March 12, 2019 / 8:14 PM / 8 days ago

L'inflation rassure Wall Street mais Boeing plombe encore le Dow

PARIS (Reuters) - La Bourse de New York a encore une fois terminé en ordre dispersé mardi, tiraillée entre les derniers chiffres de l’inflation aux Etats-Unis, qui confortent le scénario d’un statu quo de la Fed sur les taux, et la baisse continue de Boeing avec la multiplication des interdictions de vol visant son 737 MAX.

La Bourse de New York a de nouveau fini en ordre dispersé mardi. Le Dow Jones a perdu 0,38%. /Photo d'archives/REUTERS/Brendan McDermid

L’indice Dow Jones a perdu 96,22 points, soit 0,38%, à 25.554,66 mais le Standard & Poor’s 500, plus large, a pris 8,22 points, soit 0,3%, à 2.791,52 et le Nasdaq Composite a progressé de 32,97 points, soit 0,44%, à 7.591,03.

Le S&P-500 et le Nasdaq ont légèrement réduit leur progression après le nouveau rejet par les députés britanniques de l’accord sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, annoncé moins d’une heure avant la clôture des marchés américains.

Le S&P-500 était auparavant monté à 2,798,32 points, tout près du seuil des 2.800 points dont le franchissement ouvrirait la voie à de nouveaux gains selon certains analystes.

LES INDICATEURS DU JOUR

Les prix à la consommation aux Etats-Unis ont augmenté de 0,2% en février, conformément au consensus Reuters, et de 1,5% sur un an, leur plus faible hausse en rythme annuel depuis septembre 2016.

“La conclusion de ces chiffres, c’est que l’inflation est sous contrôle et que cela permet à la Fed de rester patiente, ce qui est toujours bon pour les actions”, estime Chris Zaccarelli, directeur des investissements d’Independent Advisor Alliance.

VALEURS

Boeing a de nouveau pénalisé le Dow Jones: le titre, qui avait déjà perdu 5,33% lundi, a encore abandonné 6,15%, l’équivalent d’une baisse d’environ 166 points pour le Dow Jones, dans des volumes sans précédent depuis 2013 après l’annonce par plusieurs pays et par l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) d’interdictions de vol visant son B737 MAX 8, impliqué dans deux catastrophes aériennes en cinq mois.

La capitalisation du numéro un américain de l’aéronautique et de la défense a fondu de plus de 11% depuis lundi matin, son recul le plus marqué sur deux séances depuis juin 2009.

Dans le sillage de Boeing, le secteur du transport aérien a lui aussi souffert: son indice Dow Jones a abandonné 2%, United Continental 3,07% et American Airlines 3,53%.

A la hausse, Apple a pris 1,12%, profitant de l’annonce d’une conférence de presse le 25 mars, qui pourrait devrait porter sur le lancement d’un service en ligne de vidéo et de télévision concurrent, entre autres, de Netflix (-0,72%).

Autre poids lourd des “techs”, Alphabet, la maison mère de Google, a pris 1,53%; l’action a repassé la barre des 1.200 dollars pour la première fois depuis le mois d’octobre.

TAUX

Les statistiques des prix à la consommation, qui confortent le scénario d’une stabilité des taux de la Réserve fédérale jusqu’à la fin de l’année, ont fait reculer les rendements des emprunts d’Etat américains, tout comme les inquiétudes liées au blocage politique au Royaume-Uni.

En fin de séance, le rendement des Treasuries à dix ans cédait plus de quatre points de base à 2,598% après avoir atteint un plus bas de dix semaines à 2,596%. Le deux ans abandonnait 2,6 points à 2,45%.

Le rendement à dix ans accuse désormais six séances de baisse sur les sept dernières.

CHANGES

Le dollar a lui aussi souffert de la modération de l’inflation, qui éloigne la perspective d’une remontée des taux d’intérêt aux Etats-Unis.

En fin de séance à New York, l’indice mesurant les fluctuations de la devise américaine face à un panier de référence cédait 0,29%. L’euro se traitait alors juste en dessous du seuil de 1,13 dollar, qu’il avait brièvement franchi en séance pour la première fois depuis jeudi dernier.

La livre sterling, elle, a un peu réduit ses pertes après le rejet de l’accord sur le Brexit mais cédait encore 0,68% face au dollar et plus de 1% face à la monnaie unique. Elle avait abandonné jusqu’à 2% face au billet vert en début de journée.

“La livre s’est un peu redressée, les cambistes ajoutant une lueur d’espoir au fatalisme du jour”, résume David Lamb, responsable du trading de Fexco Corporate Payments. “Mais de l’avis général, si le problème a été de nouveau repoussé, il reste beaucoup d’obstacles et de crevasses à franchir.”

LA SÉANCE EN EUROPE

Avant le vote des députés britanniques, les Bourses européennes ont fini en ordre dispersé une séance mouvementée, les grands indices ayant fluctué au gré des nouvelles en provenance de Londres sur la probabilité de voir la Chambre des communes adopter le projet de retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne négocié avec Bruxelles.

À Paris, le CAC 40 a terminé en hausse de 0,08% à 5.270,25 points. Le Footsie britannique, soutenu par la baisse de la livre sterling, a pris 0,29% mais le Dax allemand a cédé 0,17%.

L’indice EuroStoxx 50 a cédé 0,01%, le FTSEurofirst 300 a perdu 0,04% et le Stoxx 600 a abandonné 0,06%.

PÉTROLE

Les cours du pétrole ont terminé en hausse timide mardi sur le marché new-yorkais Nymex, soutenus par la perspective d’une baisse des exportations saoudiennes en avril et par la diminution des livraisons vénézuéliennes, conséquence des pannes d’électricité qui touchent tout le pays.

Le contrat avril sur le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) a gagné huit cents, soit 0,14%, à 56,87 dollars le baril.

L’échéance mai sur le Brent a pris de son côté neuf cents (0,14%) à 66,67 dollars.

Après la clôture, l’American Petroleum Institute (API) a fait état d’une baisse de 2,6 millions de barils des stocks de brut aux Etats-Unis sur la semaine au 8 mars. Les chiffres de l’Energy Information Administration (EIA) sont attendus mercredi.

L’EIA a par ailleurs légèrement réduit sa prévision de croissance de la production de brut américaine pour cette année.

A SUIVRE MERCREDI:

Les suites du vote des députés britanniques devraient animer la séance de mercredi sur les marchés, en attendant les chiffres mensuels des prix à la production et des commandes de biens durables aux Etats-Unis.

Avec Caroline Valetkevitch à New York, Amy Caren Daniel et Medha Singh à Bangalore

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