October 2, 2019 / 4:21 PM / a month ago

Le repli s'accentue, les déceptions s'accumulent

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont vécu mercredi l’une de leurs pires journées de l’année, les signes de ralentissement de la croissance apparus ces derniers jours attisant les craintes de récession, s’ajoutant à l’incertitude persistante sur le Brexit et aux tensions commerciales internationales.

Les Bourses européennes ont vécu mercredi l'une de leurs pires journées de l'année. À Paris, le CAC 40 affiche en clôture une baisse de 3,12%. A Londres, le FTSE 100 a perdu 3,23% et à Francfort, le Dax a reculé de 2,76%. /Photo d'archives/REUTERS/Toby Melville

À Paris, le CAC 40 affiche en clôture une baisse de 3,12% (174,86 points) à 5422,77 points, la plus forte en pourcentage sur une séance depuis le 2 août, qui le ramène au plus bas depuis le 29 août. A Londres, le FTSE 100 a perdu 3,23% et à Francfort, le Dax a reculé de 2,76%.

L’indice EuroStoxx 50 a cédé 2,98%, le FTSEurofirst 300 2,65% et le Stoxx 600 2,7%, sa plus mauvaise performance depuis décembre dernier.

Au moment de la clôture en Europe, Wall Street évoluait elle aussi dans le rouge, le Dow Jones cédant 1,86%, le Standard & Poor’s 500 1,76% et le Nasdaq Composite 1,76%. Le S&P 500 évolue au plus bas depuis le 28 août et accuse une baisse de plus de 4,5% par rapport à son record du 26 juillet.

Ce repli des grands indices s’accompagne d’une poussée de volatilité: l’indice Vix américain est au plus haut depuis plus d’un mois, tout comme son équivalent pour la zone euro.

Au lendemain de la publication d’un indice ISM manufacturier qui traduit une contraction de l’activité du secteur aux Etats-Unis en septembre, l’enquête ADP sur l’emploi montre que le secteur privé américain a créé 135.000 emplois en septembre, un chiffre inférieur aux attentes (le consensus Reuters en donnait 140.000) qui tend à confirmer la tendance au ralentissement du marché du travail.

Sur le front des tensions commerciales, alors que l’heure est à l’accalmie entre les Etats-Unis et la Chine, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a autorisé officiellement Washington à appliquer des droits de douane sur 7,5 milliards de dollars d’importations de l’Union européenne par an, une décision liée au conflit sur les aides publiques à Airbus.

La dégradation des perspectives économiques favorise celle des estimations de bénéfices des sociétés cotées: le consensus Refinitiv anticipe désormais une baisse de 2,3% sur un an des profits du S&P 500 au troisième trimestre, et de 2,2% pour ceux du Stoxx 600.

VALEURS

Tous les grands secteurs de la cote européenne ont fini la journée en territoire négatif dans le rouge, les baisses les plus marquées touchant les matières premières (-3,22%) et la construction (-3,29%).

A Paris, ArcelorMittal a perdu 6,21%, la plus forte baisse du CAC 40, et Saint-Gobain 3,92%.

Suez a chuté de 7,01% après la présentation de son plan stratégique, jugé peu précis sur les perspectives de croissance du dividende. Oddo BHF a abaissé sa recommandation à “neutre” contre “acheter”.

TAUX

Le recul marqué des actions favorise le repli sur les emprunts d’Etat américains, ce qui se traduit par une baisse marquée des rendements, de près de quatre points de base à 1,5992% pour le dix ans, au plus bas depuis le 9 septembre.

La tendance a été très différente en Europe, où le rendement du Bund à dix ans prenait plus de deux points en fin de séance à -0,55%. Cette évolution paradoxale s’explique, selon des analystes, par l’impression que la Banque centrale européenne (BCE) risque de ne plus pouvoir prendre de nouvelles initiatives pour soutenir l’économie.

Ce sentiment, déjà perceptible ces derniers jours, a été nourri par le discours prononcé mardi soir par Mario Draghi, le président de la BCE, appelant une nouvelle fois les gouvernements de la zone euro à prendre le relais de la politique monétaire.

OR

Comme les Treasuries, l’or profite du regain d’aversion au risque: le cours de l’once de métal jaune sur le marché “spot” prend plus de 1,5% et a repassé le seuil des 1.500 dollars.

CHANGES

Le dollar cède du terrain face à l’euro et au yen, dans le sillage de Wall Street et des rendements des Treasuries: en hausse en début de journée, l’”indice dollar” mesurant les fluctuations du billet vert face à un panier de devises de référence abandonne autour de 0,1%.

L’euro en profite pour remonter à plus de 1,0950 dollar.

La livre sterling a effacé ses pertes après avoir passé l’essentiel de la séance en territoire négatif, les cambistes doutant de la capacité de Boris Johnson, le Premier ministre britannique, à aboutir à un compromis avec Bruxelles sur la base de ses dernières propositions en date.

PÉTROLE

Les cours du pétrole ont amplifié leur recul après l’annonce par l’Energy Information Administration (EIA) d’une hausse plus importante qu’attendu des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine dernière.

Le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 2,42% à 52,32 dollars et le Brent 2,43% à 57,46 dollars.

A SUIVRE JEUDI

La journée de jeudi permettra d’en savoir plus sur le risque d’une propagation de la récession du secteur manufacturier à celui des services, grâce aux résultats définitifs des enquêtes PMI en Europe et à l’ISM aux Etats-Unis.

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