August 16, 2018 / 3:29 PM / 3 months ago

Le ministre turc des Finances tente de rassurer les investisseurs

LONDRES (Reuters) - Le ministre turc des Finances, Berat Albayrak, a déclaré jeudi que son pays avait pleinement compris et pris acte de tous les défis internes auquel il était confronté, ajoutant qu’il ressortirait plus fort des turbulences actuelles du marché.

Le ministre turc des Finances, Berat Albayrak (photo), a déclaré jeudi que son pays avait pleinement compris et pris acte de tous les défis internes auquel il était confronté, ajoutant qu'il ressortirait plus fort des turbulences actuelles du marché. /Photo prise le 10 août 2018/REUTERS/Murad Sezer

S’exprimant lors d’une conférence téléphonique avec des milliers d’investisseurs, Berat Albayrak - qui est le gendre du président turc Tayyip Erdogan - a déclaré que la Turquie était confrontée à ce qu’il a qualifié d’”anomalie de marché”, tout en affirmant que le secteur bancaire turc était sain et solide.

Confronté à la plus grave crise monétaire du pays depuis 2001 dès son premier mois à la tête du ministère des Finances, il a la lourde tâche de rassurer les marchés sur le fait que l’économie ne sera pas l’otage d’une ingérence politique.

Berat Albayrak, 40 ans, a précisé aux investisseurs que son pays n’hésiterait pas à apporter un soutien au secteur bancaire, capable de résister à la volatilité actuelle, et que les banques n’avaient pas subi d’importants retraits aux guichets.

Le ministre a également fait savoir que la Turquie ne ferait aucun compromis en matière de discipline budgétaire et que la baisse de l’inflation était une priorité absolue.

Il a aussi souligné que la Turquie n’était pas un pays très endetté, précisant que la dette s’élevait à 137% du produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre. Tous les ministères ont pour mandat de réaliser d’importantes économies, a-t-il dit.

La Turquie n’a jamais pris de mesures allant à l’encontre des lois du marché et des contrôles des capitaux ne seront jamais à l’ordre du jour, a-t-il également déclaré.

Il a précisé qu’il s’attendait à un excédent primaire de six milliards de livres turques (0,9 milliard d’euros) fin 2018.

Alors qu’une source gouvernementale allemande faisait savoir jeudi qu’une assistance du Fonds monétaire international (FMI) à la Turquie serait la bienvenue, le ministre truc a déclaré que son pays n’avait pas l’intention de solliciter une telle aide pour faire face à la crise monétaire qu’il traverse.

La livre turque a peu réagi aux propos du ministre turc et se traitait autour de 5,73 pour un dollar, en hausse de 3,7%, vers 14h40 GMT.

La devise turque a perdu 34% depuis le début de l’année, déstabilisée par les inquiétudes des investisseurs face à l’influence exercée par Erdogan sur la politique monétaire du pays et par l’escalade des tensions avec les Etats-Unis.

Washington a instauré au début du mois des sanctions financières contre les ministres turcs de la Justice et de l’Intérieur en raison de leur implication dans l’arrestation et l’emprisonnement du pasteur américain Andrew Brunson.

Le président américain a également annoncé un doublement des droits de douane sur l’acier et l’aluminium turcs importés aux Etats-Unis, affirmant que les relations avec Ankara n’étaient “pas bonnes en ce moment”.

Ce contentieux entre Ankara et Washington a accentué la chute de la livre turque, conduisant la banque centrale à annoncer un plan de soutien de la devise nationale.

Avec le bureau de Londres, Claude Chendjou pour le service français, édité par Juliette Rouillon

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