October 28, 2019 / 2:06 PM / 23 days ago

Tiffany a reçu une proposition de LVMH, s'envole en Bourse

par Sarah White et Marc Angrand

Tiffany a annoncé lundi avoir reçu une proposition non sollicitée et non contraignante de LVMH à 120 dollars par action, réagissant ainsi aux déclarations faites plus tôt par le géant du luxe français disant qu'il avait démarché le joaillier américain en vue d'une éventuelle offre. /Photo prise le 27 octobre 2019/REUTERS/Eric Gaillard

PARIS (Reuters) - Tiffany a annoncé lundi avoir reçu une proposition non sollicitée et non contraignante de LVMH à 120 dollars par action, réagissant ainsi aux déclarations faites plus tôt par le géant du luxe français disant qu’il avait démarché le joaillier américain en vue d’une éventuelle offre.

Le prix mis sur la table par LVMH représente une prime de 22% par rapport au cours de clôture de l’action de Tiffany de vendredi, selon les calculs de Reuters.

Dans un communiqué, Tiffany déclare que son conseil d’administration examine “attentivement” la proposition de LVMH avec l’aide de conseillers financiers et juridiques indépendants.

“Les actionnaires de Tiffany ne doivent rien décider à ce stade”, poursuit le groupe, ajoutant que les parties n’étaient pas “en discussions”.

Quelques instants après l’ouverture de la Bourse de New York, Tiffany, déjà en hausse de plus de 22% depuis le début de l’année au cours de clôture de vendredi, bondissait d’environ 28,8% à 126,95 dollars, évoluant ainsi au-dessus du prix avancé par LVMH, ce qui suggère que ce dernier devra surenchérir pour l’emporter.

Dans la foulée de la confirmation par le groupe français de son intérêt pour Tiffany, plusieurs analystes ont estimé que Tiffany devrait rejeter une éventuelle offre d’achat à 120 dollars par action et que LVMH pourrait sans difficulté améliorer sa proposition.

Credit Suisse voit ainsi l’offre “rapidement atteindre 140 dollars”, ce qui correspondrait au récent plus haut de l’action du groupe américain et à une valorisation d’environ 17 milliards de dollars.

LVMH, propriétaire entre autres des marques Louis Vuitton et Bulgari, a dit avant l’ouverture de la Bourse avoir approché Tiffany, réagissant un jour après que Reuters, citant des sources, a évoqué la possibilité d’une telle transaction.

“Il n’y a aucune certitude à ce stade que ces discussions puissent aboutir à un accord”, a ajouté LVMH dans un bref communiqué.

Le cas échéant, ce serait la plus grosse acquisition de l’histoire de LVMH, dont la trésorerie est abondante. Le groupe dirigé par le milliardaire Bernard Arnault n’a dévoilé aucun détail financier.

D’AUTRES OPÉRATIONS EN VUE SI LVMH RACHÈTE TIFFANY-ANALYSTES

Tiffany, maison fondée en 1837 et dont la célébrité a atteint des sommets avec le film, sorti en 1961, “Diamants sur canapé” de Blake Edwards tiré du livre du même nom de Truman Capote, enregistre à ce stade une progression de 22,4% de son action depuis le début de l’année à ce stade après un recul de 22,6% en 2018.

Le joaillier pâtit, comme d’autres, de la guerre commerciale sino-américaine, qui voit les touristes chinois dépenser moins à l’étranger.

Comme ses rivaux, Tiffany essaie de se développer davantage en Chine continentale pour tenter de profiter de la tendance des consommateurs de la deuxième économie mondiale à dépenser davantage dans leur propre pays.

Selon des sources, Tiffany pourrait refuser de négocier le moindre accord, ce qui contraindrait LVMH à relever son offre.

“LVMH a largement les moyens financiers d’une telle acquisition et nous en attendons d’importantes synergies financières et stratégiques”, ont dit les analystes de Cowen dans une note.

Après avoir gagné près de 1,5% en début de séance, le titre LVMH progresse encore, à 14h55, de 0,27% à 385 euros, en ligne avec le CAC 40 (+0,34%).

Tout le secteur du luxe et de la joaillerie européen bénéficie de la perspective d’une consolidation du secteur, le titre Richemont, numéro deux mondial derrière LVMH, gagnant 2%, Salvatore Ferragamo 3%, Swatch près de 1% et Pandora 1%.

JPMorgan juge que LVMH est l’acteur européen du secteur le mieux placé pour réussir un redressement de Tiffany, ajoutant qu’une telle acquisition dissuaderait sans doute le groupe français de réaliser d’autres acquisitions importantes “au moins pour longtemps” sans l’empêcher de se lancer dans des opérations de plus petite taille.

L’intermédiaire pense également que ce rachat pourrait inciter d’autres conglomérats du secteur à se lancer eux aussi dans des opérations de croissance externe.

Avec les contributions de Sudip Kar-Gupta, Benoit Van Overstraeten et Nicolas Delame, édité par Jean-Michel Bélot

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