September 21, 2019 / 1:54 PM / 2 months ago

Faillite de Thomas Cook, des centaines de milliers de touristes bloqués

LONDRES (Reuters) - Le sort de quelque 600.000 touristes dans le monde était en suspens lundi après la faillite du voyagiste britannique Thomas Cook, la plus vieille agence de voyages de la planète dont les 22.000 employés sont aujourd’hui menacés.

Le sort de quelque 600.000 touristes dans le monde était en suspens lundi après la faillite du voyagiste britannique Thomas Cook, la plus vieille agence de voyages de la planète dont les 22.000 employés sont aujourd'hui menacés. /Photo d'archives/REUTERS/Thomas White

Environ 10.000 Français actuellement en voyage sont concernés, selon Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du voyage (le syndicat de la profession) qui s’exprime lundi dans Le Figaro. D’autres avaient versé des acomptes.

“Il s’agit des clients de la filiale française du voyagiste Thomas Cook qui est indépendante, c’est donc la loi française qui va s’appliquer et elle protège les clients”, précise-t-il.

La législation européenne prévoit le retour des vacanciers en cas de faillite mais aussi le remboursement des acomptes versés par ceux qui ne sont pas encore partis. Thomas Cook France précise dans un communiqué que les remboursements débuteront dès qu’elle sera placée en cessation de paiements.

Pour les plus de 150.000 touristes britanniques actuellement à l’étranger, l’Autorité de l’aviation civile britannique (CAA)a fait savoir que les autorités du pays allaient affréter des avions pour les rapatrier dans les deux prochaines semaines. Une opération de rapatriement de civils la plus importante de l’histoire de la Grande-Bretagne en temps de paix.

“Nous allons faire de notre mieux pour les ramener chez eux”, a déclaré le Premier ministre britannique Boris Johnson, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York.

La liquidation judiciaire de Thomas Cook, plombé par une dette de 1,7 milliard de livres sterling (1,9 milliard d’euros), marque la fin de l’une des plus anciennes entreprises britanniques fondée en 1841 : elle organisa des excursions locales en train avant de se lancer dans le tourisme de masse en Europe, Amérique, Afrique et au Moyen-Orient.

Le tour-opérateur gère des hôtels, des complexes touristiques, des liaisons aériennes et des croisières, opère dans 16 pays et comptait 19 millions de clients par an.

“Je voudrais m’excuser auprès de nos millions de clients et milliers d’employés, de fournisseurs et de partenaires qui nous soutiennent depuis de nombreuses années”, a déclaré le directeur général de Thomas Cook, Peter Fankhauser, dans un communiqué.

UN PLAN DE SAUVETAGE AVORTÉ

La compagnie aérienne allemande Condor, filiale du voyagiste, a annoncé lundi que 240.000 touristes qui avaient réservé sur ses lignes étaient en attente de rapatriement. Elle a demandé un prêt-relais au gouvernement allemand.

Quelque 35.000 ressortissants de pays nordiques seraient aussi concernés, de même que 50.000 touristes en Grèce.

Il a été conseillé aux clients de ne pas se rendre dans les aéroports avant d'avoir été informés - via un site internet thomascook.caa.co.uk créé pour l'occasion.

La CAA a également contacté les hôtels accueillant des clients du voyagiste pour les prévenir qu’ils seraient payés par le gouvernement, via un système d’assurances.

Le ministre tunisien du Tourisme, René Trabelsi, a déclaré à Reuters que le voyagiste devait 60 millions d’euros aux hôtels du pays pour les nuitées de juillet et août derniers.

A long terme, cette faillite historique pourrait affecter les économies de pays tels que la Tunisie, l’Espagne et la Turquie où le secteur touristique est prépondérant.

Thomas Cook a été touché de plein fouet par la concurrence des sites en ligne, celle de voyagistes comme l’allemand TUI - dont l’action a bondi de plus de 8% lundi matin - mais aussi des compagnies aériennes à bas coût.

Un plan de sauvetage de 900 millions de livres sterling présenté à l’été par le chinois Fosun Tourism Group, actionnaire majoritaire (17%) et propriétaire du Club Med, les banques et les créanciers, avait laissé entrevoir une issue positive mais des fonds spéculatifs ont sabordé l’opération vendredi dernier en réclamant 200 millions de livres supplémentaires pour porter le plan à 1,1 milliard de livres.

D’ultimes négociations se sont déroulées durant le week-end, en vain. Le plan de recapitalisation n’était “plus applicable compte tenu de la liquidation judiciaire”, a déclaré Fosun dans un communiqué.

Le gouvernement britannique, sollicité par les syndicats, a refusé de renflouer le voyagiste.

“Il nous faudra regarder à l’avenir la manière dont les tour-opérateurs peuvent se prémunir d’une pareille faillite et (...) s’assurer qu’ils n’appellent pas à l’aide le contribuable à la fin des fins”, a commenté Boris Johnson.

Arthur Connan et Sophie Louet pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse

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