July 26, 2018 / 3:24 PM / in 4 months

La BCE laisse sa politique inchangée et garde son cap

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) a réaffirmé jeudi sa volonté de mettre un terme à son programme d’achats nets d’actifs fin 2018, indiquant que les risques de guerre commerciale mondiale ne sauraient justifier de revenir sur ses décisions de mi-juin.

La Banque centrale européenne a réaffirmé jeudi sa volonté de mettre un terme à son programme d'achats nets d'actifs fin 2018. En même temps que l'institution maintenait ses taux à des niveaux historiquement bas, son président Mario Draghi (photo) a souligné que son message n'avait pas évolué depuis le mois dernier. /Photo prise le 26 juillet 2018/REUTERS/Kai Pfaffenbach

En même temps que l’institution maintenait ses taux à des niveaux historiquement bas - dont 0% pour le taux de refinancement, son principal outil de politique monétaire, et -0,4% pour le taux de facilité de dépôt - son président Mario Draghi a souligné que son message n’avait pas évolué depuis le mois dernier.

Elle entend toujours arrêter à la fin de l’année son programme de rachats d’actifs de 2.600 milliards d’euros, en diminuant d’abord son montant mensuel à partir de septembre, puis garder ses taux inchangés au moins jusqu’à l’été prochain.

“A ce stade, nous n’éprouvons pas le besoin de modifier ou d’ajouter de nouveaux éléments à notre communication avancée sur les taux” par rapport à la réunion du 14 juin, a dit Mario Draghi devant la presse.

Il a reconnu que quelques signes de faiblesse étaient apparus dans les économies de la zone euro, notamment un ralentissement des exportations sur fond de tensions commerciales qui, si elles venaient à s’aggraver, changeraient la donne.

“Clairement une guerre commerciale, dans laquelle une série de représailles appelle une série de réponses, créerait un climat complètement différent”, a déclaré Mario Draghi.

L’issue de la rencontre mercredi entre le président américain Donald Trump et celui de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, qui sont convenus de travailler à une baisse des barrières commerciales plutôt qu’à leur renforcement, a fait naître des espoirs de désescalade.

“Nous en avons pris note”, a indiqué le président de la BCE. “Il est trop tôt pour en analyser le contenu en détail (...) mais si on peut dire quelque chose de général, c’est un bon signe.”

PAS DE DISCUSSION SUR LES RÉINVESTISSEMENTS

En attendant, la BCE estime que, malgré un climat des affaires moins favorable que fin 2017, l’économie de la zone euro demeure sur une trajectoire de croissance “généralisée et solide”.

De même, elle juge que la convergence durable vers son objectif d’une inflation “proche de mais inférieure à 2%” va continuer dans la période à venir “et se poursuivra même après la réduction progressive de nos achats nets d’actifs.”

Pour autant, Mario Draghi a souligné qu’un soutien “significatif” de politique monétaire était toujours nécessaire.

Valentin Bissat, économiste de Mirabaud Asset Management, a estimé que la BCE avait confirmé jeudi son discours globalement accommodant.

“Mario Draghi a affirmé que le marché était aligné sur la vue de la BCE au sujet des hausses de taux d’intérêt. Ceci confirme notre scénario d’une première hausse du taux de dépôt de la BCE de 10 points de base en septembre 2019”, a-t-il dit.

Sur les marchés, l’euro a d’abord effacé ses pertes face au dollar quand le président de la BCE a fait état du recul des incertitudes concernant les perspectives d’inflation.

Il est ensuite reparti à la baisse quand Mario Draghi a réaffirmé que la BCE ne toucherait pas à ses taux avant l’été 2019. Les rendements des emprunts d’Etat de référence de la zone euro ont suivi le même mouvement, gagnant jusqu’à autour de trois points de base avant de s’apaiser.

Après l’arrêt de son programme d’achats nets d’actifs, la BCE souligne qu’elle conservera une politique monétaire très accommodante avec le réinvestissement du montant des obligations acquises quand elles arrivent à échéance.

Mario Draghi a indiqué que le conseil des gouverneurs n’avait pas discuté des modalités de ces réinvestissements et qu’elles seraient fixées dans les mois qui viennent.

“Malgré l’absence de délai sur le réinvestissement des obligations arrivant à maturité, nous pensons que la BCE poursuivra cette politique jusqu’au premier trimestre 2020 au minimum”, a dit Valentin Bissat.

Yann Le Guernigou, Marc Joanny et Patrick Vignal pour le service français, édité par Bertrand Boucey

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