December 18, 2018 / 12:38 PM / 3 months ago

Olli Rehn prône un "inventaire" des outils de la BCE

HELSINKI (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) devrait revoir ses outils de politique monétaire, tels que les achats d’obligations ou les taux d’intérêt négatifs, afin qu’ils reflètent l’évolution de l’environnement économique depuis la crise financière, a estimé mardi le gouverneur de la Banque de Finlande Olli Rehn.

La Banque centrale européenne (BCE) devrait revoir ses outils de politique monétaire, tels que les achats d'obligations ou les taux d'intérêt négatifs, afin qu'ils reflètent l'évolution de l'environnement économique depuis la crise financière, a estimé mardi le gouverneur de la Banque de Finlande Olli Rehn. /Photo prise le 17 juillet 2018/REUTERS/Ints Kalnins

La BCE fait valoir que son programme de rachat d’actifs de 2.600 milliards d’euros, ses taux inférieurs à zéro et sa communication avancée ont permis d’écarter la menace d’une déflation dans la zone euro ces dernières années.

Olli Rehn, l’un des candidats pressentis pour succéder au président de la BCE Mario Draghi l’an prochain, juge que les outils de politique non conventionnels doivent être revus à l’aune des expériences récentes et de la littérature économique.

“Il est nécessaire de procéder à un inventaire des outils que la BCE avait à sa disposition, afin de revoir leur fonctionnalité”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. “Par exemple, l’efficacité de taux d’intérêt négatifs, de programmes d’achat ou de pilotage des anticipations.”

Il a ajouté avoir évoqué le sujet de manière informelle avec des collègues du conseil des gouverneurs de la BCE, qui lui ont fait des retours “mitigés mais aussi positifs.”

Mario Draghi a annoncé la semaine dernière la fin du programme d’achats d’obligations lancé en 2015, tout en affirmant que cette mesure dite d’assouplissement quantitatif (QE) faisait dorénavant “partie intégrante” de la boîte à outils de la BCE.

Une revue de ces mesures pourrait être bien accueillie dans les pays les plus riches de la zone euro, par exemple en Allemagne, où la politique ultra-accommodante de la banque centrale a été accusée de pénaliser les épargnants et de gonfler les prix des obligations et de l’immobilier.

Olli Rehn s’est refusé à préjuger du résultat.

“Envisager un réexamen du cadre de politique monétaire de la BCE pourrait être utile même si le conseil des gouverneurs est satisfait de la stratégie actuelle”, a-t-il dit.

La BCE a confirmé jeudi son intention d’arrêter définitivement à la fin du mois ses achats de titres sur les marchés mais elle s’est engagée à maintenir ses taux directeurs inchangés au moins jusqu’à l’été 2019 et à garder son stock de dette en réinvestissant le produit des obligations arrivant à maturité.

La dernière révision en profondeur de la stratégie de la banque centrale remonte à 2003, quand elle avait modifié sa définition de la stabilité des prix et fixé l’objectif d’un taux d’inflation proche de mais inférieur à 2%.

Elle n’a pas été la seule à mettre en oeuvre des mesures de politique non conventionnelles. La Réserve fédérale américaine, la Banque d’Angleterre et la Banque du Japon ont aussi mis en place des programme d’achat massifs d’obligations et la Riksbank, la banque centrale suédoise, a fait passer son taux des dépôts sous zéro en 2009.

Véronique Tison pour le service français, édité par Blandine Hénault

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