March 13, 2019 / 9:40 AM / 6 months ago

Prudence en Europe face aux incertitudes sur le Brexit

PARIS (Reuters) - Les principales Bourses européennes évoluent sans tendance claire mercredi dans un climat d’incertitudes alimenté par le nouveau rejet par le Parlement britannique de l’accord sur les modalités du Brexit qui nourrit la crise politique au Royaume-Uni et la volatilité sur la livre sterling.

Les principales Bourses européennes évoluent sans tendance claire mercredi. À Paris, l'indice CAC 40 avance de 0,37% vers 09h10 GMT. À Francfort, le Dax recule quant à lui de 0,07% et à Londres, le FTSE grappille 0,02%. /Photo d'archives/REUTERS/Régis Duvignau

À Paris, l’indice CAC 40 avance de 0,37% à 5.289,65 points vers 09h10 GMT. À Francfort, le Dax recule quant à lui de 0,07% et à Londres, le FTSE grappille 0,02%.

L’indice EuroStoxx 50 de la zone euro gagne 0,20%, le FTSEurofirst 300 s’adjuge 0,26% et le Stoxx 600 progresse de 0,21%.

A 17 jours de la date prévue du Brexit, les députés britanniques ont rejeté mardi soir par 391 voix contre 242 l’accord de retrait que leur présentait pour la seconde fois Theresa May, en dépit des assurances obtenues lundi auprès de l’Union européenne sur le “backstop” irlandais.

Ce rejet ouvre la voie à un nouveau vote mercredi, probablement aux alentours de 19h00 GMT à la Chambre des communes, pour se prononcer sur l’opportunité de quitter l’UE sans accord à la date prévue du 29 mars.

Si, comme on s’y attend, les députés rejettent la perspective d’un ‘No Deal’ le 29 mars, qui effraie les milieux d’affaires de la cinquième puissance économique mondiale, un troisième vote aura lieu jeudi sur un report de la date du Brexit.

“Nous estimons que les parlementaires britanniques voteront contre un Brexit sans accord mercredi et en faveur d’un report du Brexit jeudi”, indiquent les économistes de Goldman Sachs.

“Nous voyons toujours une probabilité à 55% pour qu’une variante proche de l’accord proposé par la Première ministre soit finalement ratifié après une extension de trois mois de l’Article 50. Durant cette période, plutôt que des changements importants à l’accord actuel de sortie, nous pensons que ce seront les coûts associés au rejet de l’accord existant qui commenceront à s’imposer aux opposants à l’accord”, ajoutent-ils.

CHANGES

La livre sterling, qui a réduit ses pertes face au dollar et à l’euro juste après l’annonce du rejet de l’accord mardi soir, évolue désormais en hausse de 0,5% face au billet vert, à 1,3149, après avoir connu la veille une séance extrêmement volatile.

La devise britannique avance également de 0,5% face à l’euro.

“Les traders doivent s’attendre à encore plus de volatilité à venir. La livre sterling est vulnérable à court terme à des chocs baissiers aussi longtemps que l’impasse continuera”, commente Neil Wilson, analyse marchés pour Markets.com.

“A long terme toutefois, la tendance est en train de changer en faveur d’un Brexit plus ‘soft’ que le Parlement peut soutenir, ce qui pourrait déclencher un mouvement haussier directionnel de la livre sterling. Nous en sommes peut-être au début de ce mouvement en ce moment, mais nous ne pouvons ignorer la volatilité à court terme et les potentiels risques à la baisse”.

Dans ce contexte, le dollar est pratiquement inchangé face à un panier de devises de référence après avoir été pénalisé mardi par l’annonce d’une modeste hausse de l’inflation en février aux Etats-Unis (+0,2%).

L’euro est stable face au billet vert, autour de 1,1290.

VALEURS

La cote en Europe est animée par de nouvelles publications de résultats. Inditex (-4,68%) et Adidas (-4,58%) sont notamment sanctionnés après leurs comptes annuels.

A Paris, Maisons du Monde chute de 7,71%, lanterne rouge du SBF 120, après des perspectives jugées décevantes pour 2019. “Les pessimistes se concentreront sur la prévision de croissance des ventes pour 2019 (10% contre 12%-14% indiqué lors de l’IPO) mais à notre avis, cet objectif est compréhensible étant donné la macroéconomie française”, observent les analystes de Jefferies.

De son côté, Ingenico (+2,11%) est dopé par un relèvement de la recommandation de Kepler Cheuvreux à “achat” contre “conserver”.

EN ASIE

La Bourse de Tokyo a terminé en baisse de 0,99% mercredi, pénalisée par l’annonce d’une baisse de 5,4% sur un mois, bien plus forte que prévu, des commandes de machines en janvier. Cette statistique a particulièrement pesé sur les fabricants d’équipements et les valeurs exportatrices nippones.

En Chine, la tendance a été aussi à la baisse avec un repli en clôture de 0,83% pour l’indice CSI 300 et de 1,09% pour la Bourse de Shanghai.

A WALL STREET

La Bourse de New York a encore une fois terminé en ordre dispersé mardi, tiraillée entre les derniers chiffres de l’inflation aux Etats-Unis, qui confortent le scénario d’un statu quo de la Fed sur les taux, et la baisse continue de Boeing avec la multiplication des interdictions de vol visant son 737 MAX.

L’indice Dow Jones a perdu 0,38%, grevé par la chute de 6,15% de Boeing qui avait déjà perdu 5,33% lundi. La capitalisation du numéro un américain de l’aéronautique et de la défense a fondu de plus de 11% depuis lundi matin, son recul le plus marqué sur deux séances depuis juin 2009, après le deuxième crash en cinq mois d’un Boeing 737 MAX 8.

Le Standard & Poor’s 500 a pris 0,30% et le Nasdaq Composite a progressé de 0,44%.

Les contrats à terme sur les indices américains signalent pour l’heure une ouverture sans grand changement mercredi.

TAUX

Le rendement des Treasuries à dix ans remonte autour de 2,617% après avoir perdu quatre points de base mardi en réaction à la faiblesse observée de l’inflation aux Etats-Unis en janvier.

En Europe, le rendement du Bund à dix ans évolue peu, autour de 0,065%.

Le Gilt britannique à dix ans est quant à lui en hausse de près de deux points de base, à 1,18%.

PÉTROLE

Les cours du brut restent soutenus par la perspective d’une réduction prolongée de l’offre avec les mesures mises en oeuvre par l’Opep et ses alliés ainsi que les sanctions américains contre l’Iran et le Venezuela.

Le baril de Brent s’approche des 67 dollars et celui du brut léger américain (WTI) cote à plus de 57 dollars.

MÉTAUX

Les incertitudes entourant le Brexit et l’accès de faiblesse du dollar ont poussé l’or à un plus haut de deux semaines, à plus de 1.300 dollars l’once.

Édité par Véronique Tison

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