July 10, 2018 / 2:04 PM / in a month

La guerre commerciale et le risque politique surévalués, selon Saxo Banque

PARIS (Reuters) - La guerre commerciale entre les Etats-Unis et leurs principaux partenaires commerciaux a tendance à être exagérément redoutée sur les marchés, à l’image du risque politique dans son ensemble, estime-t-on chez Saxo Banque.

“Le terme de guerre commerciale est aujourd’hui, en l’état actuel des choses, un peu erroné” a déclaré mardi Christopher Dembik, responsable de la recherche macroéconomique chez Saxo Banque, lors d’un point de presse à Paris.

“On est davantage sur du protectionnisme, ce qui n’est pas nouveau puisqu’il y a suffisamment de données qui montrent qu’il a un impact négatif sur la dynamique de croissance depuis 2011”, a-t-il précisé.

“Et si vous voulez vraiment faire la guerre commerciale, le mieux est quand même d’utiliser la réglementation, ce que fait assez bien en général la Chine, plutôt que les tarifs douaniers.”

L’économiste n’en reconnaît pas moins que le risque d’escalade et la nature imprévisible de Donald Trump ne permettent pas d’écarter des scénarios plus pessimistes.

“Je peux me tromper totalement”, a-t-il admis.

Son analyse est semblable pour le risque politique en général, qu’il juge bien réel mais difficile à mesurer précisément.

“Nous ne sommes pas à des niveaux extrêmement importants de risque politique si l’on regarde les 20 dernières années”, a-t-il dit. “Le niveau actuel est inférieur à celui d’avant la crise financière. Du point de vue historique, il ne faut pas exagérer le risque politique auquel nous sommes confrontés aujourd’hui.”

UNE CROISSANCE MOINS SYNCHRONISÉE

Du point de vue macroéconomique, Christopher Dembik note une croissance ralentie, notamment en Europe, et moins synchronisée à l’échelle globale.

“Il y a pas mal d’éléments qui nous incitent à être prudents, mais pas pour autant exagérément pessimistes, sur la dynamique de la croissance”, a-t-il dit.

L’expert de Saxo Banque invite pour le second semestre et l’an prochain à surveiller une accélération de l’inflation, notamment salariale, aux Etats-Unis qui conduirait la Réserve fédérale à accélérer sur la voie du resserrement monétaire.

“Un tel scénario n’est pas vraiment intégré par les marchés”, a-t-il dit.

S’il se dit confiant dans la capacité des autorités chinoises à ouvrir les vannes du crédit pour maîtriser le ralentissement de leur économie, Christopher Dembik invite cependant à surveiller une possible contagion aux marchés développés du mouvement de correction observé depuis fin janvier sur la Bourse de Shanghai.

“Il existe pas mal de signes de stress sur les marchés financiers”, a-t-il dit en évoquant en outre le niveau élevé des valorisations à Wall Street.

Des signaux inquiétants s’allument par ailleurs sur certains marchés émergents, à commencer par la Turquie, qui souffre d’un endettement élevé couplé à un risque politique important, a-t-il ajouté.

Patrick Vignal, édité par Blandine Hénault

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