July 5, 2018 / 2:00 PM / 4 months ago

M&G ne croit pas à la "catastrophe"

PARIS (Reuters) - Les menaces actuelles ne justifient pas une réduction massive de l’exposition aux actifs risqués, qu’ils s’agisse des actions, du crédit ou des marchés émergents, estime M&G Investments en mettant en avant une dynamique de croissance toujours solide, notamment aux Etats-Unis.

La société de gestion britannique a certes ramené la part des actions dans son portefeuille de référence à environ 43,5% contre près de 50% il y a deux mois, mais elle juge limitées les conséquences d’une éventuelle matérialisation des risques actuels sur son scénario central.

M&G estime ainsi qu’une guerre commerciale ne réduirait que d’un demi-point la croissance mondiale, attendue pour l’instant à près de 4%.

“On a bien conscience des zones d’ombre mais il nous semble qu’aucune, à ce stade, dans notre scénario central, ne provoquera la catastrophe”, a résumé jeudi Florent Delorme, spécialiste macroéconomie de M&G France.

“C’est la raison pour laquelle nous ne sommes pas encore sur le point de nous désengager car une croissance du PIB qui passerait de 4% à 3,5% ne justifierait pas de sortir des actifs risqués”, a-t-il expliqué.

“D’autant moins que le marché a déjà intégré cette dimension-là, donc les valorisations des actions et le crédit se sont un peu dépréciés.”

La cherté actuelle du pétrole ne préoccupe pas non outre-mesure M&G, qui estime que son scénario ne serait remis en cause que si le prix du baril atteignait 90 à 100 dollars, contre moins de 80 dollars actuellement.

RETOUR DU RISQUE ITALIEN EN NOVEMBRE ?

Concernant les marchés émergents, la confiance de M&G s’appuie notamment sur un scénario de hausse limitée du dollar, qui ne devrait pas monter au-delà de 1,13-1,14 pour un euro contre 1,16 à 1,17 ces derniers jours.

“La dynamique de réduction de la liquidité et de resserrement monétaire, la bonne croissance américaine portent le dollar vers le haut mais des difficultés se profilent car les déficits, du fait de la politique de l’administration Trump, vont fortement se creuser au cours des deux prochaines années, et le marché reviendra sur ces thématiques à un moment donné, ce qui va lester le dollar”, prédit Florent Delorme.

Pour ce qui est des actions américains, a-t-il précisé, “on vend le marché dans son ensemble pour se repositionner essentiellement sur les bancaires car nous pensons que le différentiel de performance dans les prochains mois tournera à l’avantage des valeurs bancaires.”

Côté européen, M&G n’exclut pas que la situation politique italienne revienne inquiéter les investisseurs, mais pas avant quelques mois.

“Le moment de vérité sera en novembre”, au moment de l’élaboration du budget 2019, dit Florent Delorme. “On va sans doute entrer dans une période difficile pour la zone euro, durant laquelle les Italiens vont essayer d’obtenir un certain nombre de dérogations.”

“Il n’est pas exclu que la CE soit obligée de transiger, car sinon, c’est la trajectoire de sortie de la zone euro, dont personne n’a vraiment envie.”

Marc Angrand, édité par Patrick Vignal

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