February 5, 2020 / 11:11 AM / 5 months ago

Engie: Un conseil extraordinaire convoqué jeudi, Kocher menacée

PARIS (Reuters) - Un conseil d’administration extraordinaire d’Engie est convoqué jeudi pour se prononcer sur l’avenir de la directrice générale du géant de l’énergie Isabelle Kocher, a-t-on appris mercredi de sources au fait du dossier.

Un conseil d'administration extraordinaire d'Engie est convoqué jeudi pour se prononcer sur l'avenir de la directrice générale du géant de l'énergie Isabelle Kocher (photo), a-t-on appris mercredi de sources au fait du dossier. /Photo d'archives/REUTERS/Benoit Tessier

Selon une source proche du conseil, l’instance se réunira après un comité des nominations et décidera très probablement de ne pas renouveler le mandat d’Isabelle Kocher. “L’Etat s’est positionné : Kocher dehors”, a ajouté cette source.

Le ministère des Finances a cependant fait savoir que l’Etat français, premier actionnaire d’Engie avec environ 24% du capital, exprimerait sa position jeudi lors du conseil, dont la tenue a été confirmée par la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye.

Le quotidien Les Echos avait auparavant rapporté qu’Isabelle Kocher “ne devrait pas être renouvelée” et que le président du conseil d’Engie Jean-Pierre Clamadieu “devrait assurer la direction générale par intérim en attendant de lui trouver un(e) successeur(e)”.

Un porte-parole du groupe n’a pas souhaité commenter ces informations.

Le ministre de l’Economie et des Finances Bruno le Maire a déclaré mardi que l’Etat prendrait sa décision sur l’avenir d’Isabelle Kocher “uniquement” au regard de critères économiques.

Engie devait à l’origine se prononcer fin février sur la reconduction ou non de la dirigeante, en poste depuis 2016 et dont le mandat arrive à échéance en mai.

Mais, selon plusieurs sources au fait du dossier, les relations entre Isabelle Kocher et Jean-Pierre Clamadieu se sont dégradées à un tel point ces dernières semaines que le groupe a décidé d’accélérer sa décision.

Des sources internes à Engie et des observateurs du groupe indiquent que l’Etat, qui peut se désengager du capital depuis le vote de la loi Pacte, reproche à Isabelle Kocher de s’être entourée d’une équipe dirigeante manquant d’envergure et d’avoir informé trop tardivement le conseil de certaines décisions et orientations stratégiques.

DÉJÀ DES NOMS DE CANDIDATES POTENTIELLES

La progression du cours de Bourse de l’entreprise sous son mandat (+13% environ), jugée trop modeste, est elle aussi invoquée comme motif de son éviction.

La source proche du conseil d’Engie interrogée par Reuters a précisé que le comité des nominations n’était pas encore saisi de la succession à Isabelle Kocher, confirmant que Jean-Pierre Clamadieu assurerait probablement la direction générale au moins jusqu’à l’assemblée générale des actionnaires, programmée le 14 mai.

La gouvernance d’Engie est devenue ces derniers mois un sujet politiquement sensible pour le gouvernement, en particulier parce qu’Isabelle Kocher est la seule femme à la tête d’une entreprise du CAC 40.

Alors que des rumeurs sur son éviction potentielle ont commencé à circuler fin 2019, des salariés du groupe ont publiquement pris position en faveur de son maintien et, plus récemment, des personnalités du monde des affaires lui ont apporté leur soutien - dont Anne Hidalgo, Xavier Bertrand ou encore Cédric Villani et Aurore Bergé -, ce que la présidence d’Engie et l’Etat auraient très mal perçu.

Dans un entretien au Journal du Dimanche, la directrice générale a cependant affirmé début février sa confiance dans le conseil d’administration pour la reconduire dans ses fonctions et assuré que “rien” dans ses relations avec l’Etat actionnaire ne lui permettait de penser qu’elle n’était pas soutenue.

Selon des sources internes à Engie ou proches du groupe, plusieurs noms de candidates potentielles à la direction générale d’Engie, en interne ou venant de l’externe, circulent d’ores et déjà.

Isabelle Kocher, après avoir déjà entretenu des relations tendues avec l’ancien président d’Engie Gérard Mestrallet, a régulièrement estimé ces dernières années qu’elle était la cible de critiques en raison du virage stratégique qu’elle a fait prendre au groupe.

Sous sa direction, Engie a procédé à quelque 15 milliards d’euros d’actifs sur la période 2016-2018, principalement dans la production d’électricité à partir de charbon et dans l’amont pétrolier et gazier, et a donné la priorité aux énergies renouvelables, aux infrastructures gazières et aux services.

Avec Leigh Thomas et Gwenaëlle Barzic, édité par Jean-Michel Bélot

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