July 27, 2018 / 1:45 PM / 5 months ago

USA: La croissance accélère au deuxième trimestre avec la consommation et l'export

WASHINGTON (Reuters) - L’économie américaine a connu au deuxième trimestre sa plus forte croissance en près de quatre ans, portée par le dynamisme de la consommation des ménages et l’accélération des exportations de soja vers la Chine avant l’entrée en vigueur de droits de douane début juillet.

L'économie américaine a connu au deuxième trimestre sa plus forte croissance en près de quatre ans, portée par le dynamisme de la consommation des ménages et l'accélération des exportations de soja vers la Chine avant l'entrée en vigueur de droits de douane début juillet. /Photo d'archives/REUTERS/Thomas White

Le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis a progressé de 4,1% en rythme annualisé sur la période avril-juin, selon la première estimation du département du Commerce publiée vendredi. Il s’agit de sa meilleure performance depuis le troisième trimestre 2014.

La croissance du premier trimestre a été révisée en hausse de 0,2 point à 2,2%.

La croissance du deuxième trimestre a été de 2,8% sur un an.

La hausse de 4,1% en rythme annualisé est conforme aux attentes des économistes.

Elle s’est établie à 3,1% sur les six premiers mois de l’année, en bonne voie pour atteindre l’objectif d’une croissance de 3% l’an affiché par l’administration Trump.

Avant même la publication des chiffres, le président américain et certains de ses conseillers économiques avaient crié victoire.

Donald Trump a ainsi déclaré dans la semaine sur Twitter que les Etats-Unis avaient “les meilleurs chiffres financiers de la planète.”

La Chine a mis en place le 6 juillet de nouveaux droits de douane sur certaines importations agricoles en provenance des Etats-Unis, notamment de soja, en représailles à l’instauration par l’administration Trump de tarifs douaniers frappant pour 34 milliards de dollars de produits chinois.

Washington a aussi imposé des droits de douane sur les importations d’acier et d’aluminium, déclenchant des mesures de représailles des principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis, le Canada, le Mexique et l’Union européenne en plus de la Chine.

Les économistes s’interrogent de plus en plus sur la capacité des Etats-Unis à maintenir une croissance aussi soutenue dans ce contexte de tensions commerciales et alors que les taux d’intérêt continuent à se tendre.

RALENTISSEMENT À VENIR

Une enquête réalisée auprès d’eux par Reuters et publiée cette semaine montre qu’ils s’attendent à un ralentissement sensible de la croissance à l’avenir.

Ils estiment que les tarifs douaniers vont peser sur la consommation des ménages en renchérissant les biens importés et sur l’investissement des entreprises en fragilisant les débouchés à l’export.

La croissance sur l’année devrait toutefois rester robuste grâce au plan de relance de 1.500 milliards de dollars adopté par le Congrès en décembre et en raison de l’accélération de la dépense publique sur la période avril-juin.

Au vu de la croissance solide du deuxième trimestre, la Réserve fédérale devrait poursuivre le resserrement de sa politique monétaire avec deux nouvelles hausses de taux attendues d’ici la fin de l’année.

La banque centrale américaine a relevé ses taux directeurs en juin pour la deuxième fois cette année et ses responsables monétaires prévoient deux nouvelles hausses en 2018.

L’indice PCE des dépenses de consommation hors alimentation et énergie, indicateur privilégié par la Réserve fédérale pour évaluer l’inflation, a en revanche ralenti avec une croissance de 2,0% contre 2,2% au premier trimestre.

Le dollar a réduit ses gains après la publication de ce rapport du département du Commerce et son indice contre un panier de devises est quasi-stable vers 13h25 GMT.

La consommation des ménages, qui représente deux tiers de l’activité aux Etats-Unis, a nettement accéléré au deuxième trimestre, progressant au rythme de 4,0% après seulement 0,5% sur les trois premiers mois de l’année.

Elle est à la fois soutenue par les baisses d’impôts et par la bonne tenue du marché du travail, l’économie américaine ayant créé en moyenne 215.000 emplois par mois au premier semestre.

Le commerce extérieur a contribué à la croissance du PIB à hauteur de 1,06 point, à la faveur de l’anticipation de certaines exportations avant l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs douaniers. Sa contribution à la croissance avait été nulle au premier trimestre.

Les variations de stocks ont contribué négativement à la croissance à hauteur d’un point de pourcentage sur le trimestre après un apport de 0,27 point de pourcentage au premier trimestre.

L’investissement des entreprises en biens d’équipement a ralenti, enregistrant une croissance de 3,9% sur la période après une hausse de 8,5% sur les trois premiers mois de l’année. Une poursuite de la tendance est attendue sous l’effet des tensions commerciales.

L’investissement en logement a reculé pour un deuxième trimestre consécutif en partie sous l’effet d’une pénurie de logements à vendre. La dépense publique a progressé de 2,1% après +1,5% au premier trimestre.

Bertrand Boucey et Marc Joanny pour le service français

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