July 16, 2018 / 7:47 AM / 2 months ago

Le PIB chinois à +6,7% au 2e trimestre, la guerre commerciale inquiète

PEKIN (Reuters) - La croissance de l’économie chinoise a légèrement ralenti au deuxième trimestre, les efforts des autorités pour contenir l’endettement ayant freiné l’activité, tandis que la production industrielle a enregistré sa plus faible hausse en deux ans sur le seul mois de juin, sur fond d’escalade des tensions commerciales entre Washington et Pékin.

La croissance de l'économie chinoise a légèrement ralenti au deuxième trimestre, les efforts des autorités pour contenir l'endettement ayant freiné l'activité, tandis que la production industrielle a enregistré sa plus faible hausse en deux ans sur le seul mois de juin, sur fond d'escalade des tensions commerciales entre Washington et Pékin. /Photo d'archives/REUTERS/Thomas White

La croissance du PIB chinois s’est établie à 6,7% sur la période avril-juin, conforme aux attentes des économistes interrogés par Reuters, contre 6,8% au premier trimestre, montrent les statistiques officielles publiées lundi par le Bureau national de la statistique.

Elle devrait atteindre l’objectif officiel de 6,5% fixé par Pékin pour l’ensemble de 2018 même si les tensions commerciales avec Washington, le ralentissement du marché immobilier et les exportations plus faibles fragilisent cette prévision.

“Nous nous attendons à ce que la croissance au second semestre souffre du ralentissement de la croissance du crédit, d’un marché immobilier plus mou. Et l’intensification des tensions commerciales avec les Etats-Unis va commencer à peser sur la croissance”, écrit dans une note Louis Kuijs, directeur d’Asia Economics chez Oxford Economics.

Egalement publiés lundi, des indicateurs pour le seul mois de juin donnent à penser que l’économie marquera davantage le pas au second semestre.

La production industrielle a progressé de 6% le mois dernier, à son rythme le plus lent depuis plus de deux ans, une performance inférieure aux +6,5% attendus par les économistes.

La croissance des investissements en actifs fixes au premier semestre a de son côté touché un plus bas record de 6,0% sur la période janvier-juin.

Les chiffres de la croissance ont pesé sur les marchés asiatiques, ajoutant aux inquiétudes des investisseurs quant aux répercussions des tensions commerciales sino-américaines sur la croissance de la Chine et des autres pays du monde.

L’indice composite de la Bourse de Shanghai a cédé 0,61% et l’indice MSCI regroupant les valeurs d’Asie et du Pacifique (hors Japon) se replie de 0,43% vers 7h15 GMT.

Sur une base trimestrielle, le PIB a gagné 1,8% entre avril et juin, contre 1,4% sur la période janvier-mars.

Les économistes s’attendaient à une croissance de 1,6% d’un trimestre à l’autre.

RISQUES DE RALENTISSEMENT

L’économie chinoise a déjà ressenti les effets de la lutte contre les crédits à risque, qui a fait grimper les coûts d’emprunt des entreprises.

Publiées vendredi, les données du commerce extérieur ont montré une hausse soutenue des exportations en juin, mais ces chiffres ont probablement été gonflés par des chargements accélérés avant l’entrée en vigueur des nouveaux droits de douane américains.

L’administration du président Donald Trump a décidé d’imposer des droits de douane de 10% sur 200 milliards de dollars supplémentaires d’importations chinoises, quelques jours seulement après que les deux pays ont annoncé chacun des taxes pour des biens d’un montant 34 milliards de dollars.

Le marché immobilier, l’un des principaux facteurs de croissance de l’économie, a également ralenti, l’investissement immobilier ayant enregistré en juin sa plus faible croissance en six mois.

Confronté à un ralentissement de la demande intérieure et aux risques de guerre commerciale, le pouvoir chinois a commencé à renforcer le soutien politique à l’économie et a assoupli sa position sur le désendettement.

Certains analystes prônent des mesures encore plus fortes.

“Si la situation se détériore beaucoup plus rapidement que prévu, je pense que les autorités chinoises doivent renforcer leurs mesures de soutien, à la fois budgétaires et monétaires”, estime Iris Pang, économiste chez ING.

Les investissements en immobilisations dans les infrastructures ont augmenté de 7,3% au premier semestre, contre 21,1% un an plus tôt.

CONSOMMATION INTÉRIEURE

La Chine se tourne vers les dépenses de consommation pour stimuler l’économie, mais les données du premier semestre sont moins encourageantes que ne le laissent penser les statistiques.

La consommation finale a contribué à hauteur de 78,5% de la croissance du premier semestre, contre 63,4% à la même période l’an dernier, et même plus qu’au premier trimestre, période où les dépenses atteignent généralement un pic en raison du Nouvel An chinois.

Mais ces données incluent également les dépenses publiques.

Les ventes au détail ont rebondi de 9,4% en juin sur un an après avoir décéléré à +8,5% en mai mais sur six mois leur croissance ressort à 9,4% contre +10,4% un an plus tôt.

Le taux de chômage est de son côté resté stable à 4,8% le mois dernier.

De nombreux économistes s’inquiètent des risques que fait peser l’escalade du différend commercial avec les Etats-Unis sur les perspectives de l’économie chinoise.

“Si les Etats-Unis et la Chine ne reprennent pas les négociations au cours des deux prochains mois, le conflit s’intensifiera, avec des implications économiques majeures pour eux-mêmes et pour l’économie mondiale”, estime Louis Kuijs, de chez Oxford Economics.

Kevin Yao et Cheng Fang, Jean Terzian et Catherine Mallebay-Vacqueur pour le service français, édité par Véronique Tison

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