

TAUX Les rendements obligataires poursuivent leur baisse, l’anticipation de mesures d’assouplissement des politiques monétaires se conjuguant à l’aversion au risque: celui des titres allemands à dix ans cède près de quatre points de base à -0,78% et le deux ans est retombé sous -1% pour inscrire un plus bas historique à -1,04%.

Parallèlement, le taux d’inflation “à cinq ans dans cinq ans”, un baromètre très suivi des anticipations d’inflation, est tombé sous 1%.

Les marchés ont déjà intégré une réduction de 10 points de base du taux de dépôt de la BCE même si certains analystes ne cachent pas leur scepticisme quant à l’efficacité d’une telle mesure.

CHANGES Sans surprise, les devises refuges profitent une nouvelle fois de l’aversion au risque même si le dollar repart à la hausse après avoir cédé du terrain en début de journée.

Le yen s’apprécie ainsi de près de 0,8% face au billet vert et de 1% face à l’euro.

L’”indice dollar”, qui mesure les fluctuations du billet vert face à un panier de référence, progresse de 0,44% après avoir cédé jusqu’à plus de 0,4%.

L’euro se traite autour de 1,1230 dollar, en baisse d’environ 0,3%, avant les annonces de la BCE.

PÉTROLE

La décision de Donald Trump de fermer les aéroports américains aux voyageurs européens provoque un nouveau repli des cours du pétrole, amplifié par les décisions de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis d’augmenter leur production.

Le Brent abandonne 7,38% à 33,15 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 6,37% à 30,88 dollars. L’un et l’autre évoluent désormais près de 50% en dessous de leur plus haut de janvier.

Marc Angrand, édité par Blandine Hénault

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below