December 14, 2018 / 8:45 AM / in 9 months

LVMH met le cap sur l'hôtellerie en s'offrant Belmond pour 3,2 milliards de dollars

PARIS (Reuters) - LVMH, qui va acquérir plus d’une quarantaine d’hôtels, trains et croisières de grand luxe détenus par le groupe Belmond, réalise sa plus grosse opération de croissance externe depuis Bulgari en 2011, et accroît sa présence dans un secteur porteur de synergies avec ses grandes marques.

LVMH a annoncé vendredi l'acquisition de plus qu'une quarantaine d'hôtels, trains et croisières de grand luxe détenus par le groupe Belmond, lui permettant de franchir un cap important dans un secteur en plein essor. /Photo d'archives/REUTERS/Régis Duvignau

Le géant mondial du luxe, propriétaire de Louis Vuitton, Dior ou Moët & Chandon, a annoncé vendredi le rachat des prestigieux hôtels Cipriani à Venise, Copacabana Palace à Rio de Janeiro ou Grand Hôtel Europe à Saint-Pétersbourg, pour une valeur d’entreprise de 3,2 milliards de dollars (2,8 milliards d’euros).

“L’acquisition de Belmond, parfaitement complémentaire de nos maisons Cheval Blanc et des activités hôtelières de Bulgari, renforcera significativement la présence du groupe LVMH dans l’univers de l’hôtellerie d’exception”, a déclaré Bernard Arnault, PDG de LVMH, dans un communiqué.

Dans un marché du luxe où les cibles sont devenues rares et chères, LVMH qui s’est bâti autour de la maroquinerie, la mode, les vins & spiritueux, les cosmétiques et la joaillerie, investit un secteur où il était jusqu’ici peu présent.

Le groupe détient aujourd’hui quatre palaces Cheval Blanc (un cinquième étant en construction aux Antilles et un sixième étant attendu à Paris à la Samaritaine) ainsi que plusieurs établissements Bulgari en Italie, au Royaume-Uni ou en Chine.

Avec cette opération, qui s’inscrit aussi dans la logique de l’acquisition du bagagiste allemand Rimowa et du développement du tourisme mondial, LVMH étend son territoire sur le marché du luxe dit d’”expérience”, en forte progression.

L’hôtellerie haut de gamme a signé une croissance organique de 5% en 2018, selon les estimations du cabinet Bain & Co.

Surtout, grâce à Belmond, LVMH disposera d’un nouveau canal de distribution pour ses propres marques, allant des cosmétiques vendus dans les SPA, aux vins et spiritueux servis dans les bars et les restaurants, en passant par les bijoux proposés dans les galeries des établissements.

PEU D’IMPACT SUR LA DETTE ET LE BNPA

Présent dans 24 pays, Belmond, basé aux Royaume-Uni, détient et exploite au total 46 hôtels, trains, comme le célèbre Venice Simplon-Orient Express et croisières, comme Belmond Afloat en France.

Le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 572 millions de dollars et un Ebitda (excédent brut d’exploitation) de 140 millions sur 12 mois à la fin septembre.

LVMH le rachètera au prix de 25 dollars par action, offrant une prime de plus de 40% par rapport au cours de clôture de Belmond jeudi à la Bourse de New York.

L’impact relutif de l’opération sur le bénéfice net par action du groupe français sera négligeable (+0,1%) et LVMH se concentrera, dans un premier temps, sur l’amélioration de la rentabilité plutôt que sur le développement de son portefeuille d’établissements, a précisé le directeur financier du groupe, Jean-Jacques Guiony lors d’une conférence téléphonique.

L’impact sera également faible sur l’endettement, a-t-il dit, sans plus de précision.

Si les multiples de valorisation payés par LVMH sont jugés élevés par certains - 22,9 fois l’Ebitda selon les estimations de Royal Bank of Canada - ils se justifient par “un portefeuille d’actifs exceptionnels”, selon les analystes.

A 16h31, le titre LVMH cédait 1,0944% à 252,7 euros, sous-performant ainsi légèrement l’indice CAC 40 (-0,74%).

“Cette acquisition, bien qu’éloignée du coeur de métier de LVMH, s’inscrit dans une stratégie de long terme centrée sur l’offre d’une expérience élargie dans le luxe”, soulignent les analystes de Berenberg.

Elle n’affecte pas sensiblement le bilan du groupe, qui dispose encore d’une puissance de feu d’environ 25 milliards d’euros pour d’autres acquisitions, ajoutent-ils.

LVMH avait racheté Bulgari en 2011 pour 4,3 milliards d’euros. Au printemps 2017, il avait aussi pris le contrôle de Dior pour 6,5 milliards d’euros lors d’une opération de simplification de la structure de holding de la famille Arnault.

La transaction, soumise à l’approbation des actionnaires de Belmond et des autorités compétentes, devrait être conclue dans le courant du premier semestre 2019.

Avec Bertrand Boucey, édité par Jean-Michel Bélot et Gwénaëlle Barzic

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