January 27, 2020 / 12:36 PM / 4 months ago

Les investisseurs fuient le risque face à l'épidémie en Chine

PARIS (Reuters) - Wall Street est attendue en baisse marquée lundi et les Bourses européennes sont en net recul à mi-séance, la propagation ininterrompue du coronavirus chinois nourrissant l’aversion au risque en favorisant notamment des prises de profit sur les actions après leurs récents plus hauts.

Wall Street est attendue en baisse marquée lundi et les Bourses européennes sont en net recul à mi-séance. À Paris, le CAC 40 perd 2,18% vers 12h00 GMT. A Londres, le FTSE 100 cède 2,28% et à Francfort, le Dax recule de 2,24%. /Photo d'archives/REUTERS/Ralph Orlowski

Les contrats à terme sur les principaux indices new-yorkais signalent une ouverture en repli de plus de 1%.

À Paris, le CAC 40 perd 2,18% à 5.892,94 points vers 12h00 GMT, au plus bas depuis le 12 décembre. A Londres, le FTSE 100 cède 2,28% et à Francfort, le Dax recule de 2,24%.

L’indice EuroStoxx 50 est en baisse de 2,08%, le FTSEurofirst 300 de 1,96% et le Stoxx 600 de 1,95%, au plus bas depuis trois semaines.

Le bilan de l’épidémie de coronavirus en Chine s’est alourdi à 81 morts selon le dernier décompte rendu public par Pékin, qui a prolongé de trois jours les vacances du Nouvel An et annulé tous les voyages touristiques organisés à l’étranger. Une dizaine d’autres pays sont touchés par le coronavirus, dont la France, où les trois personnes infectées ne suscitent plus d’inquiétude.

Cette crise sanitaire internationale affecte une large majorité des actifs à risque, actions et matières premières en tête, et elle tombe particulièrement mal pour la Chine, qui semblait avoir endigué la dégradation de son économie.

“Les marchés étaient exposés à un risque de correction au vu de signes d’exubérance comme une dynamique de cours soutenue, des valorisations élevées et un positionnement de surpondération, mais une pandémie fait rarement partie des catalyseurs négatifs a priori”, commentent les stratèges de JPMorgan dans leur note hebdomadaire en évoquant un risque de “choc régional plus que mondial”.

Les craintes liées à l’épidémie l’emportent en tout cas pour l’instant largement, aux yeux de la plupart des observateurs, sur les grands rendez-vous des prochains jours, qu’il s’agisse des réunions de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine et de la Banque d’Angleterre ou des multiples publications de résultats à venir aux Etats-Unis et en Europe.

Dans ce contexte, la baisse inattendue de l’indice Ifo du climat des affaires en Allemagne a à peine amplifié un repli déjà marqué.

VALEURS EN EUROPE

Le mouvement général de baisse lié au risque sanitaire chinois touche logiquement le secteur du transport aérien et du tourisme (-2,66%) et celui du luxe (-2,47%), les plus concernés à court terme par les restrictions de circulation décidées par Pékin, mais aussi les compartiments exposés à plus long terme à l’impact économique global de l’épidémie: l’indice Stoxx des matières premières cède 3,7% et celui de l’automobile 2,41%.

Au sein du CAC 40, les plus fortes baisses touchent Hermès (-5,12%), STMicroelectronics (-5,01%), TechnipFMC (-3,74%) et Arcelormittal (-3,77%).

Parmi les rares hausses marquantes à Paris, Altran gagne 1,31% après l’annonce du succès de l’offre d’achat de Capgemini (-1,60%).

TAUX

Le repli sur les actifs jugés les plus sûrs se traduit sans surprise par une baisse marquée des rendements des emprunts d’Etat: celui des Treasuries à dix ans recule de six points de base à 1,6269%, celui du Bund allemand de même échéance de plus de trois points à -0,361%, au plus bas depuis deux mois.

Le recul est encore plus marqué pour les rendements italiens (-17,8 points à 1,054% pour le dix ans) au lendemain de la défaite de la Ligue aux élections régionales d’Emilie-Romagne, qui conforte le gouvernement actuel et affaiblit le dirigeant d’extrême droite Matteo Salvini.

A noter aussi, la forte baisse du rendement à dix ans grec, qui a touché son plus bas niveau depuis fin octobre à 1,176% après le relèvement de la note souveraine d’Athènes par Fitch, à BB contre BB-.

CHANGES

Sur le marché des devises, le yuan cède 0,78% face au dollar pour retomber à son niveau de fin décembre. D’autres monnaies exposées au marché chinois et à l’évolution des prix des matières premières souffrent elles aussi, comme le dollar australien (-0,78%).

La fermeture des marchés en Chine, à Hong Kong, à Singapour et en Australie pour des jours fériés favorise la volatilité.

Le dollar américain est stable face à un panier de devises de référence et l’euro se traite autour de 1,1025.

PÉTROLE

Le marché pétrolier amplifie sa baisse, ramenant le prix du baril de Brent sous le seuil de 60 dollars pour la première fois depuis près de trois mois: en repli de 3%, il se traite à 58,87 dollars à la mi-journée en Europe tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 3,08% à 52,52 dollars, au plus bas depuis la mi-octobre.

MÉTAUX

Les cours des métaux de base industriels souffrent des craintes d’une baisse marquée de la demande chinoise: celui du cuivre, en baisse pour la neuvième séance d’affilée, perd près de 2%, au plus bas depuis près de huit semaines, et celui du nickel recule de plus de 3%. A l’opposé, l’or profite de son statut de valeur refuge avec une hausse de près de 1% à 1 582,48 dollars l’once, à un pic de trois semaines.

Marc Angrand

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