July 19, 2018 / 8:49 AM / in 2 months

La BCE relèvera ses taux malgré le ralentissement de l'activité

BANGALORE (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) relèvera ses taux directeurs au second semestre 2019, montre une enquête de Reuters auprès d’économistes, confiants dans la mise en route de ce resserrement monétaire malgré le ralentissement de l’activité à venir.

La Banque centrale européenne relèvera ses taux directeurs au second semestre 2019. /Photo d'archives/REUTERS/Ralph Orlowski

La croissance économique au sein de la zone euro a dépassé celle des autres grands pays développés l’année dernière pour la première fois depuis le déclenchement de la grande crise financière de 2007-2008. Mais la centaine d’économistes interrogés entre le 10 et le 18 juillet estiment dans l’ensemble que la dynamique de croissance du bloc a dépassé son pic.

L’aggravation des tensions commerciales entre les Etats-Unis et leurs principaux partenaires a par ailleurs conduit nombre de ces économistes à abaisser leurs prévisions de croissance.

Ils s’attendent en moyenne à une augmentation de 2,1% du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro cette année puis à une croissance de 1,8% en 2019 et de 1,6% en 2020 contre respectivement 2,2%, 1,9% et 1,7% lors de l’enquête du mois dernier.

Plus de 70% des économistes qui se sont prononcés sur le sujet - 51 sur 69 - se sont dits confiants dans le fait que la BCE relèverait ses taux malgré le ralentissement de l’activité tandis que 18 sont d’un avis contraire.

“Nous sommes raisonnablement confiants dans le fait que la BCE augmentera ses taux avant la prochaine récession mais la probabilité que cela ne se produise pas a clairement augmenté avec l’accélération de la guerre commerciale, qui intervient dans un contexte de ralentissement de la dynamique de croissance”, a dit Elwin de Groot, économiste chez Rabobank.

La Commission européenne et le Fonds monétaire international ont revu à la baisse leurs prévisions de croissance au sein de la zone euro pour cette année en raison notamment de cette aggravation des tensions commerciales.

LE TAUX DE DÉPÔT DE LA BCE RELEVÉ À -0,25% AU T3 2019

Interrogés sur la probabilité d’une récession au cours des douze prochains mois, les près de 60 économistes qui se sont prononcés ne la chiffrent qu’à 10%.

“La situation d’ensemble est que l’économie va plutôt bien, la BCE va continuer à dresser un tableau plutôt positif tout en continuant à insister sur les risques baissiers”, a dit Jack Allen, économiste chez Capital Economics.

“Il faudrait une très forte poussée protectionniste pour nous conduire à vraiment penser que l’économie de la zone euro va caler.”

La probabilité d’une récession dans les deux ans est toutefois estimée à 25% et les économistes les plus pessimistes la chiffrent à 80%.

“Des risques significatifs liés aux interactions entre l’aggravation des tensions commerciales et les répercussions négatives sur la confiance, des risques croissants de récession aux Etats-Unis et l’instabilité politique au sein de l’Union européenne pourraient peser sur le moral au moment où l’activité domestique perd de son dynamisme”, prévient Martin Wolburg, économiste chez Generali Investments.

Les économistes interrogés ont aussi abaissé leurs prévisions de croissance pour les principales économies de la zone euro.

Ils ne s’attendent plus en moyenne qu’à une croissance en Allemagne de 2,0% cette année et de 1,9% en 2019 contre 2,4% et 2,0% respectivement dans l’enquête du mois d’avril. La tendance est comparable pour les prévisions pour la France et l’Italie.

Ils anticipent néanmoins un relèvement de 15 points de base du taux de dépôt de la BCE à -0,25% dans le courant du troisième trimestre de l’année prochaine, avant la fin du mandat de son président, Mario Draghi, en octobre 2019.

Le taux de refinancement serait relevé à 0,25% au quatrième trimestre en d’une inflation toujours faible.

Les dernières données disponibles sur la hausse des prix au sein de la zone euro montrent qu’elle a atteint l’objectif de la BCE, en grande partie du fait de la contribution des prix de l’énergie.

Mais les économistes interrogés s’attendent à une inflation de 1,6% en moyenne sur cette année et en 2019 puis de 1,7% en 2020, comme dans l’enquête du mois dernier.

Marc Joanny pour le service français, édité par Bertrand Boucey

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