October 2, 2019 / 11:51 AM / 12 days ago

Nouveau repli en vue à Wall St, l'Europe creuse ses pertes

PARIS (Reuters) - Wall Street devrait poursuivre son repli mercredi, comme le font à mi-séance les principales Bourses européennes, ramenées à leur plus bas niveau depuis un mois par le regain marqué d’inquiétude pour la croissance économique mondiale.

Les Bourses en Europe restent dans le rouge à mi-séance. A Paris, le CAC 40 perd 1,76% à 5499,31 points vers 11h15 GMT. À Francfort, le Dax cède 1,46% et à Londres, le FTSE 100 recule de 2,07%. /Photo d'archives/REUTERS/Ralph Orlowski

Les contrats à terme sur les principaux indices new-yorkais signalent une ouverture en baisse de 0,4% à 0,6%.

A Paris, le CAC 40 perd 1,76% à 5499,31 points vers 11h15 GMT, au plus bas depuis le 2 septembre. À Francfort, le Dax cède 1,46% et à Londres, le FTSE 100 recule de 2,07%. L’indice paneuropéen FTSEurofirst 300 est en baisse de 1,65%, l’EuroStoxx 50 de la zone euro de 1,48% et le Stoxx 600 de 1,62%.

Ce repli s’accompagne d’un regain de volatilité: l’indice mesurant celle de l’EuroStoxx 50 évolue au plus haut depuis fin août et le Vix américain au plus haut depuis début septembre.

Les indices PMI manufacturiers européens et l’indice ISM industriel américain ont ravivé mardi les craintes d’un impact douloureux des tensions commerciales internationales sur l’économie. A ces indicateurs est venue s’ajouter la révision à la baisse des prévisions de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et des grands instituts économiques allemands.

“Notre scénario central prévoit que les tensions commerciales vont rester élevées et nous nous attendons à ce que la croissance mondiale revienne en 2020 à son plus bas niveau depuis la grande crise financière”, explique Mark Haefele, directeur des investissements d’UBS Global Wealth Management, dans une note.

Les investisseurs attendent donc avec appréhension les résultats de l’enquête mensuelle d’ADP sur l’emploi dans le secteur privé aux Etats-Unis, prélude au rapport mensuel du département du Travail prévu vendredi, déjà considéré comme crucial pour l’évolution de la politique monétaire de la Réserve fédérale.

Du côté des autres banques centrales, les déclarations en faveur d’une augmentation du soutien à l’économie, monétaire comme budgétaire, continuent de se multiplier: mardi soir à Athènes, Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), a plaidé en faveur d’un plan d’investissement à l’échelle de la zone euro qui serait selon “la réponse la plus efficace” aux difficultés actuelles. Et mercredi, Andrea Maechler, l’une des membres de la direction de la Banque nationale suisse (BNS), a souligné la nécessité d’une poursuite de politiques monétaires ultra-accommodantes.

La dégradation des perspectives économiques favorise logiquement celle des perspectives de bénéfices des sociétés cotées: le consensus Refinitiv anticipe désormais une baisse de 2,2% des profits du Stoxx 600 au troisième trimestre, contre -1,9% il y a une semaine.

VALEURS EN EUROPE

Tous les grands secteurs de la cote européenne évoluent dans le rouge, les baisses les plus marquées touchant des compartiments cycliques comme les matières premières (-3,04%) ou la construction (-2,21%).

A Paris, ArcelorMittal cède 3,63%, la plus forte baisse du CAC.

Suez perd 5,65% après la présentation de son plan stratégique prévoyant un milliard d’euros d’économies à l’horizon 2023 mais peu précis sur les perspectives de croissance du dividende. Oddo BHF a abaissé sa recommandation à “neutre” contre “acheter”.

Airbus abandonne 0,86%. L’OMC doit annoncer officiellement à 14h00 GMT qu’elle donne son feu vert à des droits de douane américains sur plusieurs milliards de dollars de produits européens pour sanctionner des aides publiques au groupe jugées illégales.

Unique hausse du CAC, Pernod Ricard prend 1,04% grâce au relèvement du conseil de Jefferies, passé à l’achat.

Ailleurs en Europe, on note surtout le bond de 17,9% de Flutter Entertainment, l’ex-Paddy Power Betfair, après l’annonce d’une fusion avec le canadien Poker Stars, qui doit créer le numéro un mondial des paris en ligne.

TAUX

Alors que la baisse des actions et les perspectives conjoncturelles sombres devraient favoriser leur baisse, les rendements des emprunts d’Etat de référence de la zone euro sont en hausse, signe que les marchés doutent désormais de la capacité des banques centrales à assurer seules le soutien nécessaire à l’économie.

Celui du Bund allemand à dix ans prend 1,5 point de base à -0,539%, son équivalent français point remonte d’autant à -0,2439%.

Les craintes d’un ralentissement marqué de la croissance se traduisent aussi par une nouvelle baisse des anticipations d’inflation: le taux “à cinq ans dans cinq ans”, principal baromètre des anticipations à long terme d’évolution des prix dans la zone euro, est tombé à son plus bas niveau depuis juin à 1,1434%. Il a perdu près de 17 points de base depuis la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) du 12 septembre.

Sur le marché américain, le rendement à dix ans recule de deux points à 1,6232% et le deux ans de plus de quatre points à 1,51%.

CHANGES

Stable en début de journée face à un panier de devises de référence, le dollar est reparti à la hausse, porté par son statut de valeur refuge en période d’incertitude économique: il s’apprécie de 0,17%, sans toutefois remonter jusqu’au pic de près de deux ans et demi atteint mardi.

L’euro se négocie autour de 1,0930 dollar.

La livre sterling recule de 0,4% face au scepticisme que suscitent les nouvelles propositions de Boris Johnson, le Premier ministre britannique, sur le mécanisme censé se substituer au “backstop” irlandais après le Brexit.

PÉTROLE

Les cours du brut évoluent en ordre dispersé dans l’attente des chiffres hebdomadaires de l’Energy Information Administration (EIA) américaine sur les stocks aux Etats-Unis, prévus à 14h30 GMT.

Si le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI), en hausse de 0,19% à 53,72 dollars après six séances consécutives de baisse, a trouvé un soutien dans les statistiques de l’American Petroleum Institute (API) montrant une baisse inattendue des réserves, le Brent reste dans le rouge et abandonne 0,25% à 58,74 dollars le baril.

Marc Angrand, édité par Sophie Louet

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