July 10, 2018 / 6:44 AM / 2 months ago

Martin Sorrell souffle MediaMonks à WPP, qui menace

LONDRES (Reuters) - Martin Sorrell a battu WPP dans la bataille pour mettre la main sur MediaMonks, une agence néerlandaise particulièrement convoitée, au risque de provoquer la colère et de subir des représailles du groupe publicitaire qu’il a fondé avant d’être contraint à le quitter en avril.

Martin Sorrell a battu WPP dans la bataille pour mettre la main sur MediaMonks, une agence néerlandaise particulièrement convoitée, ce qui risque de tendre un peu plus ses relations avec le groupe publicitaire qu'il a fondé avant de le quitter en avril. /Photo prise le 22 juin 2018/REUTERS/Eric Gaillard

L’animosité ne cesse de croître entre Martin Sorrell et WPP depuis que l’ancien patron a dû quitter le premier groupe publicitaire mondial après avoir été mis en cause pour comportement inapproprié.

Parti sans clause de non-concurrence, Martin Sorrell a fondé quelques semaines plus tard une nouvelle entreprise, S4 Capital, et s’est immédiatement lancé dans la bataille pour MediaMonks, se plaçant ainsi en concurrence frontale avec son ex-groupe.

Furieux, WPP a prévenu son ancien patron qu’il risquait de perdre ses primes en actions s’il persistait à le défier au sujet de MediaMonks étant donné qu’il connaissait l’intérêt du groupe pour cette agence numérique néerlandaise.

Après avoir consulté ses avocats, Martin Sorrell a ignoré cet avertissement et poursuivi son offensive via S4 Capital.

“Les avocats de WPP ont écrit la semaine dernière aux avocats de Sir Martin pour mettre en évidence la violation des accords de confidentialité de Sir Martin dans son approche de MediaMonks après sa démission de WPP”, a dit un porte-parole du groupe publicitaire.

“Malgré les protestations ultérieures des avocats de Sir Martin, nous avons parfaitement connaissance des faits et il a mis en péril ses droits (à un programme d’incitation à long terme)”, a ajouté ce porte-parole.

Martin Sorrell, qui a fait de WPP, à l’origine une affaire de deux hommes, le premier groupe publicitaire mondial avec plus de 200.000 employés dans 112 pays, peut prétendre à des versements réguliers d’actions pour un montant susceptible d’atteindre 20 millions de livres (22,63 millions d’euros) dans le cadre ce programme.

“NOUVELLE ÈRE”

Ce plan de rémunération est désormais remis en cause par l’opération de 300 millions de livres (339 millions d’euros) conclue avec MediaMonks, qui emploie plus de 750 personnes dans 10 pays pour créer des contenus et des campagnes commerciales pour ses clients, dont de grands groupes comme Adidas, Amazon, Google, Netflix et Hyundai.

Une source proche de S4 Capital a dit la semaine dernière à Reuters que cet avertissement de WPP était perçu comme une tentative d’entraver l’offre de rachat de MediaMonks et que l’entreprise était satisfaite des conseils juridiques qu’elle avait reçus.

Des concurrents de WPP étaient aussi intéressés par MediaMonks, comme Accenture Interactive, mais une personne ayant connaissance du processus de décision au sein du groupe britannique a déclaré que ce dernier avait reculé devant le prix.

“S4 Capital semble avoir renoncé à toute considération commerciale dans sa tentative désespérée de décrocher cet actif”, a dit cette source.

Martin Sorrell a déclaré que cette opération représentait “la première initiative de S4 Capital pour créer une nouvelle ère, une nouvelle solution média couvrant les données, le contenu et la technologie”.

Les grands groupes publicitaires sont soumis aux pressions croissantes de leurs clients, qui leur réclament d’être plus rapides et agiles pour répondre à leurs besoins dans un environnement commercial désormais dominé par le numérique.

WPP, dont la capitalisation boursière s’élève à 15 milliards de livres avec plus de 400 agences autonomes, reconnaît lui-même qu’il lui faut se transformer en profondeur.

Martin Sorrell a déclaré que sa nouvelle entreprise était conçue pour créer des contenus pour ses clients quand et là où ils le souhaitent.

Il va racheter MediaMonks via des distributions de titres et des versements d’argent aux propriétaires actuels de l’agence néerlandaise, qui devraient posséder environ 20% de la nouvelle entité.

Bertrand Boucey pour le service français, édité par Véronique Tison

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