July 22, 2018 / 12:47 PM / 2 months ago

Wall Street: L'impact du dossier commercial se ressent déjà

SAN FRANCISCO (Reuters) - Les grands groupes industriels commencent à ressentir les effets des droits de douane, un paramètre que Wall Street devra prendre en compte dans l’avalanche de résultats de sociétés de la semaine prochaine.

Les grands groupes industriels commencent à ressentir les effets des droits de douane, un paramètre que Wall Street devra prendre en compte dans l'avalanche de résultats de sociétés de la semaine prochaine. /Photo d'archives/REUTERS/Carlo Allegri

Les industriels redoutent les retombées des droits de douane même si la croissance américaine s’est poursuivie à un rythme de “modéré à modeste”, est-il ainsi écrit dans le Livre beige de la Réserve fédérale publié mercredi dernier.

Deutsche Bank estimait en juin qu’une aggravation du contentieux commercial entre les Etats-Unis et la Chine et d’autres grandes puissances commerciales, allant par exemple jusqu’à des droits sur 200 milliards de dollars d’importations, pourrait retrancher 1% à 1,5% à la croissance des bénéfices.

“Si le discours politique du moment s’échauffait et se traduisait dans les faits par des politiques protectionnistes, ce serait négatif pour toutes les entreprises aux Etats-Unis et ailleurs”, a dit mardi dernier Hamid Moghadam, directeur général de la société de logistique Prologis.

Washington avait fait savoir en mars que des droits de douane seraient imposés sur l’acier et l’aluminium importés. Le 1er juillet, les Etats-Unis et la Chine se sont mutuellement infligés des droits de douane sur 34 milliards de dollars d’importations respectives. Donald Trump menace d’appliquer de nouveaux droits, peut-être sur plus de 500 milliards de dollars d’importations de Chine, soit la totalité des importations chinoises des Etats-Unis en 2017.

Les valeurs industrielles de l’indice S&P-500 ont perdu près de 3% depuis le 1er mars. L’indice S&P 1500 de l’acier a lui fléchi de 1% depuis cette même date.

Bon nombre des quelque 180 sociétés de l’indice S&P-500 qui publieront leurs résultats la semaine prochaine ne sont pas exposées directement à la Chine mais elles n’en ont pas moins des raisons de se faire du souci.

“Certaines entreprises ne seront peut-être pas touchées de manière significative par les droits si on prend en compte leurs coûts mais c’est autre chose si on songe à l’incertitude”, observe Krut Brunner, gérant de portefeuilles de Swarthmore Group. “Des clients pourraient se retenir de dépenser parce qu’ils ne savent pas ce qui va se passer”.

Les comptes publiés par Honeywell International, General Electric, Alcoa et Stanley Black & Decker ont montré une hausse des charges en raison des droits de douane déjà mis en place.

Corning, Ford Motor, 3M et Boeing, qui a perdu près de 2% depuis le début mars, publieront tous leurs états financiers du deuxième trimestre la semaine prochaine.

Harley-Davidson, qui avait dit en juin qu’il délocaliserait une partie de sa production à l’étranger en raison des droits de douane imposés par l’Union européenne en représailles, annoncera ses résultats mardi.

Qualcomm, qui publiera le 25 juillet, dépend de la Chine pour les deux tiers de son chiffre d’affaires et il attend désespérément le feu vert de Pékin à son OPA de 44 milliards de dollars sur NXP Semiconductors, une procédure qui traîne en longueur en raison, croit-on généralement, du conflit commercial.

Cela étant, une économie dynamique et une forte réduction de l’impôt sur les sociétés (IS) aux Etats-Unis ont permis à l’indice S&P-500 d’enregistrer un gain de 5% depuis le début de l’année, en dépit des bisbilles commerciales.

Les analystes pensent donc que les bénéfices des entreprises du S&P-500 auront augmenté de 22% au deuxième trimestre et augmenteront de 23,1% au troisième trimestre, suivant Thomson Reuters I/B/E/S. La prévision pour le troisième trimestre variera sans doute dans la mesure où les entreprises livreront leurs objectifs dans les semaines qui viennent.

“Le marché regarde au-delà des négociations commerciales de Trump et de son style de gouvernement en raison de ces points forts. Toutefois, nous sommes plus réservés pour ce qui est de l’inconnue commerciale et nous pensons que le risque lié aux informations, qu’il soit haussier ou baissier, restera élevé”, observe Ben Phillips, responsable d’investissements d’EventShare.

Wilfrid Exbrayat pour le service français

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