October 30, 2019 / 3:24 PM / 15 days ago

USA: La croissance reste soutenue par la consommation

WASHINGTON (Reuters) - La croissance de l’économie américaine a ralenti moins qu’attendu au troisième trimestre, le soutien de la consommation des ménages et le rebond des exportations ayant compensé le recul de l’investissement des entreprises, montre mercredi la première estimation du produit intérieur brut (PIB), qui pourrait apaiser en partie les craintes de récession.

La croissance de l'économie américaine a ralenti moins qu'attendu au troisième trimestre, le soutien de la consommation des ménages et le rebond des exportations ayant compensé le recul de l'investissement des entreprises, montre mercredi la première estimation du produit intérieur brut (PIB), qui pourrait apaiser en partie les craintes de récession. /Photo prise le 16 avril 2019/REUTERS/Tim Aeppel

Les chiffres publiés par le département du Commerce ne devraient pas pour autant dissuader la Réserve fédérale d’annoncer une nouvelle baisse de taux face aux risques qui pèsent sur la croissance, à commencer par les tensions commerciales internationales, le ralentissement de l’économie mondiale et les incertitudes liées au Brexit.

La Fed doit annoncer sa décision sur les taux à 18h00 GMT et les marchés anticipent une nouvelle baisse d’un quart de point de l’objectif de taux des fonds fédéraux, qui serait la troisième depuis fin juillet.

“Rien dans le rapport d’aujourd’hui ne surprendra la Fed”, a commenté Sal Guatieri, économiste senior de BMO Capital Markets. “La faiblesse de l’investissement des entreprises liée à la guerre commerciale va justifier une troisième baisse de taux. Mais la vigueur persistante de la consommation pourrait lui donner une raison de faire une pause lors de ses prochaines réunions.”

Le PIB des Etats-Unis a progressé de 1,9% en rythme annualisé sur la période juillet-septembre après +2,0% sur les trois mois précédents. Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne un chiffre de 1,6%.

Les économistes estiment entre 1,7% et 2% le rythme de croissance tenable sur une longue période sans risque inflationniste.

La phase d’expansion en cours aux Etats-Unis est désormais dans sa onzième année consécutive, une durée inhabituelle qui a nourri les craintes de récession ces derniers mois même si celles-ci ont reflué avec l’annonce d’une trêve commerciale entre les Etats-Unis et la Chine.

BAISSE DE 3% DE L’INVESTISSEMENT DES ENTREPRISES

Malgré le chiffre meilleur qu’attendu publié mercredi, la croissance américaine devrait rester inférieure en 2019 à l’objectif de 3% de l’administration Trump, comme ce fut le cas l’an dernier avec une hausse de 2,9% du PIB.

Le dollar a gagné du terrain sur le marché des devises après la publication du rapport du département du Commerce tandis que le rendement des bons du Trésor à dix ans inscrivait un pic à 1,851% avant de se replier à 1,812%.

La croissance de la consommation des ménages, qui représente plus de deux tiers de l’activité économique globale aux Etats-Unis, a ralenti à 2,9% en rythme annualisé après +4,6% au deuxième trimestre.

Si la consommation profite notamment d’une situation de quasi plein emploi, certains économistes s’interrogent sur sa capacité à maintenir un rythme soutenu, notamment après l’annonce d’une baisse des ventes au détail en septembre, leur premier recul en sept mois.

Parallèlement, la confiance du consommateur tend à se dégrader et la progression des salaires ralentit: le revenu disponible des ménages a progressé de 4,5% au troisième trimestre après +4,8% au deuxième.

L’investissement des entreprises a reculé de 3,0%, sa plus forte contraction en rythme annualisé depuis plus de trois ans et demi, après -1,0% sur avril-juin.

Les exportations ont augmenté de 0,7% après une chute de 5,7% au deuxième trimestre tandis que les importations progressaient de 1,2%, comme sur les trois mois précédents. Ces chiffres se soldent par une contribution négative de 0,08 point de pourcentage du commerce extérieur à l’évolution du PIB au troisième trimestre, après -0,68 point sur avril-juin.

La contribution de la variation des stocks des entreprises à l’évolution du PIB ressort à -0,05 point après -0,91 point au deuxième trimestre.

Les dépenses publiques, qui avaient enregistré sur avril-juin leur plus forte croissance depuis dix ans, ont ralenti sur les trois mois suivants. Les dépenses de construction, elles, ont rebondi de 5,1% après six trimestres consécutifs de contraction.

Lucia Mutikani, version française Marc Angrand, édité par Jean-Michel Bélot

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