December 5, 2018 / 11:48 AM / 5 days ago

La BCE débat des moyens de retirer son soutien monétaire

FRANCFORT (Reuters) - De nouveaux mécanismes de prêts aux entreprises et des hausses de taux par petits pas font partie des idées avancées par des responsables de la Banque centrale européenne (BCE) dans le cadre de sa réflexion en cours sur les moyens de couper progressivement le robinet de l’argent facile dans la zone euro, a appris Reuters auprès de plusieurs sources.

De nouveaux mécanismes de prêts aux entreprises et des hausses de taux par petits pas font partie des idées avancées par des responsables de la Banque centrale européenne (BCE) dans le cadre de sa réflexion en cours sur les moyens de couper progressivement le robinet de l'argent facile dans la zone euro, a appris Reuters auprès de plusieurs sources. /Photo d'archives/REUTERS/Kai Pfaffenbach

La BCE aura la lourde tâche en 2019 et 2020 de détricoter son programme de soutien monétaire massif sans pénaliser un secteur bancaire qui reste peu homogène dans la zone euro.

Les conversations que Reuters a pu avoir avec cinq sources du ou proches du Conseil des gouverneurs montrent que la réflexion suit son cours avec, parmi les idées avancées pour faciliter la transition, le relèvement du seul taux de la facilité de dépôt pour commencer, ou le maintien d’opérations de refinancement de long terme pour les banques - les actuels prêts TLTRO - qui pourraient se faire sur une base permanente et à taux variable.

Ces idées visent à éviter une pénurie de liquidités que redoutent des banquiers et investisseurs dans le sud de l’Europe.

Un porte-parole de l’institut d’émission s’est refusé à tout commentaire.

Le débat est encore à un stade peu avancé et ne devrait pas figurer à l’agenda de la réunion monétaire du 13 décembre, où il sera principalement question du réinvestissement des obligations arrivant à maturité après avoir été acquises dans le programme de rachat d’actifs de 2.600 milliards d’euros de la BCE, qui prend fin ce mois-ci.

D’autres décisions seront laissées pour 2019, tournant surtout autour de la question des liquidités, qui sont inégalement réparties dans la zone euro.

Alors que les banques allemandes et françaises disposent de milliards d’euros de réserves excédentaires, leurs homologues d’Italie, d’Espagne, de Portugal et de Grèce sont toujours contraintes d’emprunter davantage de fonds à la BCE, notamment via ses opérations ciblées de refinancement de long terme - les TLTRO -, que ce qu’elles y déposent.

Faute de nouveau cadre, ces banques à court de liquidités devraient recourir aux opérations principales de refinancement de la BCE, organisées sur une base hebdomadaire, pour trouver du cash.

Or cela aurait pour effet de faire monter le taux auquel les banques prêtent entre elles, qui est actuellement ancré au taux négatif de la facilité de dépôt, ce qui pousserait les coûts d’emprunt à la hausse dans le reste de l’économie.

Pour cette raison, même les membres les plus conservateurs du Conseil des gouverneurs sont désormais ouverts à l’idée d’un nouveau cycle de prêts de long terme aux banques l’an prochain, mais à des conditions différentes que lors des précédentes opérations, selon les sources.

Cela permettrait aux banques de respecter leur obligation de détenir des liquidités de long terme (NSFR, Net Stable Funding Ratio) et leur éviterait de se retrouver dans une situation délicate en 2021, quand les TLTRO précédents arriveront à échéance.

L’une des idées mises en avant est de transformer les TLTRO en facilité permanente avec un taux d’intérêt variable qui évoluerait en fonction de celui des opérations principales de refinancement de la BCE, a dit l’une des sources.

Cela éviterait à la banque centrale d’avoir les mains liées quand elle se décidera à relever le taux des opérations principales de refinancement, qui est à zéro depuis mars 2016.

Il reste du temps pour la réflexion, la BCE s’étant engagée à maintenir ses taux directeurs à leurs bas niveaux au moins jusqu’à l’été prochain.

De plus, certains responsables de la BCE préconisent de ne relever dans un premier temps que le seul taux de la facilité de dépôt, actuellement à -0,40%, soit le plus bas des trois taux directeurs de la BCE.

Un taux de dépôt négatif signifie que les banques doivent payer pour déposer des fonds à la BCE.

Réduire cette pénalité est une priorité pour les banques du noyau dur de la zone euro, qui ont amassé l’essentiel de l’argent créé pendant le programme d’assouplissement quantitatif (QE) de la BCE.

“Le taux de notre facilité de dépôt est actuellement décisif pour les taux de marché et donc pour la transmission de nos signaux de politique monétaire”, a déclaré Peter Praet, le chef économiste de la BCE, dans une récente interview en réponse à la question de savoir quel taux serait relevé en premier.

Mais une hausse équivalente du taux des opérations principales de refinancement hebdomadaires et du taux de la facilité de prêt marginal - qui sert aux opérations au jour le jour - pénaliserait les banques des pays périphériques quand elles empruntent à la BCE.

Le recours à ces trois sources de financement a fortement baissé ces dernières années en raison des liquidités abondantes apportées par les rachats d’actifs, mais la donne va rapidement changer avec la fin du QE ce mois-ci.

Véronique Tison pour le service français, édité par Juliette Rouillon

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