July 26, 2018 / 8:54 AM / 4 months ago

L'Europe boursière salue la détente des relations UE-USA sur le commerce

PARIS (Reuters) - Les principales Bourses européennes évoluent en nette hausse jeudi dans la matinée, soutenues par la détente des relations commerciales entre Bruxelles et Washington après l’accord inattendu noué entre Donald Trump et Jean-Claude Juncker, un élément qui soulage en particulier le compartiment automobile.

Les principales Bourses européennes évoluent en nette hausse jeudi dans la matinée. À Paris, l'indice CAC 40 progresse de 0,67% vers 08h30 GMT. À Francfort, le Dax, très sensible aux tensions commerciales, bondit de 1,34% tandis qu'à Londres, le FTSE est inchangé. /Photo d'archives/REUTERS

La séance est globalement très chargée avec une salve de publications de résultats et les annonces attendues de la Banque centrale européenne (BCE) et de son président Mario Draghi.

À Paris, l’indice CAC 40 progresse de 0,67% à 5.462,7 points vers 08h30 GMT. À Francfort, le Dax, très sensible aux tensions commerciales, bondit de 1,34% tandis qu’à Londres, le FTSE est inchangé.

L’indice EuroStoxx 50 de la zone euro avance de 0,65%, le FTSEurofirst 300 s’adjuge 0,51% et le Stoxx 600 progresse de 0,52%.

Plus forte hausse sectorielle en Europe, l’indice Stoxx de l’automobile avance de 1,44%, l’accord trouvé entre Washington et Bruxelles sur les barrières commerciales éloignant, du moins pour un temps, la perspective de droits de douane sur les importations américaines de véhicules en provenance de l’Union européenne.

Le président américain Donald Trump a annoncé mercredi s’être entendu avec le chef de l’exécutif européen, Jean-Claude Juncker, pour que les deux blocs travaillent à l’abaissement des barrières commerciales.

Des négociations vont s’engager pour permettre de “résoudre” à la fois la question des droits de douane que les Etats-Unis ont décidé d’imposer sur leurs importations d’acier et d’aluminium et celle des mesures de rétorsion décidées par l’Union.

Les deux blocs se sont engagés à ne pas instaurer de droits de douane supplémentaires pendant les négociations, y compris sur les exportations européennes d’automobiles, point de friction que le communiqué commun n’aborde pas.

“Il n’est pas encore acquis que le secteur auto échappe à de nouvelles barrières douanières, même si la menace de taxer à 25% les importations de véhicules est pour l’instant suspendue”, observe Tangi Le Liboux, analyste marchés chez Aurel BGC.

L’ACCENT MIS DÉSORMAIS SUR LA CHINE?

Cet accord commercial transatlantique a eu pour conséquence de faire remonter l’euro à plus de 1,17 dollar, le billet vert reculant plus généralement face à un panier de devises de référence. Elle a aussi provoqué une remontée des rendements obligataires avec le regain d’appétit pour le risque.

Le rendement de l’emprunt d’Etat américain à dix ans monte de près de trois points de base, à 2,9634%, se maintenant proche de ses plus hauts d’un mois.

Son équivalent allemand revient à 0,408%, à un plus haut d’un mois également.

La détente UE-USA sur le front commercial soutient également les cours du pétrole, qui bénéficient par ailleurs de l’annonce de la suspension par l’Arabie saoudite de ses livraisons de brut via une voie de navigation stratégique en Mer rouge et de la publication de stocks américains au plus bas depuis février 2015.

Si le ciel s’éclaircit sur le front du commerce entre Washington et Bruxelles, beaucoup d’observateurs notent toutefois que cela est de nature à renforcer le conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine.

L’abandon probable du projet de rachat de NXP Semiconductors par Qualcomm constitue la dernière illustration des tensions entre les deux pays. Le groupe américain, premier fabricant mondial de puces pour téléphones mobiles, a indiqué qu’il renonçait à racheter NXP faute d’avoir reçu l’autorisation de la Chine à l’opération annoncée il y a près de deux ans.

Les Bourses chinoises ont d’ailleurs fini en baisse ce jeudi: l’indice composite de la Bourse de Shanghai a perdu 0,71% et le CSI 300 des grandes capitalisations de Chine continentale a cédé 1,16%.

De son côté, la Bourse de Tokyo a reculé de 0,12% après des informations du journal Nikkei prêtant à la Banque du Japon l’intention de changer la composition de ses achats de fonds indiciels lors de sa réunion de politique monétaire des 30 et 31 juillet. La BoJ pourrait décider d’augmenter le montant consacré aux ETF adossés au Topix et de réduire ses achats d’ETF basés sur le Nikkei.

RÉSULTATS ET BCE AU MENU

Si les prochaines décisions de la BoJ s’annoncent très suivies, les investisseurs attendent avant cela la réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne.

L’institution de Francfort publiera son communiqué de politique monétaire à 11h45 GMT avant que se tienne la conférence de presse de Mario Draghi à partir de 12h30 GMT.

“La réunion et la conférence de presse de la BCE ne devraient pas apporter beaucoup d’informations nouvelles mais les marchés seront attentifs aux détails sur la prévision de hausse de taux et la politique de réinvestissements”, indiquent les économistes de Société générale.

Au-delà de la politique monétaire et des tensions commerciales, l’actualité reste animée par la saison des publications de résultats trimestriels qui bat son plein en Europe comme à Wall Street, avec son lot de déceptions et de joyeuses surprises.

La sanction retentissante du jour est celle de Facebook dont le titre a plongé de 24% dans les transactions après-Bourse. Les résultats trimestriels et les prévisions du groupe alimentent les craintes quant à l’impact de la question de la protection des données sur les activités du réseau social, qui s’attend à un ralentissement de la croissance de son chiffre d’affaires et à une forte augmentation de ses dépenses.

Les contrats à terme indiquent une ouverture en repli de 0,87% pour le Nasdaq 100, en baisse de 0,19% pour le S&P 500 mais en hausse de 0,09% pour le Dow Jones, dont les grandes valeurs industrielles devraient profiter des avancées commerciales entre Bruxelles et Washington.

En Europe, Cobham (-9,95%), Nokia (-8,07%), Valeo (-8,51%) ou encore AB Inbev (-5,31%) sont sanctionnés après leurs publications.

A l’inverse, Elis (+12,9%) signe la plus forte hausse du SBF 120 à Paris et du Stoxx 600 après avoir doublé son résultat net courant au premier semestre et annoncé la cession de sa division Clinical Solutions ainsi que le rachat de la société irlandaire Kings Laundry.

Le géant européen de l’aéronautique Airbus se distingue également (+4,84%) à la faveur de résultats supérieurs aux attentes pour le deuxième trimestre.

Édité par Wilfrid Exbrayat

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