July 16, 2018 / 2:47 PM / 2 months ago

Les secousses en Chine moins contagieuses qu'en 2015

LONDRES (Reuters) - Il y a trois ans, un choc financier en Chine avait ébranlé les marchés mondiaux mais aujourd’hui, malgré un “bear market” boursier et la chute du yuan, l’effet de contagion paraît beaucoup plus limité.

Il y a trois ans, un choc financier en Chine avait ébranlé les marchés mondiaux mais aujourd'hui, malgré un "bear market" boursier et la chute du yuan, l'effet de contagion paraît beaucoup plus limité. /Photo prise le 8 juin 2018/REUTERS/Aly Song

Les marchés chinois affichent une plus grande maturité qu’en 2015, l’économie mondiale se montre plus résistante et au lieu des coups de barre violents des dernières années, les autorités monétaires de Pékin procèdent désormais à des ajustements plus transparents, à l’image des banques centrales des pays développés.

L’escalade des tensions commerciales avec Washington, qui risque d’accélérer le ralentissement de la deuxième économie du monde, pèse cependant lourdement sur les Bourses chinoises.

Certains des indices de Chine continentale ont ainsi subi en juin leur repli le plus marqué depuis janvier 2016, quand l’explosion de la bulle financière chinoise de juin 2015 avait contaminé les marchés mondiaux.

“La bulle de 2015 est intervenue dans un climat de grande euphorie et de spéculation élevée”, souligne Douglas Morton, de Northern Trust Capital Markets, qui rappelle que les échanges sur les indices chinois dépassaient alors en valeur ceux de tous les grands indices, y compris le S&P 500 et le Topix.

“Nous en sommes très, très éloignés aujourd’hui et le yuan comme le marché boursier chinois font preuve d’une relative maturité”, ajoute-t-il.

En juin et juillet 2015, l’indice composite de la Bourse de Shanghai avait perdu plus d’un tiers de sa valeur en un peu plus de deux semaines, avec des flux négatifs massifs les mois suivants sur le marché actions comme sur le marché obligataire.

UNE ÉCONOMIE MOINS VULNÉRABLE

Ces dernier mois, les marchés d’actions chinois ont continué d’attirer des capitaux, un phénomène amplifié par la décision de MSCI d’inclure des actions chinoises libellées en yuans, dites de classe A, dans son indice de référence des marchés émergents.

La Chine bénéficie en outre de l’amélioration structurelle de son économie au cours des dernières années, qui la rend moins vulnérable à un retournement du marché et limite le risque de contagion.

“Les contagions n’ont pas pour origine les marchés d’actions mais l’économie réelle”, explique Paul Donovan, chef économiste chez UBS Global Wealth Management. “L’élément déterminant ces deux dernières années a été l’augmentation de la demande à la fois de la part de l’Europe et des Etats-Unis mais aussi sur le marché domestique”, ajoute-t-il.

La Chine n’en perd pas moins un peu de son élan, comme l’ont rappelé lundi les annonces du ralentissement de la croissance du produit intérieur brut (PIB) au deuxième trimestre et d’un tassement de la production industrielle.

La plupart des observateurs écartent toutefois le scénario d’un atterrissage brutal de l’économie chinoise, qui avait été au coeur des inquiétudes des marchés il y a trois ans.

PAS DE DÉPRÉCIATION DU YUAN EN VUE

Autre parallèle avec 2015, le plongeon du yuan, face au dollar comme face un panier de référence.

En 2015, trois mois après l’éclatement de la bulle boursière, la banque centrale avait dévalué la monnaie chinoise e près de 2%.

Rien de tel cette fois, du moins pour l’instant, l’institut d’émission paraissant utiliser la dépréciation de yuan comme un outil d’assouplissement monétaire, au même titre que l’abaissement du ratio de réserves obligatoires pour les banques.

Certains gérants s’inquiètent toutefois des mouvements récents de la devise, explique Benn Eifert, responsable des investissements chez QVR Advisors.

“Il y a des investisseurs qui voient beaucoup de similitudes avec le troisième trimestre 2015, qui avait commencé de la même manière, avec un repli sur le long terme du prix des actions chinoises puis une dévaluation rapide du yuan”, dit-il.

“Tout cela s’était propagé aux marchés mondiaux et s’était traduit par une correction assez marquée”.

Patrick Vignal pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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