July 25, 2018 / 5:37 AM / 2 months ago

Deutsche Bank se décerne un satisfecit malgré un profit en baisse

FRANCFORT (Reuters) - Le nouveau président du directoire de Deutsche Bank a souligné mercredi les progrès réalisés dans la restructuration de la première banque allemande en dépit du recul des profits au deuxième trimestre.

Deutsche Bank a fait état mercredi d'une baisse de 14% de son bénéfice net au deuxième trimestre qui marque toutefois un début d'amélioration pour la première banque allemande engagée dans une lourde restructuration. /Photo d'archives/REUTERS/Kai Pfaffenbach

Christian Sewing, nommé à la tête de Deutsche Bank en avril, a réduit d’un quart des effectifs dans les activités sur actions dans le cadre d’un plan de retour à la rentabilité qui prévoit au total plus de 7.000 suppressions de postes d’ici la fin de l’année prochaine.

“Les trois derniers mois m’ont rendu confiant”, a-t-il écrit dans une note aux salariés de banque. “Nous avons fait les premiers pas et nous constatons déjà les premiers signes de changements dans nos résultats.”

L’effectif de Deutsche Bank dépassait encore les 95.000 salariés à fin juin.

Deutsche Bank, dans le rouge au cours des trois dernières années, a enchaîné les revers au cours des derniers mois marqués par un changement brutal de ses équipes de direction, une dégradation de ses notes de crédit par l’agence Standard & Poor’s et un échec de sa filiale américaine lors des tests de résistance conduits par la Réserve fédérale.

Vers 11h00 GMT, l’action Deutsche Bank est en baisse de 1,38% à 10,31 euros à la Bourse de Francfort, sous-performant l’indice sectoriel des banques européennes en repli de 0,15% au même moment. Elle a perdu 70% de sa valeur entre la mi-avril 2015 et un point bas à 8,7550 euros atteint le 26 juin.

Peu après sa nomination, Christian Sewing avait annoncé ses projets de coupes dans les activités sur actions, dans le trading obligataire aux Etats-Unis et dans les services aux hedge funds, dont il avait dit qu’elles seraient rapides.

“De manière générale, cela est achevé et nous sommes satisfaits des progrès réalisés dans ce domaine”, a dit le directeur financier James von Moltke au sujet des réductions dans les activités sur actions.

Dans une note de recherche, les analystes de JPMorgan ont salué les efforts de maîtrise des coûts conduits par Sewing mais ont souligné que la banque “devait montrer des résultats” concrets de sa restructuration au vu “d’antécédents limités en la matière dans le passé.”

“BONNE DIRECTION”

Deutsche Bank avait dit la semaine dernière s’attendre à publier des résultats trimestriels nettement supérieurs au consensus.

Le bénéfice net sur la période avril-juin s’est établi à 401 millions d’euros contre 466 millions un an auparavant.

La banque a stabilisé son produit net bancaire qui est ressorti stable par rapport à la période correspondante un an auparavant à 6,6 milliards d’euros. Il avait baissé de 10% au deuxième trimestre 2017.

“Nous conduisons d’importants changements dans nos activités principales comme promis, nous allons dans la bonne direction sur les coûts et la qualité de notre bilan est solide”, a déclaré le nouveau président du directoire Christian Sewing, qui a pris ses fonctions en avril et prévoit de supprimer plus de 7.000 emplois dans le cadre de la restructuration en cours.

Les provisions pour litiges ont été ramenées à 1,4 milliard d’euros contre 1,9 milliard d’euros au trimestre précédent.

Les coûts ajustés sont ressortis à 5,6 milliards d’euros sur le trimestre, en baisse de 1% par rapport à la période correspondante de 2017, a précisé la banque.

Les résultats de l’activité de banque d’investissement ont bénéficié d’une plus-value exceptionnelle de 57 millions d’euros sur une cession. Les revenus de l’activité dans le trading obligataire, traditionnelle vache à lait de la banque, ont toutefois chuté de 17% malgré un environnement de marché volatil.

Les grandes banques d’investissement américaines ont au contraire bénéficié de la hausse des volumes d’activité sur les marchés liée à la montée des incertitudes provoquée par l’escalade des tensions commerciales et l’orientation moins accommodante des politiques monétaires.

Goldman Sachs a ainsi fait état d’une hausse de 44% de ses profits au deuxième trimestre grâce à ses activités de banque d’investissement et de trading obligataire.

DWS À LA PEINE

La filiale de gestion d’actifs de Deutsche Bank, DWS, introduite en Bourse en mars, a de son côté abaissé son objectif de collecte pour l’ensemble de l’année en raison des craintes des investisseurs face au regain de volatilité sur les marchés.

DWS, toujours contrôlée à 77,75% par sa maison-mère, a dit dans un communiqué qu’elle ne parviendrait pas à atteindre son objectif d’une collecte nette en hausse de 3% à 5% cette année.

La société de gestion a ajouté qu’elle continuait de s’attendre à une baisse de ses revenus en 2018 tout en confirmant ses objectifs à moyen terme.

“Nous avons continué à optimiser nos coûts au cours du trimestre, ce qui nous met en bonne position pour réaliser entre 20% et 30% de notre objectif d’économies de coûts à moyen terme”, a déclaré la directrice financière de DWS, Claire Peel.

DWS a subi une décollecte de 4,9 milliards d’euros sur la période avril-juin mais le bénéfice ajusté avant impôt a progressé de 7% à 149 millions d’euros. Les marges sur commission de gestion ont baissé de 0,3% à 30,7 points de base mais le coefficient d’exploitation s’est amélioré de 90 points de base à 74,1%.

Marc Joanny pour le service français, édité par Véronique Tison

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